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À la lumière du petit matin
de Agnès Martin-Lugand

Le 12/06/2018 à 07:15 - 0 commentaire

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Total pages :

Prix :

Agnès Martin-Lugand

Michel Lafon

29/03/2018

9782749929026

18.95 €

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ISBN : 9782749929026

Editeur : Michel Lafon

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ISBN : 9782749936567

Editeur : Michel Lafon

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Résumé du livre
A l'approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle devient spectatrice de sa vie et est peu à peu gagnée par un indicible vague à l'âme qu'elle refuse d'affronter. Jusqu'au jour où le destin la fait trébucher... Mais ce coup du sort n'est-il pas l'occasion de raviver la flamme intérieure qu'elle avait laissée s'éteindre ?

 

Premier chapitre

Pour Guillaume, Simon-Aderaw et Rémi-Tariku,

mes rayons de soleil…

 

 

Certains actes en apparence non intentionnels

se révèlent (…) parfaitement motivés et déterminés

par des raisons qui échappent à la conscience.

Sigmund FREUD

 

After We Meet,

I HAVE A TRIBE

 

 

– 1 –

 

Quatre ans. Quatre ans qu’ils étaient partis. Quatre ans que mes parents m’avaient laissée. Quatre ans que, en ce jour de fin février, je venais m’asseoir face à leur olivier, sur le banc en fer forgé que maman affectionnait tant. Quatre ans que je leur soufflais mon chagrin et ma colère. Mon pardon, aussi. Comment, au fond, en vouloir aux êtres les plus merveilleux qu’il m’ait été donné de rencontrer ?

Je n’avais rien d’original, avec mon amour infini pour mes parents. J’entendais encore ma mère me répéter que j’étais leur petit miracle. Mes parents s’étaient follement aimés, se suffisant longtemps à eux-mêmes. Ils avaient malgré tout voulu agrandir leur bulle d’amour. La vie réservait des surprises ; bonnes ou mauvaises. Leur difficulté à avoir un enfant, loin de les séparer, les avait rapprochés. Ils entretenaient la légende selon laquelle c’était grâce à leur force que j’avais fini par pointer le bout de mon nez. Peu importait comment, au bout du compte, j’étais là depuis trente-neuf ans. D’un duo, ils étaient passés naturellement à un trio, avec la même évidence. J’avais été choyée, aimée, élevée, valorisée, réprimandée aussi. Ils m’avaient tout offert pour que je puisse me lancer dans la vie sur de bons rails. J’avais le sentiment d’avoir grandi dans la maison du bonheur, où mes amis étaient toujours accueillis à bras ouverts. Grâce à mes parents, à la liberté de penser qu’ils m’avaient accordée, j’avais pu me chercher, me trouver et me permettre de découvrir celle que je voulais devenir. Et puis, un jour ils avaient appris qu’une saloperie rongeait les neurones de maman les uns après les autres. Bientôt elle ne se souviendrait de personne, pas même de qui elle était. Bien sûr, pour me protéger, ils me l’avaient caché, se transformant en de merveilleux acteurs. Maman avait toujours été tête en l’air et, avec papa qui veillait au grain dès que je leur rendais visite, je n’avais rien vu venir. Je vivais loin d’eux, à Paris, et lorsque je descendais à la maison dans le Sud, ils mettaient toute leur énergie dans la bataille pour préserver leur secret. Certains diraient que je n’avais pas été très attentive, peut-être était-ce vrai, mais même si j’avais remarqué quoi que ce soit, rien n’aurait pu briser la spirale infernale dans laquelle ils étaient entrés. Je l’avais compris en lisant leur lettre. À travers ces quelques lignes, aujourd’hui parties en fumée avec eux, ils s’étaient excusés pour la souffrance qu’ils allaient m’infliger, mais ils savaient aussi que si l’un restait en vie sans l’autre, celui qui resterait m’en infligerait davantage encore. Ils m’avaient demandé pardon pour leur égoïsme d’amoureux. Leur amour avait tout emporté sur son passage, jusqu’à leur fille unique.

 

 

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