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20 000 ans ou la grande histoire de la nature
de Stéphane Durand

Le 14/01/2019 à 11:25 - 0 commentaire

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Stéphane Durand

Actes Sud

03/10/2018

9782330111090

238

22 €

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ISBN : 9782330111090

Editeur : Actes Sud

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ISBN : 9782330111106

Editeur : Actes Sud Nature

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Résumé du livre
Des majestueuses baleines aux bouquetins espiègles en passant par les nuées d'oiseaux qui peuplent ses cieux ou les rivières pavées de nacre, lagons bleu azur et forets équatoriales, la France nous accorde depuis plus de 20 000 ans un spectacle naturel prodigieux mais occulté. C'est le syndrome de l'amnésie écologique : on n'imagine pas que la France fut d'une incroyable richesse naturelle et que cette surabondance fut longtemps la norme ; c'est la rareté actuelle qui est exceptionnelle... La nature a une histoire et elle est intimement liée à celle des hommes. Ecrit dans une langue alerte et légère, le livre fourmille d'anecdotes étonnantes sur la biologie et l'écologie de toutes ces espèces, mais également sur les hommes qui en ont été les témoins. C'est une ode au potentiel de la France sauvage.

 

Premier chapitre

INTRODUCTION

 

 

Histoire de la luxuriance


Il n’y a pas si longtemps, on roulait par les belles nuits d’été sous des pluies d’insectes attirés par les phares des voitures. On traversait parfois de véritables tempêtes de papillons. Les plus âgés des lecteurs s’en souviennent avec nostalgie ; les plus jeunes haussent les épaules. Ils n’imaginent pas une seconde que cela ait pu être possible un jour. On touche là du doigt ce qu’on appelle l’amnésie écologique, une expression étrange pour évoquer le phénomène des références irrésistiblement glissantes : on considère toujours comme originel le monde qui nous a vus naître, quel que soit son état objectif. Pour les plus jeunes, le monde est normalement vide d’insectes alors que, pour les plus vieux, le monde doit être au contraire rempli d’insectes. C’est ainsi que, génération après génération, nous avons oublié la richesse et l’abondance de la vie sauvage qui peuplait la France encore récemment. Nous sommes prompts à nous enthousiasmer devant le spectacle des grands troupeaux parcourant les savanes africaines ou devant la diversité assourdissante des forêts tropicales. On a tout simplement oublié que de tels spectacles ont existé en France et en Europe. Or, on ne le répétera jamais assez, la surabondance est la norme : c’est l’état normal des écosystèmes européens en pleine possession de leurs fonctionnalités, non excessivement perturbés. On décrit aujourd’hui des comportements et des aires de répartition sur la base de la rareté et on s’étonne que le chamois descende jusqu’à la Méditerranée. Ce qui est extraordinaire n’est pas cette luxuriance mais bien au contraire la rareté actuelle. Nous sommes parvenus à transformer notre pays en un désert.

C’est donc à un renversement total de perspective que ce livre vous invite car il s’agit de raconter 20 000 ans de l’histoire de France non pas du côté des hommes, de leurs exploits héroïques à leurs tragédies absurdes, mais depuis les écosystèmes qui ont fait notre pays et du point de vue des animaux et des plantes sauvages qui le peuplent. Cette histoire aurait pu n’être qu’une triste et monotone litanie de massacres et de disparitions offrant une vision exclusivement négative de notre histoire commune. Certes, ce fut aussi cela. Si nos ancêtres avaient réussi à couper tous les arbres, absolument tous, peut-être aurions-nous disparu à notre tour, comme ce fut le cas des malheureux habitants de l’île de Pâques. C’est une relation d’amour et de haine qui nous lie à la nature. Il s’agit pour une fois de montrer l’envers de la médaille, le contrechamp, la France qui grouille, qui gazouille, qui s’agite et brille d’innombrables écailles dans des rivières aux fonds pavés de nacre, une France aux cieux remplis d’oiseaux à cacher le soleil, bruissante du concert des grenouilles et des grillons, une France aux immenses forêts où résonnent les brames et les combats furieux des élans, des bisons, des aurochs et des chevaux, une France où les harengs et les thons étaient si nombreux et si denses qu’ils stoppaient les bateaux… À quoi ressemblait-elle, la France, lorsque les hommes réalisèrent les fresques rupestres des grottes Chauvet, Cosquer et Lascaux ? À quoi ressemblait-elle lorsque les premiers bergers y conduisirent leurs moutons ? Et lorsque César envahit la Gaule ? Et surtout, parce que l’histoire doit éclairer le présent et préparer l’avenir, à quoi pourrait-elle ressembler si l’on diminuait un peu notre pression sur la nature ?

 

 

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