Extrait

D'après une histoire vraie
de Delphine de Vigan

Le 19/04/2016 à 08:48

Auteur : Delphine de Vigan
Editeur : Lattes
Genre : litterature francaise romans nouvelles correspondance
Date de parution : 26/08/2015
ISBN : 9782709648523
Total pages : 486
Prix : 20 €
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ISBN : 9782709648813

Editeur : JC Lattès

Prix grand format : 9.99 €

 

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Résumé du livre
" Tu sais parfois, je me demande s'il n'y a pas quelqu'un qui prend possession de toi. "

Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu'un écrivain ne devrait jamais croiser. »Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s'aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction. Ce livre est aussi une plongée au cour d'une époque fascinée par le Vrai.

 

Premier chapitre

Séduction

 

 il avait l’impression d’être un personnage dont l’histoire n’était pas racontée comme des événements vrais, mais créée comme dans une fiction.

 

 

 

Je voudrais raconter comment L. est entrée dans ma vie, dans quelles circonstances, je voudrais décrire avec précision le contexte qui a permis à L. de pénétrer dans ma sphère privée et, avec patience, d’en prendre possession. Ce n’est pas si simple. Et au moment où j’écris cette phrase,comment L. est entrée dans ma vie, je mesure ce que l’expression revêt de pompeux, un rien survendu, la manière dont elle souligne une dramaturgie qui n’existe pas encore, cette volonté d’annoncer le tournant ou le rebondissement. Oui L. est entrée dans ma vie et l’a bouleversée en profondeur, lentement, sûrement, insidieusement. L. est entrée dans ma vie comme sur un plateau de théâtre, au beau milieu de la représentation, comme si un metteur en scène avait veillé à ce qu’autour tout s’estompe pour lui faire place, comme si l’entrée de L. avait été apprêtée pour en signifier l’importance, afin qu’à ce moment précis le spectateur, et les autres personnages présents sur scène (moi, en l’occurrence) ne regardent qu’elle, afin que tout, autour de nous, s’immobilise, et que sa voix porte jusqu’au fond de la salle, bref pour qu’elle fasse son petit effet.

Mais je vais trop vite.

J’ai rencontré L. à la fin du mois de mars. À la rentrée suivante, L. évoluait dans ma vie telle une amie de longue date, en terrain connu. À la rentrée suivante, nous avions déjà nos private jokes, une langue commune faite de sous-entendus et de double sens, des regards qui suffisaient à nous comprendre. Notre complicité se nourrissait de confidences partagées, mais aussi de non-dits et de commentaires silencieux. Avec le recul, et au vu de la violence qu’a revêtue plus tard notre relation, je pourrais être tentée de dire que L. est entrée dans ma vie par effraction, avec pour seul objectif l’annexion de mon territoire, mais ce serait faux.

L. est entrée en douceur, avec une infinie délicatesse, et j’ai passé avec elle des moments d’une étonnante complicité.

 

Dans l’après-midi qui a précédé notre rencontre, j’étais attendue pour une séance de dédicace au Salon du Livre de Paris. J’y avais retrouvé mon ami Olivier qui était l’invité d’une émission en direct sur le stand de Radio France. Je me suis mêlée au public pour l’écouter. Nous avons ensuite partagé un sandwich dans un recoin avec Rose, sa fille aînée, tous les trois assis sur la moquette usée du Salon. J’étais annoncée à 14 h 30 pour une signature, cela nous laissait peu de temps. Olivier n’a pas tardé à me dire que j’avais l’air épuisé, vraiment, il s’est inquiété de savoir comment je m’en sortais avec tout ça, tout ça désignant à la fois le fait d’avoir écrit un livre si personnel, si intime, et que ce livre rencontre un tel écho – écho que je n’avais pas envisagé une seconde, il le savait, et auquel, par conséquent, je n’étais pas préparée.

 

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