Extrait

À coeur perdu
de Golder, Lea

Le 07/01/2015 à 16:33 - 0 commentaire

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ISBN : 9782312031972

Editeur : Editions Du Net

Prix grand format : 15 €

 

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Résumé du livre
Chloé, dont la destinée est écrite comme sur du papier à musique, convoite la tragédie. Issue d'une famille parfaite, fiancée à l'homme idéal, elle désire mériter son bonheur sans pour autant se sentir la force de rompre cet équilibre. Forcée d'y renoncer suite à la découverte de l'infidélité chronique de son pseudo prince charmant, elle se jette à corps perdu dans une accumulation d'expériences qui ne la satisfont pas pour autant. Personnage à la tête dans les nuages et les pieds cimentés dans le sol, elle fantasme son bonheur à travers plusieurs rencontres fortuites, établies sur des regards hostiles, un jeu d'ignorance et des occasions manquées avec Léo, son jumeau spirituel, qui s'exprimait jusqu'ici en voix off. Leur histoire fantasmée séparément sera vécue sous les deux angles, nos deux héros s'obstinant à vivre naturellement malgré la présence fantomatique et obsessionnelle de l'autre. Jusqu'à ce que nos deux amoureux de la solitude se mélangent enfin. Mais le passé de Luna la rattrape quand elle décide de prendre le risque de l'amour, prête à affronter la linéarité du bonheur, elle " gagne " le malheur qu'elle n'espérait plus.

 

Premier chapitre

Chapitre I

 

 

« Ton affaire c’est de jouer correctement le personnage qui t’a été confié, quant à le choisir c’est celle d’un autre. »

Epictète

 

TGV Avignon- Paris ou plus précisément résidence secondaire parentale – studio de tourtereaux.

Trajet parfait après vacances paradisiaques. Une jeune mère actionne l’ouverture facile d’un paquet de biscuits pour son adorable bambin en bermuda rayé, un couple s’émerveille d’un coup de pied résonnant du ventre de madame, quatre adolescents de bonne famille jouent calmement au tarot.

Chloé referme L’Écume des Jours, et s’apprête à se laisser glisser dans les méandres délicieuses de la sieste quand une légère vibration la rappelle à la réalité : « Princesse, mon cœur vibre d’avance de retrouver ton étreinte, je serai là à ton arrivée ». Un SMS comme tant d’autres à savoir toujours romantique mais jamais redondant de son cher et tendre.

« Tu veux un peu de thé à la bergamote ma puce ? » ce matin encore, Chloé partageait le traditionnel petit déjeuner estival en compagnie de ses parents et de ses deux frères. Pinède odorante, terrasse couleur ocre, robe de chambre en satin, piscine bleu lagon, rien ne dépassait.

Vingt-deux ans d’existence et seuls des clichés sur papier sépia remplissent son album- souvenir. Des études supérieures de Commerce à Paris, un fiancé prévenant, un physique passablement harmonieux, bref la promesse d’un avenir brillant à tous les niveaux. Un poste de cadre dans une multinationale de luxe, une silhouette en aucun cas altérée par quatre accouchements sous péridurale, un époux amoureux comme aux premiers émois, un loft à Paris et une villa au soleil avec piscine, voilà le destin rectiligne qui se grave progressivement sur la portée sans fausse note de l’existence de Chloé, suivant le modèle des générations précédentes de sa lignée.

A ce stade peu avancé de sa vie, Chloé est déjà condamnée au bonheur. Et c’est bien ça son ombre au tableau. Une ombre fictive, imaginaire, fantasmée même…Visiblement, Chloé est victime d’un bogue dans le programme éducatif de ses parents, à trop étaler leur joie d’avoir fondé une famille, Chloé sent percer en elle le stylet de sa hantise viscérale : leur ressembler.

Vingt-deux ans et déjà fatiguée de traîner la casserole si légère de la facilité : elle réussit ses études sans se fouler et quand il a fallu séduire son idéal masculin, elle y est parvenue sans efforts. Sa seule bouffée d’air frais dans son existence linéaire : les films et romans tragiques dont elle se gave sans satiété. Systématiquement rattrapée par sa morne réalité bienheureuse, elle rumine en sourdine cette idée persistante qu’un destin n’a de valeur que s’il prend une tournure dramatique. « Oui - se ressasse-t-elle en espérant que le train déraille - l’ordinaire est une tare, seules valent les passions, au sens étymologique du terme, à savoir la souffrance ».

 

 

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