Extrait

Dis au revoir à ton poisson rouge !
de Ruter, Pascal

Le 23/05/2018 à 14:16 - 0 commentaire

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ISBN :

Total pages :

Prix :

Ruter, Pascal

Didier Jeunesse

09/05/2018

9782278085651

244

15 €

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ISBN : 9782278085651

Editeur : Didier Jeunesse

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ISBN : 9782278085019

Editeur : Didier Jeunesse

Prix grand format : 7.99 €

 

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Résumé du livre
La vie est parfois surprenante. Voire carrément époustouflante.
Andréas n’avait pas vraiment prévu de passer quinze jours de vacances en compagnie de sa correspondante anglaise, et encore moins de troquer la fréquentation du skate-park contre celle des musées. Direction l’aéroport.
« Merci papa, merci maman, j’ai juste envie de vous tuer ! » Remarquez, il n’avait pas non plus prévu de rentrer de l’aéroport sans ses parents, et encore moins de devoir se lancer sur leur trace. Direction le Brésil ! Bye-bye Paris, bonjour la jungle en mode James Bond…

 

Premier chapitre

1

 


Le vent glisse sur mes joues tandis que, souple sur mes jambes, les articulations verrouillées et les pieds parfaitement ajustés, je file plus vite que mon ombre ; je suis dans le juste, le parfait. Je flatte le dur, le caresse avec mes roulettes. J’aime ce moment ultime où le bitume s’apprivoise en velours. Allez, un dernier petit ollie pour la route, suivi d’un backflip du tonnerre. Contrôle totalement euphorique. Radical jusqu’au bout de la planche !

Les regards sont posés sur moi comme des sparadraps. Ils n’ont encore rien vu, juste le hors-d’œuvre. Moment idéal pour signer la figure qui dans dix jours fera de moi une légende urbaine : le Merlin Twist.

Les roulettes fument déjà ! J’attaque. Merlin, tiens-toi bien. Je quitte le plancher des vaches, parfait : je vole, je vole…

Et j’atterris le nez dans les plates-bandes, à quinze mètres du skate-park, les fesses en l’air, une pâquerette entre les dents, je me déteste un peu, beaucoup… Je n’ai rien vu venir, mon skate est retourné sur le bitume, les roulettes au lieu de fumer font un bruit assez doux qui ressemble à un sanglot.

Pendant quelques secondes, je me demande si je suis vivant. Je crois que oui. Sauf si en enfer il y a la même bande d’abrutis qui se fichent de moi en applaudissant à tout rompre.

Lukas arrive dans mon champ de vision. Il me cache le soleil avant de me dire :

– T’as encore foiré.

– Beau sens de l’observation.

Il tient des comptes. Je décide que s’il me dit que c’est la dix-septième fois d’affilée que je me vautre et que le championnat est dans dix jours, je l’étrangle. Non, il lui reste un brin d’instinct de conservation.

– T’es sûr que tu veux le tenter, ce trick ?

Le Merlin Twist, je l’ai annoncé partout, alors hors de question de changer d’avis. Je préfère mourir sur scène comme Molière que renoncer.

– T’as plus que dix jours pour l’apprivoiser, ajoute Lukas en me tendant une main.

– Ça va, ça va, je réponds. Je te dis que je serai prêt.

Je vérifie que l’articulation de mon coude fonctionne et je réponds aux rigolards par un bras d’honneur un peu mollasson mais dont la signification est claire : rendez-vous dans dix jours, préparez-vous à vous prosterner à mes pieds.

Je me relève. Le regard de Lukas est aimanté par mes genoux. Deux énormes trous.

– Cette fois, la légende va se prendre un savon, dit-il.

Il n’a pas tort. Le kit de protection que ma mère m’a acheté est encore dans son emballage. Pas de protection, pas de skate. Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’une légende du sport urbain évolue sans filet. Question d’honneur.

– Tu vas être fixé, mon pote. Regarde.

En effet, la voiture de mes parents s’est arrêtée derrière la grille du skate-park. Dès qu’il y a une occasion de me surprendre dans une posture délicate, on peut compter sur eux. Cela dit, ils ont eu le bon goût de rester à une distance correcte. Suffisante pour épargner ma dignité. Appels de phares : trois longs et deux courts.

 

 

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