Extrait

Intérieur
de Thomas Clerc

Le 16/09/2013 à 14:32 - 0 commentaire

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ISBN : 9782070142101

Editeur : Gallimard

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Résumé du livre
'Comme j'ai été lent à faire le tour de ma maison! 3 ans pourtant c'est 3 fois moins qu'Ulysse revenant de Troie. Ulysse ne voulait pas rentrer à Ithaque, et moi je m'évertue à rester ici, je supplie de ne pas sortir. ' L'appartement de Thomas Clerc fait 50 mètres carrés. Il y vit depuis 10 ans. Il y passe la majeure partie de son temps. Sans doute parce qu'il est un homme d'intérieur, il a entrepris d'en faire le tour intégral avec cette espèce de vertige qui le pousse toujours à épuiser la totalité d'un espace.

 

Premier chapitre

Sonnette

On sonne. J’y vais. Judas. Personne. Je prends les clés. J’ouvre la porte. Le palier du 2e étage. Vide. Coup d’œil. La cage d’escalier. « Il y a quelqu’un ? » Je n’ai pas rêvé. Je monte quelques marches. Je redescends. Je suis devant la porte ouverte.

Palier

Cette porte n’est pas aux normes. Trapue, mal insérée dans le chambranle, elle évoque 1 passé grossier d’où l’on s’attend à voir sortir 1 monstre. Sa couleur orange détonne, comme ces peintures d’apprêt posées avant la couche définitive. Ancienne, elle restera orange, avec son écorce irrégulière. À son abord, on devine 1 faible hauteur de plafond, à l’image de l’immeuble, modeste bâtisse de la fin du XVIIIe siècle aux 5 étages et seulement 2 fenêtres sur la façade. Lieux anciens mais non vénérables : j’habite 1 de ces rues de Paris qui n’ont pas été détruites sous le règne égalisateur du préfet Haussmann.

Il sonne chez lui

Pour entendre à nouveau le son sourd, aigrelet, qui l’a surpris à l’instant, il presse le petit disque blanc encadré par 1 rectangle de plastique noir, situé sur le montant droit de la porte. Il l’entend rarement et actionne sa sonnette plus rarement encore. En général, les visiteurs qui n’ont pas remarqué le discret bouton toquent à la porte. Quelqu’un qui toque à la porte s’assimile à 1 voisin, alors que le timbre de cette sonnette évoque 1 résidence de standing ou la neutralité d’1 cabinet médical. Il n’y a pas de nom. Il entre.

Il entre chez lui

Je pousse la porte avec ce pincement au cœur qui me saisit lorsque je rentre après 1 longue absence, 1 voyage : pourvu qu’il ne soit rien arrivé. Les moulures des panneaux intérieurs rendent cette porte impossible à blinder ; son vieux chêne offre 1 faible rempart aux attaques. La serrure « à l’italienne » avec fermeture à double tour (500 euros) n’est qu’1 bricolage : la barre verticale qui s’enclenche dans les rivets n’a pas été correctement sciée aux 2 extrémités, les vis posées dans le chambranle le sont de manière inégale, et la bague percée dans le parquet où vient se ficher la barre est plus 1 trou qu’1 anneau. Protection rudimentaire, qui pue l’amateurisme, 1 petite cale en bois coincée/vissée derrière la barre est censée la soutenir contre les assauts d’1 pince-monseigneur. J’ai laissé faire 1 spécialiste ; je ne peux pas dire que je l’aie regretté puisque le cambriolage dont j’ai été victime le 8 février 2006 s’est effectué non par la porte mais par la fenêtre du salon, contrairement aux statistiques : 80 % des cambrioleurs passent par l’entrée. Par mesure de précaution, j’ai dû refaire ma serrure ; bien que le cambrioleur soit entré par la fenêtre du salon, je ne suis pas certain qu’il ne soit pas ressorti par la porte à l’aide d’1 des clés que je pose (bêtement) dans l’entrée, pour revenir plus tard. Hypothèse peu probable, mais que je ne pouvais exclure. Si j’avais su de combien d’exemplaires de clés je dispose, j’aurais pu déduire s’il m’en avait subtilisé 1 ; mais j’ignore, comme beaucoup de gens, ce genre de choses : en décrivant aussi fidèlement que possible mon appartement, en en livrant l’inventaire détaillé au lecteur, je corrigerai non seulement l’erreur qui consiste à poser ses clés au vu et au su de tous, mais je serai en mesure d’indiquer le nombre de clés en ma possession. L’écriture n’est-elle pas 1 preuve matérielle ? Comme il m’était impossible de vivre dans le doute et de risquer 1 autre fric-frac, même sans effraction, j’ai rappelé 1 « Louis XVI » pour qu’il change cette serrure inviolée, menacée par 1 clé possiblement imaginaire, possiblement réelle.

 

 

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