Extrait

Cartographie des nuages
de David Mitchell

Le 23/08/2016 à 16:25 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version grand format

 

illustration

ISBN : 9782879294858

Editeur : Editions De L'Olivier

Prix grand format : 24 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN : 9782823603002

Editeur : Olivier (Editions de l')

Prix grand format : 8.99 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
Adam Ewing est un homme de loi américain, embarqué à bord d’une goélette partie de Nouvelle-Zélande et faisant route vers San Francisco, sa ville natale. Il n’a rien à voir avec Robert Frobisher, lequel, un siècle plus tard, se met au service d’un compositeur génial pour échapper à ses créanciers. Ni l’un ni l’autre ne peuvent connaître Luisa Rey, une journaliste d’investigation sur la piste d’un complot nucléaire, dans la Californie des années 70. Ou Sonmi~451, un clone condamné à mort par un État situé dans le futur.Pourtant, si l’espace et le temps les séparent, tous ces êtres participent d’un destin commun, dont la signification se révèle peu à peu. Chaque vie est l’écho d’une autre et revient sans cesse, telle une phrase musicale qui se répéterait au fil d’innombrables variations. Comme Écrits fantômes (2004), Cartographie des nuages invite le lecteur à plonger dans un des univers romanesques les plus singuliers du XXIe siècle.
Traduction Manuel Berri

 

Premier chapitre

À Hana et ses grands-parents

 


Journal de la traversée du Pacifique d’Adam Ewing

 

Jeudi 7 novembre

Derrière le hameau indien, sur un rivage délaissé, je découvris une piste d’empreintes encore fraîches. Passé le varech en décomposition, les noix de coco de mer et les bambous, ces traces me conduisirent à leur auteur, un Blanc, pantalon et queue-de-pie retroussés, chapka démesurée et barbe bien taillée, tant affairé à creuser et fouiller le sable cendreux à la petite cuillère qu’il remarqua ma présence seulement lorsque, arrivé à vingt pas de lui, je l’eus hélé. Ainsi fis-je la connaissance du Dr Henry Goose, chirurgien de l’aristocratie londonienne. Sa nationalité ne me surprit guère. S’il est un nid d’aigle à l’abandon ou un îlot lointain exempt d’Anglais, il ne figure sur aucune carte qu’il m’ait été permis de consulter.
Le docteur avait-il égaré quelque chose sur ce sinistre rivage ? Pouvais-je lui offrir mon aide ? Le Dr Goose hocha la tête, dénoua son mouchoir et m’en présenta fièrement le contenu. « Les dents, monsieur, sont le Graal émaillé de ma quête. Autrefois cette grève d’Arcadie accueillait des festins cannibales, ripailles durant lesquelles les forts se gorgeaient des faibles. Les dents, ils les recrachaient, comme vous et moi nous débarrasserions de noyaux de cerises. Mais sachez, monsieur, que ces molaires seront changées en or, et comment ? Il est un artisan à Piccadilly qui confectionne des dentiers destinés à la noblesse et qui rachète ces bruxomanes humaines à bon prix. Savez-vous ce qu’en vaut un quart de livre, monsieur ? »
Non, avouai-je.
« Souffrez que je n’éclaire point votre lanterne, monsieur, car il s’agit là d’un secret professionnel ! » Il se tapota le nez. « Monsieur Ewing, connaissez-vous la marquise Grace de Mayfair ? Non ? Dieu vous préserve de ce cadavre en jupons. Cinq années se sont écoulées depuis le jour où cette harpie a souillé mon nom d’imputations me valant le bannissement de la bonne société. » Le Dr Goose scrutait l’horizon marin. « Mes pérégrinations ont débuté en ces sombres heures. »
Je compatis tout haut à son désarroi.
« Merci, monsieur, vraiment, mais ces morceaux d’ivoire » – il secoua son mouchoir – « seront mes rédempteurs. Permettez-moi de m’expliquer. La marquise porte quelque dentier façonné par le docteur susdit. Lors des prochaines festivités de Noël, tandis que cette guenon parfumée se pavanera aux réceptions de ses ambassadeurs, moi, le Dr Henry Goose, je me lèverai et annoncerai à tout un chacun que notre hôtesse mastique grâce à des dents de cannibale ! Sir Hubert, bien entendu, relèvera l’affront : “Fournissez vos preuves, grognera le vieil ours, ou bien j’exige d’obtenir réparation !” Je répondrai alors : “Des preuves, sir Hubert ? Apprenez que j’ai moi-même rapporté des crachoirs du Pacifique Sud les dents de votre mère ! Tenez, monsieur, en voici quelques cousines !” Et je jetterai ces mêmes dents dans la soupière en écaille de tortue : voici, monsieur, comment moi, j’obtiendrai réparation. Les gazetiers à la langue bien pendue ne manqueront pas d’échauder la glaciale marquise et, dès l’année suivante, elle s’estimera heureuse si on l’invite à un bal pour indigents ! »
En hâte, je pris congé de Henry Goose. Un pensionnaire du Bedlam, sans doute.
Vendredi 8 novembre

 

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

critiques

critiques En territoire Auriaba, 4ème roman de Jérôme Lafargue

critiques "La peinture est une chose intellectuelle"

critiques Don Quichotte par Rob Davis : Cervantès plus vivant que jamais

critiques Kierkegaard et la sirène

Suivez-nous

 

Désinscription

16

1

cartographie-des-nuages-david-mitchell

6283