Extrait

Dieu n'habite pas La Havane
de Yasmina Khadra

Le 01/05/2018 à 09:44 - 0 commentaire

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Prix :

Yasmina Khadra

Pocket

07/09/2017

9782266274319

258

6.95 €

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ISBN : 9782266274319

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ISBN : 9782260024248

Editeur : Julliard

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Résumé du livre
Juan del Monte Jonava ne vit que pour chanter. Au Buena Vista Café, en plein coeur de Cuba, sa voix solaire lui a valu le surnom de " Don Fuego ", la gloire de la rumba. Or, à presque 60 ans, son étoile s'est ternie. Le régime castriste, lui aussi, a vieilli. Il s'ouvre au monde, à l'argent, à la modernité. Le Buena Vista a changé de propriétaire. Et Don Fuego en est réduit à courir le cachet. Sa rencontre avec Mayensi, rousse incendiaire et mystérieuse de 40 ans sa cadette, fera rejaillir le feu de la passion dans les veines du sexagénaire...
Il en tombe éperdument amoureux. Mais le mystère qui entoure cette beauté fascinante menace leur improbable idylle.
Chant dédié aux fabuleuses destinées contrariées par le sort, Dieu n'habite pas La Havane est aussi un voyage au pays de tous les paradoxes et de tous les rêves. Alliant la maîtrise et le souffle d'un Steinbeck contemporain, Yasmina Khadra mène une réflexion nostalgique sur la jeunesse perdue, sans cesse contrebalancée par la jubilation de chanter, de danser et de croire en des lendemains heureux.

 

Premier chapitre

 

En vain sur une herbe

Elle essaye de se poser

Lourde libellule

Le moine errant Basho (1644-1694)

 

 

1.


« Qui rêve trop oublie de vivre », disait Panchito.

J’incarne mon propre rêve, pourtant je croque la vie à pleines dents sans en perdre une miette.

Je cherche toujours le bon côté des choses car elles en ont forcément un. Je vois le verre à moitié plein, une forme de sourire par-dessus la grimace, et la colère comme un enthousiasme dénaturé.

Le monde n’est pas obligé d’être parfait, mais il nous appartient de lui trouver un sens qui nous aidera à accéder à une part de bonheur. Il y a immanquablement une issue à n’importe quelle mauvaise passe. Il suffit d’y croire. Moi, j’y crois. Mon optimisme, je le cultive dans mon jardin potager.

Je me suis éveillé à la joie de vivre dès l’âge de cinq ans ; quant aux années qui précèdent, je ne m’en souviens pas – je suis certain qu’elles furent formidables, puisque mes parents l’étaient.

Ma mère était choriste. À Trinidad, sa ville natale, on la surnommait la « Sirène rousse ». Elle était un ravissement, avec sa peau de nourrisson, ses cheveux flamboyants qui cascadaient jusqu’à ses fesses et ses yeux verts, brillants comme des émeraudes. Lorsque mon père l’entendit chanter pour la première fois, il fut conquis corps et âme. Il l’épousa dans la foulée. Leurs noces se réinventaient chaque soir, leurs étreintes les scellaient ; il leur suffisait de se regarder pour que les aurores boréales se substituent à leurs prunelles. Rarement amour aura été aussi fort. C’était l’amour des gens simples qui, se sachant faits l’un pour l’autre, deviennent à eux seuls le monde.

Mon père était un grand et beau mulâtre, prodigieux fruit du croisement improbable d’un aristocrate lituanien en exil et d’une enfant d’esclave affranchi – il avait hérité de l’un les bonnes manières, et de l’autre, l’endurance. Avec son vieux costume repassé méticuleusement, son chapeau au ras des sourcils et ses souliers cirés de frais, il aurait pu passer pour un prince de la nuit. Quand bien même il ne parvenait pas à joindre les deux bouts, il ne nous refusait pas grand-chose, à ma sœur aînée et à moi. Il disait : « Être pauvre, ce n’est pas manquer d’argent ; être pauvre, c’est manquer de générosité. » Il aurait donné sa dernière chemise au premier venu. Le jour, il vivotait de petits boulots, le soir il trimait occasionnellement dans un bastringue pour un salaire de misère avant de décrocher un emploi comme chauffeur de maître. Il avait conduit Lucky Luciano qui possédait un hôtel sur le front de mer, puis un dénommé Brutus, l’une des plus grosses fortunes de Cuba forcée de déserter l’île au lendemain de la chute de Fulgencio Batista.

Lorsque la Révolution éclata, mon père se planqua à la maison durant des mois. Non par peur, mais par principe. Pour lui, se sacrifier était la plus grande injustice que l’on puisse s’infliger. « Mourir pour un idéal, arguait-il, c’est confier cet idéal aux usurpateurs ; les orphelins auront beau le réclamer, personne ne le leur rendra. »

 

 

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