Extrait

Calypso de nuit
de Lawrence Scott

Le 10/03/2013 à 17:20 - 0 commentaire

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Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Lawrence Scott

Sabine Wespieser

romans et fiction romanesque

02/06/2005

9782848050355

29.40 €

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ISBN : 9782848050355

Editeur : Sabine Wespieser

Prix grand format : 29.40 €

 

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Résumé du livre
L'intrigue de Calypso de nuit commence en 1938 dans une léproserie située sur l'île de El Caracol, au large des côtes de l'île de la Trinité. Le roman tourne autour de trois personnages confrontés à la difficulté de leur situation présente, mais aussi aux rumeurs de la guerre à l'autre bout du monde et à leur propre passé.rnLe Dr Vincent Métivier, descendant d'une famille créole française, vient de prendre en charge la léproserie. Il est assisté par Soeur Thérèse, de son vrai nom Madeleine Weil, jeune infirmière entrée dans les ordres et appartenant à la congrégation présente sur l'île. Et il recueille bientôt le jeune Théo, enfant créole traumatisé par son passé.rnAu coeur du roman, les cauchemars du jeune garçon, muet le jour et agité par un étrange calypso nocturne, où il livre par bribes, prenant tour à tour les voix des différents protagonistes de son passé, son enfance abusée. Se profile derrière son histoire le contexte social difficile, sur fond de lutte entre riches propriétaires et peuple exploité.rnLe Dr Métivier est ramené par Théo à sa propre jeunesse et à ses propres culpabilités, alors qu'il vit avec Thérèse une histoire d'amour dramatisée par le secret mais aussi par la montée du nationalisme dans l'île. Thérèse, quant à elle, attend des nouvelles de son père, communiste juif resté en Europe.rnLawrence Scott, à travers ces trois personnages mais aussi toute la communauté réunie autour de la léproserie, parvient à construire une saga romanesque qui court jusqu'à la fin de la guerre. Le livre est traversé par sa compassion pour la condition des noirs dans les Caraïbes et par son déchirement entre dogme religieux, incarné par la Mère supérieure du couvent, et morale personnelle, que tente d'imposer Métivier en médecin progressiste.rnCalypso de nuit est un formidable roman polyphonique, portrait réussi d'un microcosme déchiré par les passions et les événements historiques proches ou lointains.

 

Premier chapitre

ENTREZ.

IGUANES ET ORCHIDÉES

Ce sont les histoires dont je me souviens, le récit des histoires.

Oui.

Sur le chemin du retour, j’étais tombé dessus par hasard, presque dans l’état où on l’avait laissé. Arrachées de leurs gonds, les portes pendaient sur les côtés. Le vent faisait claquer les fenêtres. Le feu avait épargné quelques bâtiments. Les jalousies effondrées laissaient passer la lumière. Des bris de verre sur le sol. Les intempéries s’étaient invitées dans les pièces et avaient corrompu les dossiers qui, humides et moisis, se laissaient recou- vrir sur les bureaux et dans les tiroirs par la poussière des termites. La pluie et la lumière avaient fait le reste. Une couche de sel collant et granuleux envahissait les appuis des fenêtres et les tables. Des placards renfermaient encore des bouteilles et des fioles de médicaments. On avait renversé leur contenu ou bien il s’était évaporé. D’autres étaient intactes, blafardes mais munies de leur étiquette. Huile de chaulmoogra. On avait vandalisé des classeurs épars, sur le sol, arraché et jeté par terre leur contenu. 

Les seringues s’étaient transformées en poussière de verre. Elle crissait sous mes pieds sur le plancher en pin. 

Était-ce la conséquence de l’exode, ou tout cela était-il advenu après coup ? Un peu des deux, je pense, d’après ce que je vis dans les bureaux et les réserves. 

Des fragments de bandages, comme le duvet des kapokiers dehors, pendaient poussiéreux dans l’air fétide.

Des nuées de moustiques vrombissaient comme des violons discordants. 

Dans les pavillons de soin, les lits en fer étaient chamboulés, certains n’avaient plus leurs ressorts, leurs étais et leurs pieds s’effondraient. La fibre des matelas éventrés pourrissait, trem- pée. Les plumes des coussins crevés tremblaient sous la brise, en suspension dans la lumière. Bien que les lieux fussent totalement exposés aux éléments, un remugle d’hôpital persistait derrière les effluves de la ruine. Des excréments maculaient les murs. Il flottait une odeur d’urine nauséabonde. 

Dans certains coins, rôdait encore cette autre odeur, insidieuse. 

Deux iguanes se faufilèrent à toute allure dans les feuilles mortes au pied du badamier. Les branches épineuses de la sensi- tive, la Ti-Marie, rampaient vers la porte et ses feuilles se refer- maient quand nous les frôlions sur notre passage. 

La brousse avait gagné du terrain sur ce qui avait dû être des parcelles entretenues autour des cases. Les lianes corail, roses, grimpaient sur des clôtures en fer rouillé qui tombaient en morceaux. Je vis de la vaisselle brisée, des poêles et des casseroles rouillées. Les jardins étaient devenus sauvages, mais leurs bougainvillées violets, rouges et orange, et les calices de l’allamanda jaune resplendissaient toujours, surchargeant l’émail de la brousse vert jade. 

Des papillons voltigeaient et s’agrippaient aux fleurs sauvages. Le jardin bourdonnait d’insectes. Ça chantait, le chant des cigales, cet incessant bruit de scie strident. Ça bruissait et ça grinçait. Dans la brise, ça grattait sur les toits en tôle galvanisée à la rouille saignante. 

 

 

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