Extrait

Ils se noieront dans les larmes de leurs mères
de Johannes Anyuru

Le 06/01/2019 à 13:03 - 0 commentaire

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Johannes Anyuru

Actes Sud

07/11/2018

9782330114336

272

22 €

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ISBN : 9782330114336

Editeur : Actes Sud

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ISBN : 9782330114343

Editeur : Actes Sud Littérature

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Résumé du livre
Un soir d’hiver, deux hommes et une femme ayant juré allégeance à Daech prennent pour cible une librairie de Göteborg où a lieu une rencontre avec Göran Loberg, connu pour ses caricatures du Prophète. Mais au moment où l’un d’eux s’apprête à égorger le dessinateur, la femme éprouve un trouble étrange, un sentiment de déjà-vu, et abat le bourreau d’une balle en pleine gorge. Que s’est-il passé ? Pourquoi n’est-elle pas allée au bout de l’acte terroriste ? Quelques années plus tard, internée dans un hôpital psychiatrique, elle prend contact avec un écrivain pour raconter enfin son histoire. Une histoire qui va ébranler la perception de la réalité de son interlocuteur.
traduction Emmanuel Courtil

 

Premier chapitre

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.

 

 

L’Histoire n’existe pas à Guantánamo.

Le futur n’existe pas à Guantánamo.

Le temps n’existe pas, tout simplement,

Car il n’y a pas de limites à ce qui peut advenir.

 

Prisonnier libéré après treize années

passées à Guantánamo Bay.

 

 

Un vent arrive. Il soulève le sable de l’aire de jeux et une poignée d’herbes sèches entre les façades des immeubles. Assises sur les pneus des vieilles balançoires, les deux adolescentes s’élancent de plus en plus haut.

Je les observe à travers la vitre, mais je n’entends pas leurs rires. J’entends l’agitation, les cris de pa­­nique, les tirs automatiques et le choc des corps et des objets qui tombent au sol.

 

 

I

 

 

C’est son premier souvenir : d’impétueux rideaux de neige s’abattant sur les ailes de l’hôpital et sur le parking, les peupliers et les barrages routiers. Avant cela : le néant.

Elle est incapable de prononcer le moindre mot, alors qu’Amin ne cesse de l’appeler par le nom qu’il lui a attribué. Nour. Ce n’est que lorsqu’elle entend l’hystérie poindre dans sa voix qu’elle finit par rouvrir les yeux.

“Tu te rappelles quelque chose ?” Amin a le vi­­sage émacié, les mâchoires serrées, il est assis à côté d’elle dans l’Opel blanche de Hamad, sur une banquette arrière trouée d’où s’échappent des morceaux de mousse qui restent accrochés à ses vête­­ments.

Elle secoue la tête.

Hamad leur parle depuis le siège conducteur, il leur demande de faire plus vite, alors Amin humidifie ses lèvres puis, d’une main tremblante, il allume le téléphone portable scotché aux tubes de métal du gilet qu’elle porte. Elle ne bouge pas d’un cil pendant qu’il s’exécute. Dehors, quelques flocons de neige isolés volettent, ils se détachent du rempart de briques jaunes qui se dresse de l’autre côté de la vitre. Lorsqu’elle composera les quatre chiffres du code sur le clavier de l’appareil, les tubes du gilet exploseront et éjecteront tous les clous et les projectiles de plomb qu’ils contiennent – deux bonnes poignées chacun. L’onde de choc sera telle qu’elle fera éclater les os et les organes internes de toutes les personnes se trouvant à cinq, voire dix mètres à la ronde. La même chose se produira si quelqu’un envoie le code au téléphone par SMS.

Ils sortent du véhicule. Hamad s’est garé dans une ruelle, juste derrière un conteneur à poubelles. C’est lui qui est chargé de prendre le grand sac de sport noir dans le coffre. Il fait si froid que ses joues et ses mains brûlent, alors elle martèle le sol avec ses pieds pour se réchauffer.

Dès qu’ils ont atteint la rue commerçante Kungsgatan, ils se dispersent à travers la foule compacte des samedis. Après quelques pas, elle se retourne et voit qu’Amin s’est arrêté devant une vitrine pour faire semblant de s’intéresser à des costumes.

Ils sont liés l’un à l’autre, elle en a l’intime conviction.

 

 

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