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De fil en aiguille
de Bas, Michel

Le 22/01/2015 à 17:36 - 0 commentaire

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Bas, Michel

Editions Du Net

litterature romans poche

9782312032276

224 pages

12 €

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ISBN : 9782312032276

Editeur : Editions Du Net

Prix grand format : 12 €

 

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Résumé du livre
Edouard FRANCHEL, professeur d'histoire fraîchement retraité, se trouve confronté à une question qui l'obsède : pourquoi a-t-il été attiré par ce métier et surtout par cette discipline ? En réalité, cette quête est un prétexte. Le goût pour l'Histoire lui est peut-être venu des événements de la seconde guerre mondiale auxquels son père a été mêlé, et dont sa mère, couturière de métier, lui a innocemment dévoilé des bribes, à petites doses, avant qu'il ne s'évade de la cellule familiale.

 

Premier chapitre

La fin de la vie active est souvent attendue de façon messianique par un grand nombre de travailleurs. Au moment où elle s’invitait sans état d’âme, au terme de sa propre épopée laborieuse, Edmond Franchel ne pouvait s’empêcher d’évoquer le souvenir de son regretté père, lequel avait usé son corps pour le compte de la métallurgie locale. Il se rappelait ô combien il avait redouté, à l’image de ses compagnons d’infortune, de ne pouvoir atteindre le graal, cette terre promise si lointaine, si désespérément inaccessible. Le premier choc pétrolier l’avait, de manière inopinée, libéré de cette hantise en inaugurant la pratique des départs anticipés à la retraite. La crainte, sans doute légitime, de ne pouvoir jouir suffisamment longtemps de ces vacances, octroyées pour une durée indéterminée, n’était d’ailleurs pas fondée, car sa robuste constitution physique lui permit de dépasser largement la durée moyenne de la vie des hommes de sa génération et, encore plus, celle de ceux qui, comme lui, s’étaient échinés dans les usines de montage de biens d’équipement ménagers ou industriels. Sa mère, entrée depuis peu dans la dixième décennie de sa vie avait, et pour les mêmes raisons, espéré à son tour cultivé son jardin d’Eden. Pour améliorer un quotidien plus que difficile dans les années 1 950, elle avait trouvé un travail d’appoint, à domicile, dans la petite usine textile du village qui avait accueilli la famille en plein essor. Ces opérations de finition, elle n’avait pas tardé à les poursuivre, sur place, lorsque ses quatre enfants furent en mesure de fonctionner de manière plus autonome. L’industrie textile était alors, avec la métallurgie, l’une des activités reines de la région et une vingtaine d’ouvrières percevaient un SMIC- c’est ainsi qu’on l’appelait à cette époque- grâce à l’existence de ce petit atelier de confection. Á l’image de son mari, elle avait bénéficié d’une préretraite, mais pas pour les mêmes raisons, même si des nuages de plus en plus sombres s’amoncelaient et rôdaient de façon peu engageante autour de la petite entreprise textile semi-rurale. Une maladie, à l’approche de la soixantaine, semblait devoir, en raison de son caractère de gravité avérée, hypothéquer lourdement l’espoir, selon la formule consacrée, d’une longue et heureuse retraite. Elle aussi, Edmond n’avait aucun mal à faire ressurgir sa frimousse réjouie, l’avait vu venir avec un immense soulagement et la priorité de sa nouvelle vie qui commençait, fut de terrasser le dragon afin de pouvoir, après coup, délicatement déguster le temps qui passe…

 

Et, à son tour, il se trouvait brutalement transporté à l’orée de ce monde si désiré par certains, tellement redouté par d’autres. Le professeur heureux et serein dont il avait été l’incarnation, n’était sans doute pas dans la même configuration d’une attente aussi brûlante et anxieuse du moment de rompre avec la vie professionnelle. Il avait même poussé le plaisir jusqu’à retarder d’un an son départ à la retraite, alors qu’elle lui tendait religieusement les bras. Trente-neuf ans au service de l’Education Nationale, pour l’essentiel dans le même lycée catholique, à quelques trois kilomètres de son village natal, dans une petite ville sise aux pieds du Beaujolais, là où son père avait vu passer entre ses mains d’O. S., la plupart des frigidaires que l’entreprise écoulait dans la région et sûrement au-delà, des frigidaires réputés, des chambres froides, dont il avait entendu parler à la maison bien avant que la maisonnée ait pu, elle-même, en vérifier l’efficacité. Cette vie de professeur, il l’avait aimée, conscient des conditions de travail et de vie idylliques que la bonne bourgeoisie caladoise- adjectif donné aux habitants de cette petite cité ouvrière où son père suait pour produire du froid- et le monde viticole alentour, encore relativement christianisé, lui avaient offertes comme monnaie d’échange à une mission éducative féconde et réussie. Une vie dorée, aux antipodes de celle de ses parents, paradoxalement venue du ciel, divinement délivrée par une classe sociale aisée, réputée distante et égoïste et que son milieu culturel et social avait si souvent stigmatisée. 

 

 

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