Extrait

600 heures dans la vie extraordinaire d'edward stanton
de Craig Lancaster

Le 15/08/2018 à 18:18 - 0 commentaire

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Craig Lancaster

Milady

16/08/2018

9782811233242

416

18.20 €

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ISBN : 9782811233242

Editeur : Milady

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Résumé du livre
Edward Stanton, trente-neuf ans, vit seul dans une petite ville tranquille du Montana. Atteint du syndrome d’Asperger et de trouble obsessionnel compulsif, il suit une routine méticuleusement établie : tous les matins, il note l’heure à laquelle il se réveille (7 h 38), refuse de commencer sa séance de thérapie avant l’heure exacte du rendez-vous (10 heures) et, le soir (à 22 heures), il regarde un épisode de Dragnet, série policière des années soixante.Lorsqu’une mère et son fils de neuf ans emménagent en face de chez lui, le quotidien bien réglé d’Edward est bouleversé. En l’espace de 600 heures, il s’ouvre à ses nouveaux voisins et tente de se réconcilier avec son père. Découvrant les joies et les peines de l’amitié, Edward devra décider : est-il prêt à quitter sa vie solitaire pour embrasser le monde ?
Un roman profondément humain, aussi drôle qu'émouvant, qui ravira les lecteurs du Curieux incident du chien dans la nuit ou Des Fleurs pour Algernon, et de tous ceux qui ont parfoit du mal à trouver leur place en ce bas monde.
traduction Cédric Degottex

 

Premier chapitre

Je dédie ce livre à Angela Dawn, qui a eu foi en ce projet dès le début et ne cesse de croire en moi.

 

Notre histoire n’aura pas de fin, mon amour.

 

 

Note de l’auteur


Voici le récit des événements qui ont changé ma vie. On pourrait reprocher à la formule son côté hyperbolique, certes : c’est un peu comme ces gens qui annoncent avoir trouvé Dieu. Vous savez, ceux que l’on entend dire : « J’ai trouvé Dieu, et ça a changé ma vie. » Je n’ai pas trouvé Dieu. Entre nous, je doute que cela puisse arriver à qui que ce soit. M’est avis que lorsqu’une personne déclare avoir trouvé Dieu, elle n’entend pas nous faire croire qu’elle l’a trouvé comme on découvre une pièce sur le trottoir ou quelque autre objet tangible, non : je pense qu’elle cherche surtout à nous faire comprendre qu’elle a trouvé une sorte de paix intérieure, quelque chose dans ce goût-là… Enfin, je ne sais pas, mais ce que je sais, c’est que, d’une part, je n’ai pas trouvé Dieu, et que d’autre part, je n’aime pas les suppositions : je préfère les faits.

Quoi qu’il en soit, même sans Dieu, ma vie a changé, et le docteur Buckley m’a suggéré d’écrire le récit de ce changement. D’après elle, le projet me serait particulièrement bénéfique, en cela, notamment, qu’il m’aiderait à comprendre pourquoi et comment ce changement a eu lieu. Le docteur Buckley est une femme d’un pragmatisme éclairé et, de fait, j’ai toujours besoin de nouveaux projets.

Si je regarde en arrière, je pense que l’intégralité des événements a dû se dérouler sur une période de vingt-cinq jours. Six cents heures. Je préfère l’exprimer en heures, personnellement, en cela que nos réveils et horloges ne régissent pas moins mes journées que notre calendrier. Je vais vous conter le récit de ces événements comme ils se sont déroulés : de mon point de vue. D’autres les ont peut-être perçus autrement : s’ils le souhaitent, ils sont libres de raconter leur propre version.

Je vais commencer par ma dernière journée normale… Selon mes croyances en matière de normalité, en tout cas ? Non, parce que, voyez-vous, c’est tout le problème des croyances : lorsqu’elles structurent trop votre vie, le jour où vous vous rendez compte que vous vous êtes trompés, la convalescence est un peu longue. C’est pour ça que je préfère les faits.

 

Cordialement,

Edward Stanton

 

 

Lundi 13 octobre


J’ouvre subitement les yeux. J’attends quelques secondes que se dissipe le flou provoqué par la lumière matinale qui baigne la pièce, puis tourne la tête de quatre-vingt-dix degrés vers la gauche pour regarder l’heure sur mon réveil : 7 h 38. Cela fait trois jours que je me réveille à cette heure-là ; dix-huit sur les vingt derniers. Comme je me couche tous les jours à minuit pile, j’ai l’habitude de me réveiller à 7 h 38, mais il m’arrive parfois de me réveiller un peu plus tôt ou un peu plus tard. La fourchette n’est pas bien large : parfois, c’est à 7 h 37, parfois, à 7 h 40, et parfois, même, à 7 h 39 – d’ailleurs, cette année, je me suis réveillé précisément vingt-deux fois à 7 h 39 –, mais je m’attends tout de même à me réveiller à 7 h 38, car, cette année, cela m’est déjà arrivé deux cent vingt et une fois. Si vos réveils étaient assujettis à pareille régularité, je suppose que vous vous attendriez, vous aussi, à vous réveiller le plus souvent à cette heure-là, non ? Or, comme vous vous demandez sûrement combien de fois je me suis réveillé aux autres heures, eh bien, je vais vous le dire : quinze fois à 7 h 37 et vingt-neuf à 7 h 40. Vu que je fais mon possible pour respecter cet horaire, notamment en me couchant très exactement à minuit, ces variations s’expliquent par la survenue d’événements sur lesquels je n’ai aucune emprise, comme le bruit que font les voisins, les voitures dans la rue ou d’éventuelles sirènes. Ce genre de choses m’agacent, mais je ne peux rien y changer.

 

 

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