Extrait

Au jardin des fugitifs
de Ceridwen Dovey

Le 28/01/2019 à 08:41 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Ceridwen Dovey

Heloise D'Ormesson

24/01/2019

9782350874685

382

15,99 €

chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version grand format

 

illustration

ISBN : 9782350874685

Editeur : Heloise D'Ormesson

Prix grand format : 15,99 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN : 9782350874692

Editeur : Héloïse d'Ormesson

Prix grand format : 12.99 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
Vita n'a jamais réussi à apprivoiser la culpabilité qui la ronge, celle d'être une Sud-Africaine blanche expatriée à l'heure de la déségrégation. Royce, 70 ans, est hanté par les fantômes de Pompéi, et parmi eux, celui de l'amour de sa vie, Kitty.
Près de vingt ans après lui avoir interdit de la contacter, Vita reçoit un mèl de son ancien mécène, Royce, dont elle était la protégée. Ce dernier, mourant, lui propose de repasser ensemble le film de leur existence, pour affronter leur passé et les dangereux silences qui semblent les avoir condamnés à la solitude. La fuite n'est plus possible.

Au Jardin des fugitifs est un roman épistolaire magistral où la relation trouble des deux personnages ne cesse de faire basculer le rapport de force. En acceptant de se délester l'un l'autre de leur passé, Royce et Vita construisent pas à pas le récit de leur vie brisée et de leurs rêves avortés. Ceridwen Dovey s'installe dans les cavités souterraines du psychisme humain et sonde la duplicité du désir.

traduction Josée Kamoun

 

Premier chapitre

Et, comme le savent les amoureux des volcans, un changement radical vaut toujours le coup d’œil.

Inga Clendinnen

 

 

Notre histoire étant ce qu’elle est, Vita, j’ai bien conscience que tu pourrais choisir de ne pas lire ces lignes. Je viens d’avoir soixante-dix ans en mai, même si tu n’en as sans doute que faire. Or cette année bissextile (soit, pour les Romains, MMXX) attendue de si longue date n’a pas été pour moi messagère de bonnes nouvelles. Pendant que le reste du monde avance bravement vers son avenir, je croupis dans la maladie et dans ma nostalgie personnelle, comme il est courant à ce stade de la vie – on me l’avait toujours dit. Ce qui me prend de court, c’est mon lâche besoin d’absolution. Plus que jamais, mes pensées vont vers Kitty et vers toi. Moi qui n’ai pas de religion, me voici contraint d’en emprunter les pratiques et c’est un suppliant qui s’adresse à toi.

J’ai une proposition à te faire mais encore faut-il que je sache si tu es là, éventuellement prête à m’écouter jusqu’au bout.

 

Bien à toi,

Royce

 

 

Depuis que j’ai rompu tout contact entre nous, j’ai souvent pensé à toi. Essentiellement sans bienveillance mais de fait, j’ai pensé à toi.

Ta dernière supplique arrive à point nommé, ce qui ne doit rien au hasard j’en suis convaincue. Je m’achemine en effet à pas de fourmi vers le gouffre de l’âge mûr puisque j’aurai quarante ans dans quelques mois, ce qui ne t’aura pas échappé. À lire ton mél, il m’est revenu que tu fais partie des circonstances les plus singulières et les plus significatives de ma vie. Je ne parle pas seulement de l’argent, mais de la qualité de ton attention. De sa nature généreuse quoique discutable. Personne ne s’était jamais autant soucié que je mette à profit le talent brut que je pouvais avoir, pas même mes parents, car leur amour a toujours été inconditionnel. Contrairement au tien qui n’était pas sans contrepartie.

 

Vita

 

 

Ma chère amie, je n’en mérite pas tant. Ta réponse m’a fait tourner la tête et je ne sais plus trop où j’en suis entre appréhension et bonheur.

Je vais être clair quant à ma proposition. Ces derniers temps, j’ai entrepris des fouilles dans mes souvenirs de Kitty, démarche qui s’est révélée cathartique, je dirais même lustrale, purifiante. Il m’a fallu du temps pour regarder en face les images d’elle nichées dans mes circonvolutions cérébrales – des années durant, j’étais captif du seul cadrage douloureux qui la plaçait au bord du Vésuve, avec les vapeurs d’une fumerolle derrière elle. Telle fut l’issue de notre histoire. Écrire sur elle me permet enfin de me pencher sur ses débuts. Il ne me manque plus qu’une lectrice réceptive.

Peut-être aimerais-tu me rendre la pareille, te livrer à l’archéologie de ton propre passé, te débarrasser de tout ce qui t’empêche d’avancer. Pardonne-moi, mais pour toi aussi, le temps presse. J’ai attendu patiemment que tu tiennes les promesses d’artiste de ta prime jeunesse. Dans des conditions favorables, je crois qu’il est encore en ton pouvoir de transmuer ton potentiel en œuvre aboutie. Le jeu en vaudra la chandelle, tu sais qu’il en est toujours ainsi avec moi. Faute de mieux, je suis un spécialiste de l’écoute, autre trait qui nous est commun.

 

 

page suivante

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

medias

critiques

critiques En territoire Auriaba, 4ème roman de Jérôme Lafargue

critiques "La peinture est une chose intellectuelle"

critiques Don Quichotte par Rob Davis : Cervantès plus vivant que jamais

critiques Kierkegaard et la sirène

Suivez-nous

 

Désinscription

16

1

au-jardin-des-fugitifs-ceridwen-dovey

7044