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Il est grand temps de rallumer les étoiles
de Virginie Grimaldi

Le 06/06/2018 à 13:10 - 0 commentaire

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Virginie Grimaldi

Fayard

02/05/2018

9782213709703

396

18.50 €

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ISBN : 9782213709703

Editeur : Fayard

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ISBN : 9782213710556

Editeur : Fayard

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Résumé du livre
Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers. Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l'observe depuis la bulle dans laquelle elle s'est enfermée. A 17 ans, Chloé a des rêves plein la tête mais a choisi d'y renoncer pour aider sa mère. Elle cherche de l'affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l'amour.
Lily, du haut de ses 12 ans, n'aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu'il a quitté le navire. Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin. Anna, Chloé, Lily. Trois femmes, trois générations, trois voix qui se répondent.

Une merveille d'humour, d'amour et d'humanité. Romancière à succès, Virginie Grimaldi est l'auteure de trois best-sellers, Le Premier Jour du reste de ma vie, Tu comprendras quand tu seras plus grande et Le Parfum du bonheur est plus fort sous la pluie.

 

Premier chapitre

Elle avait des yeux où il faisait si bon vivre que je n’ai jamais su où aller depuis.

Romain Gary, La Promesse de l’aube

 

Fils des mères encore vivantes, n’oubliez plus que vos mères sont mortelles. Je n’aurai pas écrit en vain, si l’un de vous, après avoir lu mon chant de mort, est plus doux avec sa mère. Aimez-la mieux que je n’ai su aimer ma mère. Que chaque jour vous lui apportiez une joie, c’est ce que je vous dis du droit de mon regret, gravement du haut de mon deuil.

Albert Cohen, Le Livre de ma mère

 

 

Pour ma mère

 

 

Anna


– Anna, tu viendras me voir à la fin du service ! Faut que j’te dise un truc.

Je noue le tablier autour de ma taille et effectue un dernier tour de salle avant que les premiers clients n’arrivent. Je sais ce que va m’annoncer Tony, j’ai surpris une conversation hier. Il était temps.

Depuis trois mois, l’Auberge blanche s’est hissée en tête du classement des meilleurs restaurants de Toulouse. Nous avions déjà du monde, maintenant c’est bondé. Je n’ai pas le temps de débarrasser une table que, déjà, quelqu’un s’y installe. Je suis seule au service, Tony consent à m’aider quand il n’a rien d’autre à faire.

Lundi dernier, alors que j’apportais une crème brûlée à la table 6, mes oreilles se sont bouchées, ma vue s’est brouillée et mes jambes sont devenues molles. Le dessert a atterri sur la tête du client et moi dans le bureau du patron.

Il a commencé par crier, j’ai l’habitude, cela signifiait qu’il s’inquiétait. Un jour, il m’a confié qu’il était situs inversus : il a le cœur à droite et le foie à gauche. Manifestement, la communication est inversée aussi.

– Qu’est-ce que t’as foutu, Anna ?

– J’ai foutu que j’ai fait un malaise.

– Mais pourquoi t’as fait ça ?

– Pour faire de l’animation, quelle question ! C’était un peu calme ce soir, non ?

Il a abandonné sa colère dans un long soupir, puis il est passé à la phase empathie.

– Bon, et ça va ?

– Ça va mieux, je vais y retourner.

– Laisse, je vais m’en occuper pour ce soir. Mais t’es là demain, OK ?

– J’ai déjà manqué une seule fois ?

Il a souri. J’en ai profité.

– Je suis fatiguée, Tony. J’approche des quarante ans, je ne tiens plus le rythme. Ce serait vraiment bien que tu embauches quelqu’un.

– Je sais, je sais, tu me l’as déjà dit. Je vais voir ce que je peux faire.

Il a saisi son téléphone et appelé Estelle, sa maîtresse, pour lui confier qu’il aimerait se trouver dans sa culotte à cet instant précis. J’en ai déduit que notre conversation était terminée.

 

Mon voisin Paul affirme que je devrais changer de travail. Il a repris le bureau de tabac de papa, il pense visiblement que les emplois sont livrés par les cigognes, qui se sont réorientées lorsque le marché des bébés leur a été soufflé par les choux et les roses.

La vérité, c’est que je n’ai pas d’autres compétences. J’ai fait des études, pourtant, un BTS comptabilité et gestion. J’ai appris ma grossesse le dernier jour des épreuves, Mathias gagnait correctement sa vie, nous avons décidé que je m’occuperais de Chloé. Trois ans plus tard, à son entrée en maternelle, j’ai postulé à des dizaines d’offres d’emploi dans la comptabilité et l’administratif. Je n’ai décroché qu’un entretien, au cours duquel j’ai compris que je cumulais les défauts : je n’avais aucune expérience, je m’étais octroyé une pause de trois ans pour faire mumuse avec un bébé et j’avais l’outrecuidance de répondre « non » à la question « quelqu’un peut-il prendre votre enfant en charge en cas d’urgence ? ». Je n’étais pas de taille face aux nombreux candidats aguerris et surdiplômés dont la priorité n’avait pas vécu dans leur utérus.

 

 

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