Extrait

Histoire de Sparte
de Nicolas Richer

Le 18/06/2018 à 09:39 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Nicolas Richer

Perrin

15/03/2018

9782262039356

476

25 €

chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version grand format

 

illustration

ISBN : 9782262039356

Editeur : Perrin

Prix grand format : 25 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN : 9782262076153

Editeur : Perrin

Prix grand format : 15,99 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
"Sparte brille comme un éclair dans des ténèbres immenses". Ainsi Robespierre caractérisa-t-il la cité des Spartiates en 1794. Une telle formule manifestait un grand enthousiasme à l'égard d'une cité dont la législation, prêtée à Lycurgue, était censée pouvoir rendre les hommes égaux. Mais des hommes qui ont vécu il y a plus de deux millénaires peuvent difficilement être assimilés à ceux qui disent s'inspirer d'eux. C'est donc en pratiquant l'examen d'événements anciens que l'on peut, selon le conseil de Plutarque, s'essayer à "obliger la fable, épurée par la raison, à se soumettre à elle et à prendre l'aspect de l'histoire".

Car Sparte doit bien d'abord être considérée comme une cité grecque de Grecs en Grèce. En d'autres termes, la culture des hommes de Sparte dans l'Antiquité était très semblable à celle des autres Grecs, bien que leurs organisations et leurs priorités différaient. Seront ainsi présentés les traits majeurs de l'évolution de la cité, du VIIIe au IVe siècle av. J.-C., non seulement d'un point de vue politique mais aussi artistique ou social. La richesse de la documentation portant sur les usages éducatifs, politiques, religieux et militaires permet ainsi d'examiner le fonctionnement d'une collectivité fascinante et originale, dont l'un des traits originaux consiste dans l'importance qu'elle accorde à la guerre.

 

Premier chapitre

Introduction


L’image d’une cité souvent mal connue

 

« Sparte brille comme un éclair dans des ténèbres immenses. » Ainsi l’Incorruptible, Maximilien de Robespierre, homme des Lumières et membre du Comité de salut public, caractérisa-t-il la cité des Spartiates, le 18 floréal an II (7 mai 1794). Une telle formule manifestait un grand enthousiasme à l’égard d’une cité dont la législation, prêtée à Lycurgue, était censée pouvoir rendre l’homme heureux. Déjà l’article « Sparte ou Lacédémone » de l’Encyclopédie, dû au chevalier de Jaucourt et sans doute à Diderot lui-même, était-il porteur d’une appréciation semblable, fondée notamment sur une connaissance familière des Vies (de Lycurgue, d’Agésilas…) et des Œuvres morales de Plutarque – en particulier les Apophtegmes laconiens1.

Ainsi lit-on, dans une traduction moderne de Plutarque, que le législateur légendaire de Sparte, Lycurgue, était

persuadé que ce qu’il y a de plus fort et de plus efficace pour rendre les villes heureuses et les peuples vertueux, c’est ce qui est empreint dans les mœurs et dans les esprits des citoyens : car les principes que l’éducation y a gravés demeurent fermes et inébranlables, comme étant fondés sur la volonté seule, qui est toujours un lien plus fort et plus durable que le joug de la nécessité2.

 

Bonheur collectif et vertu individuelle sont donc intimement liés, parce que chacun doit œuvrer autant qu’il peut pour le bien commun, et puisqu’une telle conception prévaut dans la France révolutionnaire, ses théoriciens cherchent à s’appuyer sur un précédent illustre.

Mais si, durant la Révolution française, Sparte a été vue comme un modèle par les Jacobins (et a pu inspirer, clairement, les Fragments d’institutions républicaines de Saint-Just), les Girondins lui ont préféré Athènes, et la fin de la Terreur en 1794 a suscité un tournant dans l’imaginaire politique français. Ainsi, à la fin du XIXe siècle, c’est au modèle athénien que les acteurs de la IIIe République française ont encore préféré rattacher leur action.

 

Dans l’espace germanique, si Hegel a montré sa préférence pour Athènes, le modèle spartiate a pu, à la fin du XIXe siècle, inspirer les usages militaristes de la Prusse. Ensuite, dans les années 1930, la façon dont les nationaux-socialistes allemands ont cru pouvoir considérer la Sparte antique comme un modèle, en façonnant des hommes endurcis, a entaché l’image de la cité antique de Sparte d’une façon qui a marqué les esprits : ainsi, en réaction, le Français H.-I. Marrou a-t-il fustigé l’idéal spartiate comme sentant l’esprit subalterne d’un sous-officier de carrière3 !

Mais des hommes qui ont vécu il y a plus de deux millénaires peuvent difficilement être assimilés à ceux qui en donnent une image schématique en disant s’inspirer d’eux4. Aujourd’hui, Sparte est placée dans un espace plus apaisé de la recherche historique, grâce à un ensemble d’études menées par des spécialistes qui réexaminent les textes et tiennent compte des découvertes archéologiques ; cet apaisement est d’ailleurs facilité par le recul général des études classiques depuis les années 1970, ce recul limitant les exaltations d’éventuels lecteurs de Plutarque. Et c’est dans un tel espace que nous pouvons essayer de nous mouvoir désormais.

 

 

page suivante

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

critiques

critiques En territoire Auriaba, 4ème roman de Jérôme Lafargue

critiques "La peinture est une chose intellectuelle"

critiques Don Quichotte par Rob Davis : Cervantès plus vivant que jamais

critiques Kierkegaard et la sirène

Suivez-nous

 

Désinscription

16

1

histoire-de-sparte-nicolas-richer

6829