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En route vers toi
de Lovestam, Sara

Le 06/07/2017 à 10:51 - 0 commentaire

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Lovestam, Sara

Actes Sud

05/10/2016

9782330068981

23.80 €

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ISBN : 9782330068981

Editeur : Actes Sud

Prix grand format : 23.80 €

 

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ISBN : 9782330071066

Editeur : Éditions Actes Sud

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Résumé du livre
Une broche en argent, une paire de lunettes tordue, une vieille règle en bois et des bottines à l’élégance désuète – quatre objets d’un autre temps viennent faire irruption dans la vie désenchantée de Hanna. Ce sont les derniers témoins de la passion clandestine de deux amantes, Signe et Anna, un siècle plus tôt, à la veille du combat pour le droit de vote des femmes en Suède. Intriguée, Hanna remonte obstinément la piste de ces objets qui sont pour elle devenus talismans.
En 1906, dans la petite ville de Tierp, Signe lance un coup de pied dans un arbre. La jeune institutrice s’indigne de la différence salariale entre hommes et femmes, confirmée par la lettre qu’elle vient de recevoir de Stockholm. Lorsque la grande oratrice Brita Löfstedt arrive à Tierp avec l’envoûtante Anna à ses côtés, sa vie bascule. S’impliquant corps et âme auprès des suffragettes suédoises, Signe s’embarque aussi dans une aventure amoureuse dont elle n’aurait jamais pu imaginer la portée.
Les désillusions d’aujourd’hui se heurtent aux passions d’antan dans cette fresque romanesque lumineuse. Avec une grande sensibilité et une intelligence critique redoutable, Sara Lövestam nous entraîne dans les méandres d’un amour impossible et une lutte politique qui n’a rien perdu de son actualité.
Traduit du suédois par Esther Sermage

 

Premier chapitre

LES LUNETTES

 


Elles n’avaient rien d’extraordinaire et semblaient n’avoir aucune valeur ou utilité particulières. Les branches de la monture métallique faisaient quasiment tout le tour de l’oreille, selon la mode du début du siècle. L’une était encore droite ; l’autre avait été tordue par le temps et la vie, et sans cesse redressée par des doigts opiniâtres. Ce n’était donc pas un objet précieux ou très bien conservé. Pourtant, le commissaire-priseur, au lieu de le vendre avec les autres biens de la succession, l’avait discrètement empoché. Si, sur le moment, vous lui aviez demandé pourquoi, il vous aurait répondu que ses motivations n’étaient pas plus claires pour lui que pour vous. Peut-être, surtout s’il s’était envoyé un ou deux verres avant, se serait-il laissé aller à vous décrire le sentiment qu’il avait éprouvé quand il avait décidé d’emporter l’objet : cette même joie qu’il avait ressentie lorsqu’il avait résolu de mettre fin à son aventure, toute récente, avec l’opulente caissière du supermarché pour se consacrer à sa femme, laquelle, en plus, était enceinte. Le sentiment de bien faire.

Tout le temps de la vente, les lunettes, logées dans la poche de sa chemise, avaient agréablement titillé son torse peu velu. Elles l’émoustillaient. Il éprouvait la même sensation que le jour où la caissière du supermarché lui avait fait de l’œil pendant que sa femme rangeait leurs achats dans des sacs. Enfin, non, pas exactement. La sensation des lunettes contre sa peau avait quelque chose de plus pur, comme quand on trouve un authentique Stig Lindberg dans une brocante, qu’on fait semblant de rien et qu’on ne le paie que vingt misérables couronnes. Comme quand on sait à la fois qu’une petite vie grandit dans le ventre de la femme qu’on aime et qu’on est le seul à être au courant. La légère pression des modestes lunettes sur sa poitrine lui donnait du cœur à l’ouvrage. Il faisait tournoyer son marteau avec le même entrain qu’à ses débuts, répétant les formules consacrées dans tous les sens jusqu’à ce que les prix montent en flèche.

— Voici, vous le reconnaîtrez certainement, une rareté ! Une rareté, mesdames et messieurs, une véritable rareté ! scandait-il de sa voix la plus puissante, encouragé par les battements de son cœur contre la monture métallique.

Puis, pendant quinze ans et deux mois, les lunettes dormirent sur un manteau de cheminée. Chaque fois qu’il passait devant elles, il était saisi du même ravissement qu’il avait éprouvé ce jour-là. Des armoires à linge invendables aux coins râpés étaient parties à des milliers de couronnes, des bancs de cuisine repeints, des chaises à trois pieds, et même une vieille broderie faite main sans aucune valeur. Tout s’était vendu en un clin d’œil. Le commis avait dû trimballer sans interruption lampadaires, transistors et vieux meubles jusqu’aux voitures garées dans le parking de la salle des ventes. Le commis, ou plutôt… : le gamin que la femme du commissaire-priseur avait pondu huit mois après qu’il eut plaqué la caissière. Un gamin qui, d’ailleurs, allait avoir quarante-neuf ans.

 

 

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