Extrait

Black cocaïne
de Guillaume Laurent

Le 23/12/2013 à 19:31

Auteur : Guillaume Laurent
Editeur : Denoel
Genre : policier & thriller (format poche)
Date de parution : 08/11/2013
ISBN : 9782207114926
Total pages : 256
Prix : 17 €
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Editeur : Editions Denoël

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Résumé du livre
'Au Mali, tout est possible et rien n’est certain', ainsi parle Solo, ce Franco-Malien recherché par la police française qui a laissé derrière lui un passé obscur pour recommencer une nouvelle vie sur le continent noir. Ancien des stups respecté de la profession, Solo est devenu à Bamako un détective privé populaire. Même si les souvenirs douloureux le hantent souvent, Solo les noie avec application dans l’alcool. Jusqu’au jour où une belle avocate française l’engage pour faire libérer sa sœur arrêtée à l’aéroport avec de la cocaïne. Un dossier en apparence simple pour Solo, mais cette banale histoire de mule va prendre une tournure inquiétante. Ses vieux démons réveillés, l’ex-flic se lance dans cette affaire dangereuse, entre tradition et corruption, avec la détermination de celui qui n'a rien à perdre.

 

Premier chapitre

 

 

Prologue

 

 

Lyon, le passé

 

Elle est là, carcasse inerte gisant sur le pont hydraulique de ce garage clandestin de la banlieue lyonnaise ; un monstre de métal et de plastique aux flancs lourds et au moteur trafiqué. Parfait pour les Go Fast. « Ils » auraient dû rabattre la porte basculante, mais la température caniculaire les en a découragés.

C’est une erreur.

Il vaut mieux transpirer que saigner.

Je consulte ma montre, il ne me reste que peu de temps avant que les autres arrivent avec leurs gyrophares, leurs sirènes hurlantes et tout le bordel. Je passe la main par-dessus le portail, soulève le loquet et pousse le battant le plus silencieusement possible. Ça grince à peine. À l’allée de gravier, je préfère le bas-côté en terre. Plus discret. Partout sur le terrain devant le pavillon transformé en atelier de mécanique, des carcasses abandonnées de bagnoles pourrissent, l’huile de vidange et l’acide de batterie suintant de leurs entrailles, faisant des trous dans la mauvaise herbe. « Ils » sont là et « ils » n’ont rien entendu, occupés qu’ils sont à démonter le capot de la voiture. La calandre et le pare-chocs avant ont déjà été déposés.

Le molosse, lui, m’a repéré. C’est un bâtard de rottweiler, le poitrail large et musclé. Sa robe noir et fauve est constellée de cicatrices dont certaines sont récentes. « Ils » doivent le faire combattre dans les caves clandestines des cités avoisinantes.

Par chance, il est à l’attache, une chaîne à gros maillons enserrée dans le châssis rouillé d’une Renault 11. Il bondit sur ses pattes, ses babines se retroussent, dévoilant un véritable piège à loup de crocs jaunâtres.

Un grondement sourd, caverneux.

J’avance tout doucement, pas à pas, en portant à mes lèvres un index dérisoire.

« Chut ! » je souffle tout en sachant combien je suis pathétique. Le chien tourne sa grosse tête vers ses maîtres. Comme « ils » ne réagissent pas, le monstre se met à aboyer. « Ils » lèvent enfin la tête et me repèrent instantanément. Je me fige. « Ils » échangent un regard et sortent du garage en jetant des coups d’œil inquiets aux alentours. Normal vu ce qui se trouve sur le pont. Eddy le géant essuie nerveusement ses grosses pognes pleines de cambouis sur un chiffon. Steve, le gringalet, s’approche du fauve qui aboie de plus belle, l’écume à la gueule. Le chien bondit vers moi, les yeux fous. La chaîne se tend, prête à rompre, et le squelette de la voiture tressaute à chaque impulsion.

— Qui t’es, le négro ? demande Steve.

— Tu vois pas que c’est un Schmidt, bordel ! beugle Eddy.

— Si c’est un Schmidt, pourquoi il est seul ?

Perplexe, le mastard reste sans voix. Un petit sourire ravi sur ses traits cauteleux, Steve entreprend de défaire le mousqueton qui retient le monstre.

— Allez, Panzer, c’est l’heure de la croûte.

Je n’ai pas peur, je sais ce que j’ai à faire. D’un geste souple, j’écarte le pan de ma veste et pose la main sur la crosse de mon arme. Le molosse soudain libéré se rue sur moi en grondant. Les deux frères hurlent de joie, encourageant le monstre à bouffer du nègre. Je dégaine en me disant que jamais je n’arriverai à atteindre une cible se déplaçant à une telle vitesse. Pourtant, la première balle touche le rottweiler à la poitrine, la seconde en pleine tête. Jamais, même lorsque j’étais à la BRI1, je n’aurais réussi un tel coup. Je me dis que c’est la main de Dieu, mais je ne crois plus en Dieu… plus depuis ce matin. Le monstre vient rouler jusqu’à mes pieds, les yeux vitreux et la langue pendante, refroidissant déjà.

 

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