Extrait

J'entends encore l'echo de la voix de papa
de Nougaro, Thea

Le 06/04/2014 à 19:28 - 0 commentaire

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ISBN : 9782081309500

Editeur : Flammarion

Prix grand format : 19 €

 

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Résumé du livre

 

Premier chapitre

 

 

 

Prologue

 

 

À la question qui m’a un jour été posée : « qu’est-ce que votre père vous a transmis ? » je n’ai su que répondre. Cette absence, ce vide vertigineux faisait instantanément écho à une émotion assourdissante. Répondre « rien » aurait été une pure trahison à son égard.

— Du manque, ai-je répondu d’abord.

Puis, sans pouvoir me contenter de cette réponse bien restrictive, j’ai ajouté :

— Enfin… sûrement beaucoup de choses. Je ne peux pas répondre comme ça.

On m’a proposé de l’écrire si je ne savais le dire.

Bien sûr, j’ai conscience que si ça ne concernait pas un homme public, jamais on ne m’aurait demandé de raconter cette histoire et sans doute jamais je n’aurais eu l’audace de le faire. Sans arrêt cette même question revient : quelle légitimité aurai-je à écrire un livre, à passer dans la catégorie « écrivain » (que je ne suis pas) ? Qui sera intéressé ? Quel sera l’intérêt d’être éditée ? Comment faire pour ne pas être juste dans l’ombre de l’homme tant admiré, tant aimé, mais être en moi pour parler de lui le mieux possible avec ce que je suis ?

 

*

 

Je suis Théa Nougaro, fille d’Odette, « la femme au regard inondant », sublime Arménienne, et de Claude Nougaro immense auteur, parfois compositeur et interprète fabuleux. Grâce à ma mère, qui fut si présente, et à mon père, si absent, je suis Théa. Grâce à ces deux êtres qui se sont aimés et qui m’ont donné ce qu’ils étaient : une femme, un homme avec toute leur force et leur faiblesse, leur armure et leurs plaies.

Il s’agit d’un thème universel que celui du rapport entre un père et son enfant. Ici, d’un père omniscient, omniprésent et totalement absent.

On ne peut pas écrire sur du manque, ce serait comme écrire au sujet de rien…

Je ne veux plus voir ce que je n’ai pas eu mais mettre en évidence tout ce que j’ai obtenu. Montrer qu’il m’a transmis. Que sa fille « qu’il a plongée dans la piscine, dans l’eau-de-vie » lui dit : « L’eau est bonne. »

Qui sait ? Les enfants ne connaissent peut-être pas leurs parents comme je me l’imagine. Le manque vous fait fantasmer pour faire exister.

Objectif : me focaliser sur ce que j’ai, comme ma sœur Fanny me l’a dit un jour. Je regrette de ne pas avoir davantage écrit. Tout ce que je relis des quelques notes que j’ai prises à différentes périodes est si riche ! Mon vide intérieur n’est peut-être qu’une mémoire non intégrée. Il aurait suffi d’écrire davantage, de fixer mes souvenirs sur le papier pour qu’ils puissent être, au moment voulu, mis en lumière.

Bon sang, la mémoire est si difficile à dompter. Et puis descendre dans les profondeurs de soi n’est pas une activité légère. La peur de ne rien trouver me freine dans ma descente. Le noir me ferait-il peur ? Je me suis trop habituée à m’entourer de repères rassurants, immuables, connus. Peut-être une forme de nostalgie d’un passé inachevé que je ne me lasse pas de revivre à travers des lieux notamment.

 

 

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