Extrait

De bons voisins
de Ryan David Jahn

Le 10/03/2013 à 18:08 - 0 commentaire

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Ryan David Jahn

Actes Sud

policier & thriller (grand format)

02/01/2012

9782330002299

21.30 €

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ISBN : 9782330002299

Editeur : Actes Sud

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ISBN : 9782330007249

Editeur : Éditions Actes Sud

Prix grand format : 16.99 €

 

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Résumé du livre
LE POINT DE VUE DES ÉDITEURSrnA quatre heures du matin le 13 mars 1964, à New York, dans le Queens, une jeune femme qui rentre chez elle est agressée dans la cour de son immeuble. Des voisins entendent ses cris, mais personne n'appelle les secours. Concentré sur deux heures, De bons voisins raconte les derniers instants de cette femme. Mais c'est aussi l'histoire de ses voisins, témoins inertes de son calvaire : une jeune recrue de l'armée, angoissée à la veille de la visite médicale qui décidera de son départ pour le Viêtnam ; une femme qui pense avoir tué un enfant ; un couple qui fait sa première expérience échangiste... C'est enfin l'histoire de la ville, de ses nuits faussement calmes, de sa violence aveugle.rnRyan David Jahn s'empare ici d'un fait divers réel, le meurtre de Kitty Genovese, qui a défrayé la chronique dans les années 1960 et donné naissance à la notion d'“effet du témoin” : lors d'une situation d'urgence, les témoins sont d'autant moins susceptibles d'intervenir qu'ils sont nombreux.rnUsant de toutes les ressources du roman pour interroger cette criminelle passivité, l'auteur mène de concert de multiples fils narratifs, les entrecroise avec un art consommé du récit et tisse le sordide canevas de nos démissions ordinaires.

 

Premier chapitre

Ça commence sur un parking.

Le parking se trouve à l’arrière d’un bar sportif, un bâtiment en brique qui a accumulé les bles- sures et les cicatrices au cours de sa longue his- toire. Il s’est fait percuter par des conducteurs en état d’ébriété qui ont passé la marche arrière au lieu de la marche avant, s’est fait taillader par des gens qui ont gravé leurs initiales sur les murs, et prendre d’assaut par des vandales ivres. Un soir, il y a quinze ans, quelqu’un a tenté d’y mettre le feu. Malheureusement pour le pyromane en puissance, la météo avait prévu de la pluie. De sorte que le bar est toujours là.

Il est presque quatre heures du matin – trois heu- res cinquante-huit –, un moment d’obscurité parfaite où aucun soupçon de lumière ne pointe encore à l’est. Il fait nuit noire.

Le bar est fermé et silencieux.

Seules trois voitures sont garées sur son parking habituellement bondé : une Studebaker de 1957, une Oldsmobile de 1953 et une Ford Galaxie de 1962 à l’aile cabossée. Deux d’entre elles appartiennent à des clients : l’un est un vendeur à domicile qui con- sacre ses journées à essayer de fourguer des aspira- teurs ; l’autre, un chômeur qui passe les siennes à contempler les fissures du plafond de l’appartement dont il n’a pas payé le loyer depuis trois mois. Tous deux ont bu quelques coups de trop plus tôt dans la soirée et ont trouvé un autre moyen de rentrer chez eux – le taxi, sans doute. C’est sûrement le cas du chômeur. Le vendeur s’est peut-être fait raccom- pagner par un camarade, mais le chômeur, lui, a presque certainement pris un taxi. Quand il vous reste trente dollars et que le montant du loyer c’est quatre-vingts, inutile d’économiser. Buvez jusqu’à l’ivresse et payez-vous un taxi pour rentrer. Si l’on doit toucher le fond, autant prendre plaisir à la chute. C’est quand il vous reste quatre-vingt-sept dollars et que le loyer s’élève à quatre-vingts qu’il faut se res- treindre.

Des gobelets en carton et d’autres déchets – jour- naux, emballages alimentaires – jonchent l’asphalte décoloré par le soleil. Un bref instant, une brise que l’on entend gémir chasse tous ces détritus en travers du macadam fendillé, réorganisant légèrement leur position avant de s’évanouir.

Et c’est alors qu’une jolie fille – une femme, à vrai dire, bien qu’elle ne se sente pas adulte – sort du bar, poussant la porte.

Elle se nomme Katrina – Katrina Marino –, mais presque tout le monde l’appelle Kat. Les seules per- sonnes qui l’appellent encore Katrina sont ses parents, à qui elle parle chaque samedi au téléphone. Ils vivent à près de six cent cinquante kilomètres, mais ça ne les empêche pas de lui taper sur les nerfs, oh non ! Quand vas-tu enfin te montrer raisonnable et quitter cette ville, Katrina ? C’est un dangereux cloaque. Quand vas-tu te trouver un jeune homme bien avec qui te mettre en couple, Katrina ? Une fille de ton âge ne devrait pas être célibataire. Tu es plus près de la trentaine que de tes vingt ans, tu sais. Bientôt, tu n’auras plus cette beauté encore fraîche qui permet de décrocher un homme bien, un docteur ou un avocat, et il faudra que tu te contentes de moins. Tu ne voudrais pas te résoudre à ça, n’est- ce pas, Katrina ?

 

 

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