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Frison-Roche, une vie
de Antoine Chandellier

Le 22/01/2015 à 19:36 - 0 commentaire

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ISBN : 9782081298873

Editeur : Arthaud

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Résumé du livre
Montagnard, explorateur, résistant, écrivain reconnu… Roger Frison-Roche est toujours resté fidèle à son engage¬ment de guide de haute de montagne: mener sa vie en tête de cordée. Et si Premier de cordée son premier roman devient dès 1941 un best-seller, c’est parce qu’il parle au coeur d’une jeunesse désespérée et l’exhorte au courage moral et physique, à la discipline sans soumission, à la droiture et à la joie. Celui que les Chamoniards surnom¬maient « le grand sifflet », cet enfant du Beaufortin au patois intempestif sut se faire adopter par le milieu fermé des guides de Chamonix et devint un héraut de l’alpinisme français. Aventurier dans l’âme, Frison-Roche va quitter les Alpes qu’il connaît à « un mètre près », pour d’autres terres d’expéditions glorieuses. Première ascension de la Garet El Djenoun au Hoggar dans le Sahara, traversée du désert du Niger en 2CV, études sur la migration des troupeaux de rennes en Laponie… autant d’aventures qui deviendront sources d’inspirations pour cet auteur prolifique. Parce qu’aucune biographie n’avait rendu compte de la personnalité et de la vie de Roger Frison-Roche, Antoine Chandellier, familier de ce héros national, a mené l’enquête en s’appuyant sur son oeuvre, sur les archives de la famille Frison-Roche et sur les témoignages de ceux qui l’ont côtoyé.

 

Premier chapitre

 

 

 

 

 

 

AU PIED DE LA MONTAGNE

 

 

Il n’avait pas le certificat d’études. Mais bien des cancres lui doivent leur zéro en dictée. Un orage sur le Hoggar, la fondue de Boule dans Premier de cordée, la traque de l’ours blanc dans Peuples chasseurs de l’Arctique… Terreurs des fâchés du Bescherelle ! En ce qui me concerne, c’est en cours de philosophie que Roger Frison-Roche me joua un vilain tour. Pensant briller par lui, invoquant son modèle à bon compte, j’en fus quitte pour un petit moment d’humiliation devant mes camarades en classe préparatoire HEC, au lycée Berthollet d’Annecy. Je tentais de m’accrocher à cette référence comme sur une prise solide. Le cours parlait de Nature, avec un N majuscule, et soudain je songeai à lui, sans doute guidé par un rayon de soleil découvrant la cime du Parmelan qui émergeait de la forêt de toits. J’étais sûr de moi lorsque je levai le doigt, m’empressant de détacher les syllabes de ce nom sonore comme une chute de sérac, évoquant à la fois la rondeur humaine, l’âpreté du granit, l’évasion littéraire et une certaine hauteur de vue :

— Frison-Roche, soufflai-je fort, avec la vigueur du sirocco. Frison-Roche, insistai-je, le doigt levé.

L’agrégé me regarda d’un air dédaigneux, comme on toise un élève aux références trop triviales. Sa question attendait une autre réponse. Et de reformuler son interrogation.

— Qui le premier éveilla l’homme aux vertus de la montagne ?

Le silence persiste dans la classe, brisé par le râle du professeur dépité de voir ce parterre de futurs cadres donner piteusement leur langue au chat.

— Pfft, Frison-Roche… Personne ne sait ? Mais évidemment, c’était Rousseau. Eh oui, Rousseau !

Sans le savoir, je me heurtais aux premiers préjugés dont souffrait l’auteur dans l’opinion : sa popularité ne pouvait faire bon ménage avec la grande littérature du Lagarde et Michard. Chez lui, à Chamonix ou à Beaufort, Frison n’était-il pas celui que l’on appelait le « montagnard philosophe » ? Pour moi, il était cet écrivain voyageur, digne d’un Kessel, Lanzmann, Lacarrière. Je rougis de le voir ainsi bousculé du piédestal où je l’avais placé et de sentir ma culture vaciller avec. En relisant son monumental Montagnes de la terre, je compris qu’il ne disputait nullement cette place à l’esprit des Lumières. La réponse à la question du prof de philo, il me la donnait lui-même dans son encyclopédie : « Le XVIIIe siècle sera le moment décisif. Il fallait en effet, pour que l’alpinisme pût se développer, qu’il touchât une société jusqu’alors adonnée aux raffinements des grandes cours européennes et peu portée à subir les fatigues d’une ascension. Enfin Rousseau vint ! Et tout fut changé, puisqu’il modifia profondément la philosophie des gens de l’époque, découvrit le culte de la nature, précéda le romantisme. Les esprits cultivés étaient mûrs pour devenir des alpinistes. »

 

 

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