Extrait

Babylone Express
de Mathilde-Marie de Malfilâtre

Le 20/08/2018 à 08:00

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ISBN : 9782842639532

Editeur : Le Dilettante

Prix grand format : 8.99 €

 

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Résumé du livre
Sang chaud et verve drue ne sauraient mentir, et cette Malfilâtre-là, Mathilde-Marie, un prénom d’archiduchesse, rend des points à son lyrique ancêtre, Jacques-Louis, douloureux poète des Lumières. Luna, l’héroïne du roman, la neuve, l’unique, le feu à la fente et la joie au cœur , pitbullise sa vie jusqu’au sang, racle l’os et avale tout sans trembler. En témoigne ce Babylone Express qui entre au catalogue du Dilettante avec des entrechats de voiture-bélier et des vocalises de lance-flammes. Quelque part entre Burroughs et Grisélidis Réal. Rita Renoir en plein vaudou. Les choses avaient pourtant dignement commencé : madrée lieutenante de la gendarmerie nationale vouée à l’observation des éco-terroristes, elle affiche 1,73 m d’efficacité galonnée et 59 kg de pugnacité opérationnelle. Un modèle. Mais voilà qu’elle se découvre et un cœur de chevaucheuse de dragons et des appétits d’ogresse. Apocalypse XXL. Le dragon, en l’occurrence, se nomme Marco, dealer aristocratique et maquisard végan. Remisé l’uniforme, posées les épaulettes, s’enclenche alors une phénoménale partie de chaloupée cosmique. La bête à deux dos ricoche aux quatre coins de l’Europe. Des bars à beuh de Marrakech aux boîtes à partouzes de Berlin, des chevaliers du taste-shit aux keupons saumâtres, rien de ce qui fait étincelle ne leur est étranger. Nos tourtereaux dealent, draguent, dansent, se dopent, dévissent et se damnent avec une abyssale fringale de déglingue et un talent instinctif pour les soubresautantes extases lysergiques. Peu importe comment tout cela finit, passé certaines limites parler de ticket n’est plus tenable. Reste un livre ivre, crépitant et suicidaire, une tonique aubade aux vertiges toxiques. À s’injecter cul-sec. Merci jeune fille !

 

Premier chapitre

À mon aïeul, le poète maudit Jacques-Louis Clinchamps de Malfilâtre

 

 

CHAPITRE 1

 

L’absolue relativité

 

 

Avril 2013, caserne Babylone, Paris

 


« Je suis sous LSD. J’écris sous LSD. Je vois mon psychisme sortir de moi. Des spirales et des volutes. La vérité sort de la bouche de l’artiste, lorsqu’il est à même de voir sa réalité. La folie et le génie semblent opposés mais sont une seule et même substance.

J’ai la sensation de mon corps, de manière accrue. J’ai des frissons dans la main en écrivant. Ah, l’ergot de seigle. Je pense au nirvana. Et je sens alors ma conscience se fondre dans le grand moi de l’Univers, rejoindre l’âme du monde, où tout n’est plus qu’un.

Je pense à l’Homme. Pauvre petite particule subatomique que nous sommes. Puis je pense à l’homme, à celui qui m’a révélé ma propre liberté et la puissance de l’amour auquel je n’osais croire. Introspection spirituelle, sous trip, je le laisse regarder en moi. Je me sens de vitre, et j’ai l’impression de voir au travers de lui. Nos mille visages se regardent dans les yeux. Il dit que nos âmes sont unies et que l’on ne veut pas savoir comment cela sera après, après la mort, la fin des temps, on s’en balance. Nous, c’est l’amour, tout de suite. L’instant présent, toujours. Nous échangeons alors des baisers cosmiques. Frissons. Acide lysergique 5, mon Amour.

8 h 14. Y a plus de papier. Plus rien à fumer. J’ai des marques de doigts sur les fesses. On a grillé tellement de splifs que l’alarme antifumée de la caserne se met à sonner. Merde. Coup de flip, y a cinq cents keufs au mètre carré par ici. On s’habille fissa et on joue à monsieur et madame Tout-le-monde, en train de déjeuner tranquillement au diéthylamide 25. Par un joli dimanche matin de printemps. Je m’attends à voir la maison Poulaga débouler à tout moment. Mais rien. La volaille environnante reste de marbre.

Quand il met la musique, c’est orgasmique. Ma main écrit toute seule. Je suis stone. Le monde est stone. Je ne sais plus ce que je dis. Pas grave. Mon esprit a définitivement lâché prise pour basculer dans le Zion. Je me cambre sous l’effet de la mycotoxine hallucinatoire. Mon bras se contracte, terrassé par les bouffées de plaisir aigu. Attention. C’est puissant l’acide, tu peux pas tricher.

Lui, l’artiste, il est photographe. Je suis son modèle, sa créature façonnée par le flash de ses photos. Flash psychédélique. Lumière. Mon esprit s’ouvre comme une fleur, et je sombre dans mille galaxies ioniques. »

 

Le lendemain matin, je me réveille. Je suis une jeune fille de bonne famille. Aïe. J’ai la migraine. Lui, mon copain, il s’appelle Marco von Z. Samedi X, à 23 h 47, j’ai vu son vrai visage. Boule à facettes. J’ai besoin de la musique. Merde. Le LSD m’a cassé la tête. En plein voyage psyché avec lui, j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai compati, j’ai rêvé quant à voir le prisme de nos vies. Tristes. Bouleversantes. Belles. J’ai vu ce qu’on est, ce que l’on n’est pas. Les mille possibles de nos êtres. Marc est italien. Il a vécu douze ans à Marrakech, moi, je l’ai croisé par hasard en voyage, le garçon, alors qu’il créchait dans un riad sur une plage, quelque part entre Tanger et Nouakchott. Il était exilé là-bas depuis quelques mois. Il avait trente-cinq ans. Il était maigre, pauvre, sale et beau comme un dieu. On s’est rencontrés le 21.12.2012. Le jour de la fin du monde. C’était un signe.

 

 

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