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Anthropologie philosophique ; écrits et conférences t.3
de Paul Ricoeur

Le 07/02/2014 à 00:31 - 0 commentaire

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Résumé du livre
Comment les hommes deviennent-ils humains? Cette interrogation anime les « sciences humaines ». Mais celles-ci, remarque Ricœur, se dispersent dans de multiples disciplines et tendent à l’homme un miroir brisé. D’où l’« urgence » à ses yeux d’une anthropologie philosophique, qui a une histoire plus ancienne mais qu’il croit riche encore de ressources inemployées. Cela ne l’empêche pas de dialoguer avec la psychanalyse, l’histoire, la sociologie, l’ethnologie ou les sciences du langage, et de déployer ainsi une réflexion parfaitement actuelle et ouverte. Car il n’y a décidément pas de réponse simple à la question: qu’est-ce que l’homme? « Volontaire » et « involontaire », « agir » et « souffrir », « autonomie » et « vulnérabilité », « capacité » et « fragilité », « identité » et « altérité »: c’est par ces tensions que Ricœur, pour sa part, exprime une telle complexité. Les textes ici réunis offrent ainsi une vue d’ensemble de sa propre philosophie, depuis sa conférence sur « l’attention », prononcée en 1939, jusqu’à son discours de réception du prix Kluge sur les « capacités personnelles » et la « reconnaissance mutuelle », rédigé en 2004 quelques mois avant sa mort. Paul Ricœur est l’un des grands philosophes contemporains. Son œuvre, publiée pour l’essentiel au Seuil, est traduite en de nombreuses langues.

 

Premier chapitre

 

 

INTRODUCTION

 

L’antinomie de la réalité humaine et le problème de l’anthropologie philosophique

 

 

 

SL’ANTHROPOLOGIE philosophique est devenue une tâche urgente de la pensée contemporaine, c’est que tous les pro­blèmes majeurs de cette pensée convergent vers elle et en font sentir cruellement l’absence. Les sciences de l’homme se dispersent dans des disciplines disparates et ne savent littéralement pas de quoi elles parlent. Le renouveau de l’ontologie, de son côté, provoque à sa façon une interrogation identique : quel est cet être pour qui l’être est en question ? Enfin, la « modernité » même de l’homme désigne la place en creux de cette méditation : si l’homme peut se perdre ou se gagner dans le travail, le loisir, la politique, la culture, qu’est-ce que l’homme ?

 

 

I. DU PATHÉTIQUE AU LOGIQUE

 

Il n’est pas question de résoudre en quelques pages, ni même de poser dans toute son ampleur, le problème de l’anthro­pologie philosophique ; peut-être est-il possible de choisir un problème qui soit à la fois assez spécifié et révélateur du problème de l’anthropologie philosophique dans son ensemble.

Ce problème, c’est celui que j’ai placé au centre de mon essai sur L’homme faillible35 : le problème de la disproportion intime de l’homme à lui-même ou de la structure antinomique de l’homme, distendu entre un pôle d’infinitude et un pôle de finitude. Ce problème est la forme moderne du problème platonicien de « l’intermédiaire », du metaxu que le livre IV de La République développe à l’occasion du thumos, [principe commun du « courage » et de la « colère », que Platon situe entre la partie rationnelle et la partie irrationnelle de l’âme]. C’est ce même problème qui, chez Kant, revient comme problème du « troisième terme » à propos de l’imagination transcendantale.

Pourquoi posai-je ce problème de l’homme comme être du milieu ? Pour sa valeur d’approche à l’égard d’une difficulté considérable de la philosophie, celle du mal. Il y a, en effet, quelque chose de mystérieux et peut-être d’inscrutable (unerforschbar), dit Kant dans l’« Essai sur le mal radical36 », dans l’origine du mal ; peut-être faut-il même dire que le comprendre serait le supprimer ; mais, si le mal est impénétrable en tant qu’événement, peut-être y a-t-il une intelligence du seuil qui en ferait comprendre la possibilité ; peut-être, autrement dit, peut-on comprendre en quel sens l’homme est faillible. Or la faillibilité est impliquée dans la disproportion qui fait de l’homme un être fragile. Disproportion, intermédiarité, fragilité, faillibilité, constituent une séquence pleine de sens. Ainsi Descartes, au début de la Quatrième Méditation, atteste que l’homme est « comme un milieu entre l’être et le néant37 » et il conclut : « si je me considère comme participant en quelque façon du néant ou du non-être, c’est-à-dire en tant que je ne suis pas moi-même le souverain être, je me trouve exposé à une infinité de manquements, de façon que je ne me dois pas étonner si je me trompe38 ».

 

 

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