Extrait

Forgerons, élites et voyageurs d'Homère à nos jours
de Collectif

Le 07/02/2015 à 09:47

Auteur : Collectif
Editeur : P U De Grenoble
Genre : histoire essais
Date de parution :
ISBN : 9782706117916
Total pages : 552
Prix : 34.90 €
chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version grand format

 

illustration

ISBN : 9782706117916

Editeur : P U De Grenoble

Prix grand format : 34.90 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN :

Editeur : Pug

Prix grand format : 23.99 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
L’Iliade et l’Odyssée résonnent du fracas du bronze ; l’or et l’argent nimbent les actions héroïques de lumière: sur le bouclier d’Achille, l’armure d’Agamemnon, dans le palais de Phéaciens et la demeure des dieux, le métal précieux est partout chez les puissants. Témoin de l’histoire parvenu jusqu’à nous, le métal raconte les histoires de ceux qui l’ont possédé: les élites guerrières ou marchandes, souvent porteuses d’évolution, de nouveauté, d’ouverture, et encore davantage leur monde imaginaire, celui des représentations dans lesquelles les métaux servent de métaphores, incluant alors le fer. Sur la base des travaux d’Isabelle Ratinaud-Lachkar, dont la recherche portait sur les technologies, les usages et les routes commerciales des métaux dans le monde grec de l’époque géométrique, vingt-trois chercheurs ont souhaité saluer sa mémoire en croisant leurs spécialités et leurs périodes pour développer cette approche historique originale autour de quatre cibles de recherches: la place sociologique des métaux (symbolique travail, objets), les stratégies des élites, la naissance ou la renaissance des villes, les échanges culturels.

 

Premier chapitre

 

 

 

 

 

 

Avant-propos

 

 

Lorsque ma mère travaillait à son bureau, elle était tellement concentrée que je n'osais pas la déranger. Il m'arrivait de m'adosser à l'encadrement de la porte et de l'observer pendant de longues minutes ; elle lisait des livres sérieux, prenait sérieusement des notes, écrivait des articles à propos de choses sérieuses. C'était ma maman-prof.

 

Quand elle se rendait compte que j'étais là, elle me souriait, devenait ma maman-tout-court et m'invitait à entrer. Son bureau était pour moi un puits de connaissances, un sanctuaire dont elle était la prêtresse. Qu'il s'agisse de littérature, d'histoire, ou de physique, j'avais toujours une réponse à mes questions. Souvent, pour étayer son argumentation, elle me montrait un passage ou une image tirés d'un livre.

Nous passions nos mercredis ensemble. Si je m'ennuyais, j'allais dans son bureau et lisais ce qui me tombait sous la main, ou ce qu'elle me proposait : des copies, des livres (L'Odyssée, les résultats de fouilles de Schliemann en Asie Mineure, etc.) ou des articles. C'est ainsi que je découvris « Le sacrifice d'Iphigénie », un texte tiré d'Iphigénie en Tauride ou d'Iphigénie à Aulis qu'elle allait donner à ses élèves. Sans avoir eu de cours d'anglais, je lus partiellement en anglais un livre sur Artémis. À cinq ans, ma mère m'apprit à compter en Grec ancien ; en 6e, je savais qui était Homère, et surtout qui il n'était pas ; de même je savais que l'architecture grecque ne possédait pas trois, mais deux ordres distincts : ionique et dorique. Tels étaient mes mercredis.

La première fois que nous sommes allés tous les quatre en Grèce, notre premier arrêt fut Olympie. Là-bas, comme à chaque occasion, j'eus droit, étant curieuse et attentive, à de longs exposés passionnants, ponctués d'anecdotes sur les dieux et les hommes. Ma mère avait le don de faire revivre les ruines par ses récits détaillés et vivants. Mon imagination faisait le reste. Ainsi sous mes yeux les Grecs marchaient et discutaient, suivaient des processions ; des athlètes s'entraînaient ; des enfants accompagnés de leur précepteur allaient au gymnase.

Quand on me demandait ce que faisait ma mère (le terme d'histoire ancienne étant trop vague à mon goût), je répondais qu'elle travaillait sur Homère, les trépieds d'époque géométrique (très important le « d'époque géométrique » ; je ne savais alors pas précisément quand se situait cette période, mais ce n'était pas grave), et aussi sur Argos. Avec fierté, j'annonçais qu'il y avait peu d'experts sur Homère dans le monde, et que ma mère en faisait partie.

Professeur et chercheuse assidue, ma mère, à la seconde tentative avait été acceptée à L'IUF en tant que membre junior. Lorsqu'elle avait lu l'e-mail qui lui annonçait la nouvelle, elle avait été surexcitée pendant plusieurs jours comme une gamine. L'événement avait été fêté avec les « filles » et accompagné de champagne.

 

Suivez-nous

 

Désinscription

16

1

forgerons-elites-et-voyageurs-d-homere-a-nos-jours-collectif

5826