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Charles VII, 1422-1461 ; père de Louis XI
de Georges Bordonove

Le 06/01/2015 à 09:05 - 0 commentaire

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Résumé du livre
Ecarté illégalement de la succession au trône par le traité de Troyes en 1420, Charles VII, renié par sa mère, Isabeau de Bavière, et fils d'un roi fou, Charles VI, contesté par la moitié de la France, raillé par ses adversaires, parvient à chasser els Anglais de son royaume et à terminer la guerre de Cent Ans. Il rabat l'orgueil des féodaux, réforme l'armée, la justice, les finances et l'administration, en dépit des complots et des trahisons. des noms prestigieux traversent son règne digne de Shakespeare: Jeanne d'Ar, Dunois, Jacques Cœur, Agnès Sorel. De son royaume il fait un Etatet, de son peuple déchiré par la querelle des Armagnacs et des Bourguignons, une nation. Tout cela eût-il été possible sans la fascinante épopée de Jeanne d'Arc?

 

Premier chapitre

 

 

 

 

 

 

L'UNIVERSELLE ARAGNE

 

 

C'est un spectacle captivant que celui d'une araignée des champs tissant sa toile. Elle choisit son terrain de chasse avec soin. Tout montre en ce choix l'intelligence, le calcul, une sorte de génie instinctif. C'est un lieu de passage entre deux branchettes ou deux tiges. Ici l'impalpable brise fait son cours. À l'ombre des feuillages, la toile étire bientôt ses rayons concentriques, si ténus qu'ils sont à peine visibles, hormis dans la lumière de l'aube, alors que la rosée alourdit de ses perles les fils légers. L'éclat du jour l'efface. La brume du soir l'ensevelit dans son mystère. Que le vent s'élève, elle résiste à ses secousses. La pluie ne parvient pas à disjoindre cette architecture savante, comble de flexibilité et de robustesse ! Embusqué à l'un des sommets, sous le couvert d'une feuille, le maître d'œuvre attend. C'est l'araignée, monstre d'habileté, de patience. Les pattes repliées, elle semble dormir, mais reste toujours en alerte. Qu'un insecte vienne heurter le piège, elle le laisse se débattre, s'empêtrer dans les fils, se ligoter lui-même. Soudain elle se dresse, fond sur sa proie et l'achève.

Ce n'est point par hasard que j'évoque à propos de Louis XI cette image de l'araignée des champs. Certes, en son temps, deux partisans du duc de Bourgogne, Molinet et Chastellain, le surnommèrent « l'aragne » (l'araignée), « l'universelle aragne ». Mais, surtout, le duel à mort entre Louis XI et Charles le Téméraire rappelle étrangement celui de l'araignée et de l'insecte. Le Téméraire fut ce bourdon de velours noir qui, abusé par sa force et par sa splendeur, pique résolument vers la toile de l'araignée. Il en rompt les fils, une fois, deux, fois, ou plus. L'inlassable araignée répare les dégâts, elle renforce les parties faibles et reprend son guet. À la fin, le bourdon s'empêtre et succombe.

Il n'est pas jusqu'à la grisaille même de l'araignée qui ne rappelle ce roi sans majesté, ficelé dans un méchant habit de chasse, d'autant plus redoutable qu'il s'applique à passer inaperçu, à paraître anodin. Mais, comme lui, l'araignée réserve des surprises à l'observateur attentif. Quand on regarde sa petite masse disgracieuse à travers une forte loupe, alors apparaissent des couleurs invisibles à l'œil nu, un ensemble de teintes harmonieuses et subtiles, telles que la nature excelle à les agencer. Le travail de l'historien ressemble à celui de l'entomologiste. En tout cas, pour restituer les vraies couleurs de Louis XI, il ne faut certes pas moins d'obstination !

Il est en effet à part dans la galerie de nos rois. Il ne s'inscrit nullement dans la tradition de ses devanciers, si l'on s'en tient aux apparences. Son vêtement, son comportement, sa façon de vivre, son langage quotidien, ses méthodes de gouvernement lui appartiennent en propre. De nos jours, on dirait de lui : « C'est un original ! » avec ce que ce qualificatif suggère de réserve et d'admiration rentrée. Est-il donc surprenant que la postérité ne l'ait pas traité selon son mérite ? Il reste, pour le plus grand nombre, le triste sire de Plessis-les-Tours, avec ses cages de fer et son verger de pendus, le faux dévot qui décorait son chapeau de médailles de plomb, le maître fourbe flanqué de ses hommes de main : Olivier le Daim, son barbier-confident, Tristan l'Hermite, son bourreau, bref un implacable tyran. Qu'il ait abattu la puissance bourguignonne, annihilé l'ambition du Téméraire de créer un royaume lotharingien aux dépens de la France, voire de coiffer la couronne impériale, on l'a oublié. Il en est de même de la restructuration de l'État, des réformes, des novations en une infinité de domaines, et du redressement économique. Des générations d'historiens n'ont retenu de Louis XI que son aspect négatif, sauf exceptions. À croire qu'ils puisèrent leur inspiration dans le célèbre Quentin Durward de Walter Scott, où l'on voit une sorte de roi-marchand, véritable incarnation de Méphistophélès, évoluer dans un décor néo-gothique. Bien entendu, le décor est aussi faux que le personnage. Le manoir de Plessis-les-Tours n'était point la prison-forteresse que décrit si complaisamment Scott, mais une agréable demeure de campagne annonçant déjà la Renaissance. Quant à Louis XI, si son machiavélisme est évident, sa cruauté n'excède certainement pas celle des princes de son temps. Elle ne s'exerçait d'ailleurs qu'à l'encontre des traîtres, le plus souvent récidivistes. Louis XI était au contraire indulgent envers les faibles et les humbles. Mais on a pris pour argent comptant les ragots, les calomnies, les attaques fielleuses des Bourguignons. Charles le Téméraire lança contre son rival une véritable campagne d'intoxication. Avant la guerre du Bien public (1465), alors que Louis régnait depuis à peine quatre ans, les poètes Chastellain et Meschinot écrivaient :

 

 

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