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Balade de Mozart, Beethoven et Schubert dans le Jardin de Napoléon
de Chorfi, Mo

Le 07/01/2015 à 16:29 - 0 commentaire

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ISBN : 9782312008202

Editeur : Editions Du Net

Prix grand format : 13 €

 

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Résumé du livre
Ce roman se veut une réflexion sur la création musicale, ainsi qu'une méditation sur l'amour et sur le pouvoir à travers les aléas du temps et de l'histoire.
La confrontation de ces trois compositeurs se fait sur fond de rire, de pleur, de nostalgie, de remise en question, de descente aux enfers (la Jeune fille et la mort de Schubert), de remontée au paradis (la Flûte enchantée de Mozart), de reconquête de soi et des autres (la Cinquième symphonie de Beethoven et le Don Giovanni de Mozart) avec ce que cela suppose comme rendez-vous avec l'éternité et avec la mort.

 

Premier chapitre

I

 

Ludwig avait mal à la tête ce soir. D’habitude, lorsqu’il a mal quelque part, il se met au piano, compose un concerto ou une sonate. Son mal s’atténue puis disparaît. Il se sent beaucoup mieux, alors il sort dans le jardin et scrute le ciel dégagé, regarde les étoiles, cherche la sienne, celle qui préside à son destin de compositeur. Il a opté pour l’étoile polaire, la plus prestigieuse de toutes. Il aurait voulu qu’elle soit moins éloignée et plus proche, qu’il puisse l’interroger sur ce que les siècles futurs réservent à sa musique.

Il finit toujours par les compter toutes et, lorsqu’il arrive à cent, il s’arrête. Les étoiles sont ses moutons, elles l’aident à s’endormir. Il rentre chez lui, referme la porte, va au lit et se laisse aller au sommeil qui ne tarde pas à venir.

Mais ce soir, son mal de tête le fit particulièrement souffrir en plus, il n’avait pas envie de se mettre au piano. Il avait peur de composer une musique trop triste, mal au point, une musique qui ne lui ressemble guère et qu’il finirait par jeter à la poubelle.

 

Il prit un médicament contre le mal de tête et alla droit au lit sans passer par le jardin et sans compter ses chères étoiles. Tous les rêves et les cauchemars se bousculèrent dans son esprit au point de constituer une ruche bourdonnante.

D’abord, il se vit enfant, attendant la visite de sa mère pour le border et lui raconter une histoire de fée prélude à de doux rêves. Mais c’est son père qui vint et qui, d’emblée, lui intima l’ordre de dormir afin de s’adonner le lendemain à l’abattage des arbres dans la forêt, et surtout de ne pas faire de rêves érotiques qui l’affaibliraient et le rendraient inapte au travail.

Son père disparut soudain non sans l’avoir auparavant menacé de punition s’il ne s’acquittait pas comme il faut de la tâche qui l’attendait, et quoi d’autre comme punition que de le priver de piano et de l’empêcher de composer. Sans crier gare, comme cela arrive dans les rêves, on passe d’un événement à l’autre sans la moindre connexion. Ludwig se retrouva au balcon de l’Opernhaus de Vienne en train de regarder La Flûte enchantée de Mozart déployer ses fastes et ses magies. Il était désolé à l’idée que son Fidélio ne fasse pas le poids devant la Flûte. « J’aurais dû en faire une comédie, » se dit-il. « Décidément, je n’ai pas le sens du comique et du dérisoire. Je ferais mieux de ne plus composer d’opéras. »

Pamina apparut telle une fée. Elle parcourut la scène dans tous les sens à la recherche de Tamino. Ce fut pour Ludwig un enchantement des sens. Soudain, l’acte prit fin avec son chant à elle, un chant de mélodie et de transhumance. Le rideau tomba et le public applaudit à tout rompre.

Ludwig se leva, quitta le balcon pour aller rendre visite à Pamina dans sa loge. Il traversa un long couloir circulaire, frappa à sa porte entra. Il n’y avait personne, mais un billet indiquait qu’elle était dans le jardin, qu’elle humait l’air frais et s’imprégnait d’étoiles pour être mieux à même d’attaquer le prochain acte.

 

 

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