Extrait

Amour dans une petite ville
de Wang Anyi

Le 22/05/2013 à 08:34 - 0 commentaire

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Total pages :

Prix :

Wang Anyi

Picquier

litterature asie (hors japon)

24/08/2007

9782877309592

146

14.70 €

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ISBN : 9782877309592

Editeur : Picquier

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ISBN : 9782809708080

Editeur : Editions Philippe Picquier

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Résumé du livre
Dans une petite ville comme les autres en Chine, à l'époque de la Révolution culturelle, un garçon et une fille vivent une passion physique intense et bouleversante. Tous deux danseurs dans la même compagnie luttent avec violence contre l'irrésistible attirance qui les lie l'un à l'autre en défiant tous les interdits. Les corps qui dansent, qui se battent, qui s'aiment avec une fureur désespérée ou une joie radieuse, leurs odeurs, la sueur, la mélopée des porteurs d'eau près du fleuve où ils se rencontrent en secret , l'ardeur du soleil et le refuge de la nuit : dans une langue envoûtante, lancinante, ces pages racontent l'irruption du désir et des corps à une époque où ils étaient bannis. Les deux adolescents combattent en vain cette flamme qui jaillit du plus profond de leur être et qui incarne la force même de la vie. Ce roman qui est le premier d'une trilogie (les deux autres romans sont en cours de traduction aux Editions Picquier) parue dans les années 1986-1987 en Chine, fit scandale par la franchise avec laquelle était abordée la sexualité. C'est un texte d'une grande violence, curieusement détaché aussi, sans autre morale que celle des corps, de la puissante palpitation de la vie, qui ne connaît ni barrière, ni loi ni tabou.

 

Premier chapitre

Avant-propos

 

 

 

Amour dans une petite ville fit scandale lors de sa première parution en 1986 dans la revue Littérature de Shanghai, au point qu’il fallut attendre près de huit ans pour que paraisse enfin en Chine populaire un recueil intitulé Sanlian (« Trois amours »), qui reprenait ce roman ainsi que deux autres publiés à la même époque, Amour sur une colline dénudée et Amour dans une vallée enchantée. Ce texte, tranchant sur la pruderie officielle ambiante, osait parler d’amour physique, sujet considéré jusqu’alors comme tabou.

Wang Anyi choisit pour protagonistes un garçon et une fille destinés à devenir danseurs dans une compagnie locale au temps de la Révolution culturelle. Il n’est pas indifférent que l’auteur ait elle-même passé plusieurs années dans une troupe analogue à la même époque.

Elle les décrit au départ très jeunes adolescents : ils n’ont guère reçu d’éducation en un temps où l’école n’enseignait que des slogans politiques, ils n’ont aucune expérience de la vie et se retrouvent seuls, loin de leur famille. Partageant la même salle où ils s’entraînent assidûment, ils vont être lentement mais irrésistiblement attirés l’un vers l’autre.

Il peut ne pas être excessif de voir dans cette convergence de contraintes choisies la recherche d’une écriture forte qui personnaliserait, voire personnifierait, ces contraintes. On les retrouve en effet, sous d’autres formes, dans les deux autres récits parallèles du recueil de 1993, où il s’agit chaque fois d’amours étroitement situées.

Le garçon et la fille vivent une lente montée du désir, minutieusement décrite par l’auteur jusqu’à la scène cruciale du pas de deux. Malgré le rigorisme de l’époque, qui prétend interdire les rapports sexuels avant le mariage, obéissant à leur obsession l’un de l’autre, ils vont tout naturellement franchir le pas. Ils sont entraînés malgré eux dans une passion qui les dépasse : « Ils ignorent ce qu’on appelle l’amour, ils savent simplement qu’ils ont un besoin irrépressible l’un de l’autre. »

Pourtant, ils prennent très vite conscience d’avoir transgressé un interdit et, nous est-il dit, commis une faute morale irréparable. Surtout, ils se sont mis au ban de cette société où la liberté de l’individu doit s’effacer au profit de la collectivité. Dépassés par la faute, ils sont torturés par le remords mais enfermés dans leur secret, car « ils vivent en un temps d’obscurantisme, sans un aîné pour leur ouvrir l’esprit ».

Par l’extrême densité de ce texte, par son écriture envoûtante, à la fois charnelle et détachée, l’auteur donne une grande force à cette quête haletante du plaisir constamment entravée par le monde environnant. Le livre refermé, ce récit continue à brûler en nous comme un feu qui ne veut pas s’éteindre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils sont entrés tout jeunes dans la même compagnie : dans Le détachement féminin rouge, elle danse La petite combattante et lui La ligue des enfants. Au sein du groupe de propagande de son école, elle a appris à faire des pointes et usé maintes paires de souliers ordinaires à semelle de coton. En revanche, du jour où elle a porté des chaussons à pointes, soulagée d’un grand poids, elle s’est sentie légère comme une hirondelle, aussi à l’aise sur les pointes que si elle marchait normalement. Lui s’est entraîné aux acrobaties depuis l’enfance avec un maître en arts martiaux. Il sait tout faire, aussi bien les pirouettes que les sauts périlleux. Quand il fait le pont, sa souplesse est telle que sa tête descend jusqu’au niveau de ses pieds ; quand il lance la jambe en arrière, il parvient à frôler sa nuque de la pointe du pied. Elle n’a que douze ans cette année-là, et lui, plus âgé, en a tout juste seize. Deux ans plus tard, Le détachement féminin rouge, passé de mode, n’est plus à l’affiche et la troupe monte Le chant du mont Yimeng. Un professeur de danse du conservatoire de province vient sur place leur faire cours toute une journée. Cela lui suffit pour déceler en eux des anomalies de morphologie causées par un mauvais entraînement qui a développé leurs muscles en volume et non en longueur, leur ôtant élasticité et force. Ce professeur l’attire tout exprès au milieu du studio, la fait tourner sur elle-même, la plaçant de profil pour montrer à tous les défauts de ses jambes, de ses fesses et de ses bras. En effet, avec ses jambes fortes, ses fesses larges, ses épaules carrées et sa taille enveloppée, elle n’a en rien la silhouette d’une danseuse. Deux seins bien plus généreux que la moyenne, collines fièrement dressées, lui donnent nettement plus que ses quatorze ans. Guidés par le professeur du conservatoire de province, les membres de la troupe l’examinent sous toutes les coutures, avec une certaine réticence. Elle s’efforce de dissimuler la honte qu’elle éprouve en affichant une fière indifférence, elle redresse la tête, bombe le torse, relève la croupe et lance aux autres des regards méprisants. À l’époque, elle le dépasse d’une demi-tête. Quant à lui, on ne sait par quel caprice de la nature sa croissance s’est arrêtée, si bien qu’il conserve, à dix-huit ans, un corps de garçonnet. Il ne peut interpréter que des danses d’enfant, mais par contraste avec son costume, son visage, qui fait plus que son âge, paraît un vrai visage d’adulte. La troupe aurait sans doute choisi une autre orientation pour lui depuis longtemps s’il ne possédait une extraordinaire virtuosité.

 

 

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