Extrait

Animal boy
de Karim Madani

Le 30/01/2018 à 10:38 - 0 commentaire

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Editeur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Karim Madani

Serpent A Plumes Editions

08/02/2018

9791097390266

190

18 €

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ISBN : 9791097390266

Editeur : Serpent A Plumes Editions

Prix grand format : 18 €

 

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Résumé du livre
Animal Boy est un roman puissant, électrique, un roman sur fond de dope et de punk-rock, qui raconte l'itinéraire d'un toxico, Alex, dans le Paris de la lose, sur fond d'attentat au Bataclan. Alex a été témoin de l'horreur le soir du Bataclan, mais va savoir pourquoi, dans son délire de junky en manque, il va raconter aux flics le soir-même qu'il est un rescapé, qu'il a tout fait pour sauver cette fille qu'on a retrouvée dehors, dans ses bras. Et il va s'enfoncer dans son répugnant mensonge, jusqu'à la noyade. Karim Madani, spécialiste du hip-hop et des cultures urbaines, signe avec Animal Boy un roman noir comme le fond de la Seine, poisseux comme la malchance, un roman violent écrit avec une furieuse énergie, tragique écho d'un certain réel de nos villes, quand la bande-son dérape dans le crime. Prenant la réalité en pleine face, en romancier, il fait entrer l'évènement dramatique du Bataclan dans le domaine de l'écriture et de la fiction.

 

Premier chapitre

TRACK 1

Now I Wanna Sniff Some Glue

 

Paris, vendredi 13 novembre 2015

 

Yo, baby. Et pourquoi j’irais pas traîner du côté du Bataclan ? se demande Alex. La lose incarnée du Parisien trentenaire cynique et fauché, accessoirement batteur pour Moloko, un groupe de punk‑rock dont personne n’avait rien à foutre. Bataclan, où des péquenauds californiens pro‑NRA faisaient chauffer l’enfer du heavy metal avec les débris carbonisés du rock FM californien bouton‑ neux et les avatars standardisés et glissants de vaseline de la pop dépressive britannique.

 

À quoi bon rester dans ce vingt mètres carrés avec une junkie au cul squelettique dont la libido s’échappait de tous ses pores de polytoxicomane ?

Des termes pas très élégants pour parler de Charlotte, la copine d’Alex, partie sur la planète Narco à la recherche du stupéfiant Graal.

 

Alex cherche de l’oxygène comme Bugsy Siegel des rêves de casinos au milieu du désert du Nevada.

Paris. Boulevard Voltaire.

 

Heavy metal. Heavy Mental.

Fallait en avoir un de HM pour supporter encore un jour de plus cette ville musée gentrifiée. Vitrifiée.

Alex tire pourtant une gueule à faire baisser le prix du mètre carré.

Ma vie est un gros sandwich à la merde et chaque jour je suis obligé d’en avaler un morceau. Jusqu’à la fin.

Alex cherche un reste de came, n’importe quoi, shit, têtes de marijuana, héro, coke, amphètes, speed, crack, frotte son Levi’s noir contre les lattes pourries du parquet qui a connu des nuits meilleures, inspecte chaque recoin, derrière les radiateurs, dans les bacs du réfrigérateur qui exhalent une odeur de rat en décomposition.

J’ai besoin de came. Comme Bonnie a besoin de Clyde. Anaïs de Henry. Whitney de Bobby.

Crucifixion en Noir et gentrification en Rose. J’ai besoin de dope.

Sortir de cette piaule qui pue l’ammoniaque et le résidu de caillou. Pipe à crack froide et sueur rance.

Pourquoi ne pas se faire un concert ? Sauf qu’Alex n’a pas de thune. Son compte bancaire ressemble à son moral. À découvert. À poil. En chien.

Le crépuscule parisien lui fait l’effet d’une camisole de force, qui lui comprime la cage thoracique.

Il fait doux pour un mois de novembre. Mais les regards sur lui sont durs.

Il a l’air d’un clodo rocker avec ce vieux cuir défraîchi sur un T‑shirt blanc qui a viré jaune pisse, un jean miteux, barbe de trois jours et cheveux longs et crades qui font de lui un croisement entre Lou Reed et Jésus, le Saigneur Himself.

 

Il porte sa croix jusqu’au Bataclan. Le concert n’a pas encore commencé. Mais il n’y a déjà plus personne devant la salle de 

concert. Alex essaie de taxer une clope à un couple de hipsters troisième génération, sans succès. Le couple ne fume pas et mange bio. Il n’a même plus la force de sortir une vanne grinçante ou de les insulter. La croix. Il observe les fenêtres illuminées d’un chouette appart sur le boulevard.

 

Un petit couple s’apprête à dîner. Et semble le narguer. Ce soir Paris lui pisse à la raie. Comme une carte Vitale dont la machine ne reconnaît pas la puce quand il doit voir ce putain de dentiste en urgence. Comme une Carte bleue recrachée par la machine qui vous dit « Fuck you » un samedi soir. Et attendre le lundi matin pour aller pourrir la matinée du banquier qui de toute manière n’en a strictement rien à carrer de vos problèmes de fric.

 

 

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