Extrait

Chemins de poussière rouge
de Jian Ma

Le 02/10/2014 à 20:16 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Jian Ma

J'Ai Lu

litterature asie (hors japon)

9782290075739

480

8.40 €

chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version poche

 

illustration

ISBN : 9782290075739

Editeur : J'Ai Lu

Prix grand format : 8.40 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN :

Editeur : J'ai Lu

Prix grand format : 6.99 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
Victime de la répression menée par les autorités chinoises sur les artistes dans les années 1980, Ma Jian a trente ans quand il décide de quitter Beijing. Au cours d’un périple de trois ans, il découvre un pays aux multiples facettes déchiré entre ses traditions et les effets de sa modernisation. Des plaines de l’extrême ouest au Tibet aux côtes du sud, l’artiste-aventurier livre une vision sans concession du pays qui l’a vu naître, mais dans lequel il n’est plus qu’un étranger. VO: RED DUST, A PATH THROUGH CHINA Couverture: © Design Pics / Plainpicture Les extraits du recueil de poèmes de Walt Whitman, Feuilles d’herbe, correspondent à la traduction de Jacques Darras, Éditions Gallimard, 2002. L’extrait du poème d’Allan Ginsberg, Howl, correspond à la traduction de Robert Cordier et Jean-Jacques Lebel, Éditions Christian Bourgois, 1977. Éditeur original: Chatto & Windus, 2001 © Ma Jian, 2001. Pour la traduction française: © Éditions J’ai lu, 2014

 

Premier chapitre

 

 

 

 

 

1

 

MURS ROUGES

 

 

 

53, passage Nanxiao

 

L’année dernière, au cours du printemps 1981, j’ai quitté, sur décision de mon unité de travail, le bâtiment-dortoir réservé au personnel pour emménager dans une petite maison près du passage Nanxiao, au numéro 53. Elle est coincée entre la onzième et la douzième rue de Dongsi, dans le quartier est de Beijing, à une centaine de mètres de l’ancienne résidence de Liang Qichao, l’un des membres du mouvement réformiste de 1898, dont les appels à la modernisation mirent l’impératrice Cixi dans une telle rage qu’il dut s’enfuir du pays et passer quatorze ans en exil. Près de sa porte, un vieux caroubier a poussé en vrille dans un minuscule espace entre un mur et un poteau télégraphique. Le passage Nanxiao s’étend sur une vingtaine de mètres depuis ma maison jusqu’à une impasse étroite et est juste assez large pour permettre à deux bus de se croiser sans se toucher. À huit heures du matin et quatre heures de l’après-midi, le passage est noir de monde. Plus personne n’avance.

De mon canapé, j’entends les bus s’arrêter. Une receveuse cogne contre une vitre et crie : « Attendez le prochain si vous pouvez pas entrer ! Hé, toi avec la montre en or ! Oui, toi ! Ton ticket ? C’est ça, sale prétentieux ! Prends un taxi si t’as le bras si long. Salaud !… »

La maison est entourée sur trois côtés d’immeubles de brique rouge. Si les fenêtres des cuisines sont ouvertes, coquilles d’œufs, feuilles de chou et sacs en plastique tombent sur mon toit avant de rouler dans la cour. Une fois, j’ai même eu droit à une assiette de rognons frits. Quelqu’un, là-haut, avait dû sentir qu’ils n’étaient plus frais et vouloir que je m’en charge. Quand je suspends mes vêtements pour les faire sécher, les pigeons du troisième étage les éclaboussent de fiente.

La cour fait à peine deux mètres carrés. À l’automne, les branches et les brindilles du caroubier s’y amassent. En été, les écorces de pastèques et les boîtes de glace vides, jetées des étages supérieurs, attirent des nuées de mouches et de moustiques. Je préfère alors rester à l’intérieur. L’hiver est ma saison préférée car mes voisins vivent les fenêtres fermées. Quand la neige tombe, je retrouve dans ma misérable petite maison les charmes du vieux Beijing.

Je peins, j’écris, je dors dans cette maison. Ma femme et ma fille vivent toujours dans mon ancien appartement du complexe pétrochimique de Yanshan, à deux heures de bus de là. J’ai été pendant quatre ans le photographe publicitaire de l’usine et ma femme dansait dans la troupe officielle. Puis, il y a trois ans, j’ai remporté un concours national de photographie et j’ai été muté à Beijing pour travailler au Département de la propagande étrangère de la fédération des syndicats de toute la Chine. Je suis tellement pris par mon travail que j’ai rarement l’occasion de retourner à Yanshan.

 

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

critiques

critiques En territoire Auriaba, 4ème roman de Jérôme Lafargue

critiques "La peinture est une chose intellectuelle"

critiques Don Quichotte par Rob Davis : Cervantès plus vivant que jamais

critiques Kierkegaard et la sirène

Suivez-nous

 

Désinscription

16

1

chemins-de-poussiere-rouge-jian-ma

4880