Extrait

A toutes voiles vers la verite ; une autre histoire de la philosophie au temps des lumieres
de Stéphane Van Damme

Le 02/07/2014 à 18:21 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version grand format

 

illustration

ISBN : 9782021137040

Editeur : Seuil

Prix grand format : 24 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN : 9782021139723

Editeur : Seuil

Prix grand format : 16.99 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
Au lieu de considérer que, dans l'expression " histoire de la philosophie ", l'histoire est propriété de la philosophie, ce livre veut montrer qu'une autre histoire intellectuelle est possible. Au coeur de l'enquête : non pas les idées et les concepts, mais l'activité philosophique. En prenant au sérieux les revendications de " nouveauté ", de " recherche de la vérité ", de " totalisation des savoirs " qui sont celles des acteurs de la rupture philosophique des XVIIe et XVIIIe siècles, en interrogeant l'étonnante omniprésence de la philosophie au XVIIIe siècle, l'auteur adopte une approche pragmatique des savoirs philosophiques de l'âge classique aux Lumières. Que fabrique le philosophe, lorsqu'il fait de la philosophie sous l'Ancien Régime ? Est-il un professionnel ? Quel rôle pour les amateurs, les cafés, les salons, les académies savantes ? Comment les idées et les savoirs circulent-ils concrètement ? Quelle part y tient l'amitié ? Autant de questions concrètes qui dessinent un paysage complètement neuf des Lumières européennes.

 

Premier chapitre

Comme tout nomade, le philosophe cherche ses terres de pâturage. Face à l’éclatement de la vérité, il part à la poursuite des vérités. Il s’aperçoit que chaque domaine a la sienne, qui mérite sa relativité et sa singularité, autant d’égards et autant d’efforts que celle qui était réputée absolue. Bachelard dit du savant qu’il devient un « travailleur » comme les autres et qu’il produit sa vérité par son « travail » comme l’ouvrier le sien par son effort.

« La Philosophie est l’amour, l’étude, et l’exercice de la Sagesse, et la Sagesse une certaine disposition d’esprit à embrasser la Vérité en toutes choses, et à suivre l’Honnêteté dans toutes les actions de la vie, de façon que la Philosophie n’est autre chose qu’une certaine recherche, ou poursuite de la Vérité et tout ensemble de l’Honnêteté », écrivait le médecin et voyageur François Bernier dans son Abrégé de la philosophie de Gassendi publié en 1674, à son retour de la cour du Grand Moghol. Par cette affirmation, il montrait tout ce qui séparait la « vraie » philosophie de celle enseignée dans les collèges et les universités. Tournant le dos à toute profession intellectuelle, elle devait être avant tout une compétence propre à épouser tous les aspects de la vie. Sans doute inspiré par les philosophies orientales, Bernier voyait mieux l’impérieuse nécessité de réinstaurer, à l’imitation des Anciens, la philosophie comme sagesse. C’est à retrouver ces maîtres de vérité qu’est attaché ce livre pour esquisser les voies d’une autre histoire de la philosophie, plus minoritaire, moins directement liée aux grands philosophes du panthéon de nos écoles.

L’histoire intellectuelle de la philosophie a constitué depuis le XIXe siècle le mode privilégié d’intelligibilité de la question philosophique, entendue à la fois comme un genre et comme une pratique institutionnelle et pédagogique. Elle a contribué grandement à l’institutionnalisation de la philosophie et à sa reconnaissance politique et sociale. Pourtant, à y regarder de près, ce qu’on appelle histoire de la philosophie se caractérise encore aujourd’hui par une faible historicisation des pratiques et des objets, considérés trop souvent comme des invariants historiques. Elle s’est rangée résolument du côté des pratiques de l’histoire du droit, dans sa quête identitaire, dans le maintien de son autonomie comme dans sa prétention de vérité absolue commune aux savoirs dogmatiques. L’histoire de la philosophie s’est montrée peu ouverte aux autres disciplines qui ont cherché à analyser les conditions matérielles de la production culturelle, ou à celles qui se sont interrogées sur une histoire des « régimes de vérité » d’inspiration foucaldienne. Ainsi, elle a longtemps ignoré les échanges fructueux ouverts entre histoire et littérature, histoire et histoire des sciences, ou encore histoire et histoire de l’art, qui auraient pu éclairer la circulation des méthodes et reconfigurer ses frontières épistémologiques. Il faut souligner dans cette trajectoire bien sûr une exception française. En Grande-Bretagne, en Italie ou en Allemagne par exemple, les échanges et les débats ont été continus entre histoire philosophique, histoire des idées, histoire des sciences et histoire générale, sans caricature ni a priori et bien des formules ont été proposées pour tisser ces rencontres.

 

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

critiques

critiques En territoire Auriaba, 4ème roman de Jérôme Lafargue

critiques "La peinture est une chose intellectuelle"

critiques Don Quichotte par Rob Davis : Cervantès plus vivant que jamais

critiques Kierkegaard et la sirène

Suivez-nous

 

Désinscription

16

1

a-toutes-voiles-vers-la-verite-une-autre-histoire-de-la-philosophie-au-temps-des-lumieres-stephane-van-damme

4316