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De joie coulent mes larmes
de Lena Walker

Le 30/07/2018 à 11:21 - 0 commentaire

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Total pages :

Prix :

Lena Walker

Michel Lafon

Littérature française

07/06/18

9782749937359

17.95...77853765....

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ISBN : 9782749937359

Editeur : Michel Lafon

Prix grand format : 17.95...77853765....

 

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Résumé du livre
Un roman gourmand et plein de surprises.
Juriste sans entrain dans un cabinet d'avocats, Romy Bavarois rêve depuis sa plus tendre enfance de présenter le journal télévisé de la plus grande chaîne de France. Au décès de son grand-père, elle décide sans regret de tout quitter et de s'installer chez sa grand-mère à Saint-Tropez. Acceptant un emploi saisonnier de vendeuse de soufflés tropéziens, Romy se laisse vivre jusqu'au jour où elle rencontre Jean-Luc, le médium des stars. Lui fera-t-il des révélations décisives sur son avenir ? Aura-t-elle enfin l'électrochoc qu'il lui fallait pour sortir de sa douce léthargie et prendre son destin en main ?

 

Premier chapitre

À mes parents, Som & Saly

 

 

– 1 –


« La meilleure partie de moi-même »

 

Tous les matins, Mamilou se met aux fourneaux au moment où le soleil commence à poindre. Alors que la plupart des gens prendraient naturellement un petit déjeuner composé d’un café et d’une tartine beurrée, Mamilou, elle, est capable de préparer des quenelles accompagnées d’une onctueuse crème de langoustines. La cuisine est sa passion, à tel point qu’elle en a fait son métier. À soixante-neuf ans, continuer à travailler pour le plaisir ne me viendrait peut-être pas à l’esprit. Je l’admire. Elle pousse le volume de la télévision à fond, si bien que j’ai l’impression de suivre avec elle son émission matinale préférée, un casque vissé sur mes oreilles. C’est comme ça que je me réveille chaque jour depuis un an.

Il y a pas mal de choses auxquelles je me suis pliée en venant vivre avec ma grand-mère. Il faut accepter de se lever aux aurores, de vivre comme si on était sourd, de se brosser les dents après les repas, de ne pas utiliser Internet pour faire ses courses, de lui remplir ses chèques (qui paie encore par chèque ?) et de répondre plusieurs fois à la même – improbable – question en moins de cinq minutes d’intervalle :

– Tu as bien pensé à tirer la chasse d’eau ?

J’ai poussé Mamilou à réaliser une batterie d’examens parmi lesquels le bilan de dépistage d’Alzheimer. Ainsi, les spécialistes de la région ont analysé son anatomie en long et en large, des veines au cœur en passant par les seins, l’utérus et le cerveau. Résultat : elle est en parfaite santé, mais juste un peu sénile. Elle qui essaie toujours de faire oublier son âge, je crois qu’elle m’en a voulu. Depuis, j’essaie de ne plus l’importuner.

Il fait déjà une chaleur écrasante. Mon corps est moite et je n’ai qu’une envie, prendre une douche. Je me lève, ouvre les volets en bois couleur lavande que j’ai entièrement repeints l’année dernière et admire de la fenêtre de ma chambre les majestueux pins parasols de la Citadelle qui grignotent le ciel bleu azur. Le mistral est enfin tombé et les cigales se sont mises à chanter de plus belle. J’enfile un peignoir en soie, un cadeau de ma grand-mère qui ne supporte plus de me voir me balader en petite culotte dans notre appartement tropézien.

Mamilou est née ici juste avant les strass et les paillettes, avant l’arrivée de Brigitte Bardot, avant la transformation de ce village de pêcheurs authentique en ville de légende communément appelée « Saint-Trop ».

Papili, mon grand-père, me répétait souvent que Saint-Tropez perdait son âme au profit du show-business, à son plus grand désespoir. Surtout, il voyait bien comment Mamilou, elle, s’en accommodait, ce qui l’affligeait, mais il l’aimait trop pour lui faire le moindre reproche. Papili détestait les conflits.

 

Mes grands-parents m’ont appris la valeur des choses et le sens de l’argent. Je pouvais les entendre se plaindre du prix de la baguette de pain qui avait augmenté de deux centimes et débattre de l’inflation, puis les accompagner, l’instant d’après, acheter une remarquable pièce de bœuf chez le boucher à cinquante-deux euros le kilo pour célébrer une occasion qui en valait vraiment la peine. Bons vivants et généreux, mais pas dépensiers.

 

 

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