Extrait

Dans l'enfer des foyers
de Lyes L.

Le 12/02/2015 à 06:06

Auteur : Lyes L.
Editeur : Flammarion
Genre : histoire faits de societe, temoignages contemporains, actualite
Date de parution :
ISBN : 9782081293748
Total pages :
Prix : 18 €
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Résumé du livre
« On ne sait pas quoi faire de nous. Alors on nous déplace sans cesse. Nous sommes des enfants de l’Aide sociale à l’enfance. Des parents, nous n’en avons pas. Ou cassés, hors-service parental. Normalement, l’État est cet ami qui nous veut du bien, nous donne des parents d’appoint pour remplacer les nôtres. Normalement, l’enjeu, c’est notre bonheur. Mais nous sommes des cas sociaux: dans notre monde, “normalement” n’existe pas. Nous ne sommes que des dossiers plus ou moins épais, du papier corrompu à chiffonner et à jeter. À force, nous devenons des bêtes sauvages. Moi, j’ai décidé de me battre, de faire mentir les statistiques, de m’en sortir. C’est cet itinéraire à travers la violence que j’ai voulu raconter, pour en montrer les issues de secours. »

 

Premier chapitre

 

 

 

 

 

 

Prologue

 

 

 

C’est comme ça. On ne choisit pas, on naît ici ou là. Et en fonction du « ici » ou du « là », on regrette ou pas. On a envie de hurler : « Eh, j’avais rien demandé » ou : « Merci, c’est pas mal. » Un cadeau ou un boulet, la vie varie selon.

On me dit souvent que je suis courageux. Ça devrait me faire plaisir, pourtant, je réponds invariablement : « Ce n’est pas comme si je pouvais faire autrement, moi, je marche ou je crève. » Se débrouiller, seul. Grandir en sachant que la vie m’attend avec un bâton et qu’elle me cognera le museau dès qu’elle en aura l’occasion. C’est facile de me toucher, je n’ai pas de refuge, aucune niche où aller me mettre en boule.

Je suis né sans toit. Je dépends de l’État, de cette république qui prône la liberté, l’égalité, la fraternité à certains, mais l’inverse à d’autres. Comme je n’ai pas de père, que ma mère a des problèmes psychiatriques, que le reste de ma famille ne veut pas de moi, je rentre dans le giron de l’administration. Jusque-là, tout va mal. Puis à partir de là, tout va mal. Encore plus mal.

La logique officielle, le discours ressassé : tout est fait pour mon bien.

Mais je ne suis pas dupe. Les droits de l’enfant, son intérêt, passent toujours après ceux des adultes. J’en ai rapidement pris conscience. Il suffit qu’un adulte trouve un enfant un peu gênant ou déstabilisant pour qu’il soit puni, qu’on l’arrache de là où on l’avait balancé, qu’on le recadre salement. Il suffit qu’il se permette le désespoir cinq minutes pour qu’on le latte gravement.

Bien sûr, c’est vicieux, ça ne peut pas s’arrêter. Plus on est agressé, plus on devient méchant. De toute façon, il faut se fortifier, savoir montrer les dents, se défendre contre l’adversité. Autrement elle va t’écraser, elle ressemble à une montagne.

 

On a bien essayé de me décourager, mais, finalement, je m’en suis sorti. J’ai même réussi à arriver jusqu’ici, à trouver la voie jusqu’à vous. J’ai eu de la chance et je l’ai saisie à pleines mains pour vous raconter mon histoire d’enfant placé, mon parcours de sans-famille au milieu des crachats des comme moi et des autres, sous le joug d’un État qui gère au pire, dans la maltraitance des adultes. Ce récit n’est pas une thérapie dont vous seriez le divan, car je n’ai jamais imaginé guérir de tout ça, mais une alerte sérieuse, un devoir de parler pour les autres.

On dit qu’un pays qui maltraite ses vieux condamne son avenir. Mais qu’en est-il alors d’un pays qui maltraite ses enfants ? Ce n’est pas son passé, déjà mort, qu’il met en péril, mais son âme.

On dit que les enfants doivent être placés quand les parents sont défaillants. Mais ces parents ne sont-ils pas toujours mieux que des inconnus défaillants ?

On dit que les adultes qui font des enfants savent ce qu’ils font. Pourquoi alors des parents sont-ils défaillants ?

 

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