Extrait

Entre deux mondes
de Olivier Norek

Le 11/12/2017 à 08:45 - 0 commentaire

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ISBN :

Total pages :

Prix :

Olivier Norek

Michel Lafon

05/10/2017

9782749932262

416

19.95 €

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ISBN : 9782749932262

Editeur : Michel Lafon

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ISBN : 9782749935072

Editeur : Michel Lafon

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Résumé du livre
Engagé dans l'humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l'auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires. Après Code 93, Territoires et Surtensions, il nous invite dans un monde Entre deux mondes que nul ne peut imaginer, où se rencontrent deux inspecteurs que tout semble opposer et qui devront unir leurs forces pour sauver un enfant.

 

Premier chapitre

À mon grand-père Herbert Norek,

migrant silésien devenu citoyen français.

 

 

L’enfant

 

 

Quelque part en mer Méditerranée.


La main sur la poignée d’accélération, il profita du bruit du vieux moteur pour y cacher sa phrase sans créer d’incident ou de panique.

– Jette-la par-dessus bord.

– Maintenant ?

– On s’en débarrassera plus facilement au milieu de la mer que sur une aire de parking. Elle tousse depuis le départ. Pas question de se faire repérer une fois qu’on les aura collés dans les camions en Italie.

Dans l’embarcation, deux cent soixante-treize migrants. ges, sexes, provenances, couleurs confondus. Ballottés, trempés, frigorifiés, terrorisés.

– Je crois pas que je peux y arriver. Fais-le, toi.

Un soupir d’agacement. Pas plus. L’autre abandonna la barre pour se diriger, résolu, vers la femme qui se cachait au fond. Il bouscula les passagers sans considération. À son approche, la femme resserra son étreinte sur le corps qu’elle protégeait entre ses bras, posa fermement la main sur la petite bouche froide, pria pour qu’elle cesse de tousser. Apeurée, l’enfant laissa échapper son lapin violet en peluche élimée que l’homme écrasa sous le poids de son pied sans même le remarquer. Il s’adressa à la mère.

– Ta petite. Tu dois la jeter.

 

 

Le fou

 

 

Camp de migrants de Calais. Octobre 2016.

Dernier jour du démantèlement de la « Jungle ».


Insatiables, les pelleteuses dévoraient les cabanes et les tentes, les réduisant à l’état de débris pour en faire, un peu plus loin, des montagnes de plastiques, de tissus et de vêtements qui seraient anéantis par le feu lorsque le vent se serait calmé.

Il ne restait plus rien sur cette lande de ce que l’espoir y avait construit.

La pelle mécanique releva sa mâchoire et s’apprêta à traverser ce no man’s land de destructions. Le moteur s’emballa, l’engin cahota sur le sol irrégulier durci par le froid puis fit ligne droite vers sa prochaine cible, une vieille cabane en palettes de bois et au toit de carton. Une des dernières.

Quelques années auparavant, une déchetterie et un cimetière se partageaient l’endroit. Puis l’État y parqua les migrants aux rêves d’Angleterre. Ce matin, la déchetterie avait repris forme. Mais lorsque les dents puissantes de la pelle mécanique s’enfoncèrent dans la terre, c’est le cimetière qui ressuscita.

Comme il y avait trois bras visibles, à moitié déterrés par la pelleteuse, les ouvriers en déduisirent qu’il y avait au moins deux corps, là, dans ce trou, à la périphérie immédiate du camp. Dont celui d’un enfant, assurément, vu la taille d’un des bras. D’un coup de talkie, le chef d’équipe fut averti.

Dissimulée à une vingtaine de mètres de là, une ombre longea l’orée des premiers arbres qui entouraient la Jungle, sans jamais perdre de vue le manège des engins. De leur côté, les ouvriers se placèrent en couronne autour de la scène, bêtement hypnotisés par l’horreur.

 

 

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