Extrait

492 ; confessions d'un tueur à gages
de Klester Cavalcanti

Le 01/01/2018 à 12:08

Auteur : Klester Cavalcanti
Editeur : Metailie
Genre :
Date de parution : 25/01/2018
ISBN : 9791022607360
Total pages : 224
Prix : 18 €
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ISBN : 9791022607360

Editeur : Metailie

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Résumé du livre
Júlio Santana, bon chasseur et bon tireur dans son Amazonie natale, a appris la profession de tueur à gages à 17 ans avec son oncle qui lui assure que, s'il récite dix Ave Maria et vingt Pater Noster après chaque meurtre, il n'ira pas en enfer. Il note soigneusement sur un cahier d'écolier le nom des victimes, le nom des commanditaires, la date et le lieu du crime, ce qui lui a permis de compter 492 personnes au long de 35 années de carrière.



Júlio raconte ses drames, ses rêves, ses faiblesses. C'est un homme sensible, un bon fils, un mari aimant et un père affectueux. Il a pour commanditaires l'armée, des maris jaloux ou des pères vengeurs, des grands propriétaires terriens qui éliminent des syndicalistes ou des "sans terre".

Pour la première fois, un reportage raconte, avec un grand talent littéraire, la vie surprenante d'un homme que tout destinait à être un pêcheur comme son père et son grand-père, mais qui est devenu le plus grand tueur professionnel connu au monde. (traduit par Hubert Tézenas)

 

Premier chapitre

Note de l’auteur


Il aura fallu sept ans de discussions pour que Júlio Santana m’autorise à citer son vrai nom dans ce livre. La première fois que nous nous sommes parlé, en mars 1999, il a accepté de me raconter son histoire mais pas de révéler son identité ni de se laisser photographier par moi – ou par qui que ce soit d’autre. Rien de plus compréhensible. L’homme avec qui j’ai engagé la conversation ce jour-là – à raison d’une interview par mois en moyenne – est un assassin professionnel qui, en trente-cinq ans de carrière, a tué près de cinq cents personnes. Quatre cent quatre-vingt-douze pour être précis, dont quatre cent quatre-vingt-sept ont été dûment répertoriées dans un cahier avec la date et le lieu du crime, la somme perçue pour son travail et, plus important encore, les noms du commanditaire et de la victime.

Mon premier contact avec cet étrange citoyen brésilien a eu lieu lors d’un reportage sur le travail esclave. À l’époque, en mars1999 donc, j’étais correspondant du magazine Veja en Amazonie, un poste que j’ai occupé pendant un peu plus de deux ans. Pour les besoins dudit reportage, le photographe Janduari Simões et moi nous étions rendus dans plusieurs villes du Pará, à la recherche de gens qui avaient été asservis et de fazendeiros qui employaient des esclaves sur leurs terres. Au cours d’une opération conjointe de la police fédérale et du ministère de la Justice sur la commune de Tomé-Açu, un policier nous a expliqué qu’il était fréquent dans la région que les fazendeiros recrutent des pistoleros pour tuer des proches – en général des fils ou des frères –, des travailleurs asservis qui fuyaient les fazendas. C’était un moyen de forcer l’esclave à reprendre le travail.

Quand je lui ai fait part de mon souhait de rencontrer un de ces tueurs, un agent de la police fédérale participant à l’opération de Tomé-Açu m’a dit qu’il en connaissait un et qu’il allait lui demander s’il pouvait me donner son numéro de téléphone. Pour qui connaît les coulisses de la police brésilienne, ce type de liens amicaux entre policiers et criminels n’a malheureusement rien de nouveau. Mais je n’ai vraiment cru que l’agent de la PF allait me transmettre les coordonnées du tueur que deux jours plus tard, quand il m’a rappelé en disant qu’il lui avait parlé et que je pourrais lui téléphoner le lendemain à 14 heures pile. Le numéro qu’il m’a fourni était celui d’une cabine qui se trouvait devant une boulangerie de Porto Franco, dans le Maranhão. Ce jeudi-là, le 18 mars 1999, pendant un échange qui a duré presque une demi-heure, j’ai appris que l’homme dont je voulais raconter l’histoire s’appelait Júlio Santana et qu’il avait commis son premier homicide en 1971, à dix-sept ans.

Ni les paroles ni le ton de Júlio ne m’ont donné l’impression que j’avais affaire à un individu violent ou agressif. Il s’exprimait de façon mesurée et sereine, avec un fort accent nordestin. Dès ce premier contact, il m’est clairement apparu qu’il avait envie de raconter son histoire. “Si vous voulez, je vous dis tout. Je n’ai jamais parlé de ça à personne”, a-t-il dit. Avant de prendre congé, lui et moi sommes convenus de nous rappeler cinq jours plus tard, à la même heure. À peine avais-je raccroché que j’ai appelé Laurentino Gomes, le rédacteur en chef de Veja, à São Paulo, qui était chargé d’approuver mes idées de reportage. La perspective de faire le portrait d’un tueur à gages l’a enthousiasmé. En revanche, nous ne pouvions pas publier un récit aussi sensationnel sans dévoiler, au minimum, le vrai nom de son personnage central. Et si le tueur acceptait de poser pour une photo, ce serait encore mieux. Chaque fois que je discutais avec Júlio, ma fascination pour son histoire augmentait. Mais mes espoirs de le voir accepter que soient divulgués son nom et sa photo, eux, diminuaient. En tout cas à court terme.

 

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