Extrait

Y a pas de héros dans ma famille
de Jo Witek

Le 04/10/2017 à 09:52 - 0 commentaire

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Jo Witek

Actes Sud Junior

13/07/2017

9782330072476

144

13.50 €

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ISBN : 9782330072476

Editeur : Actes Sud Junior

Prix grand format : 13.50 €

 

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ISBN : 9782330073497

Editeur : Éditions Actes Sud

Prix grand format : 9,99 €

 

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Résumé du livre
Jusque là tout était clair dans sa tête. À la maison, il était Mo, parfois aussi Tit'tête ou bouffon à lunettes. À l’école, c'était Maurice Dambek. Chez lui, à l'étroit dans le petit appartement, ça parlait fort par-dessus la télé et ça disait des gros mots (pour être tranquille, Mo fait ses devoirs dans la baignoire !). En classe, on se tenait correctement et on parlait comme dans les livres. Ses deux vies étaient bien distinctes, il suffisait de ne pas se tromper de langage. Mais, un jour, Mo découvre la maison de son ami Hippolyte et le mur de photos dans le salon, où sont exposés tous les gens connus de la famille - un grand médecin humanitaire, un écrivain, un acteur de la Comédie française et même un prix Nobel ! À partir de ce moment, Mo commence à s'éloigner et à avoir honte de sa famille déglinguée, où il n'y a aucun héros, que des zéros. Mais dans un vieil album de famille, il va faire une découverte...

 

Premier chapitre

En mémoire de mon oncle, Charles Hiroux, jeune résistant fusillé par les miliciens le 24 juillet 1944 à Tinténiac.

 

 

1

 


AVANT, MAURICE DAMBEK ET MO s’entendaient vachement bien.

Avant, je pensais que tous les élèves de la classe de CM2 de Mme Rubiella étaient comme moi. Des mutants de dix ans avec deux vies et deux identités bien séparées. À l’école, des élèves avec un nom et un prénom sur leurs étiquettes de cahiers. Chez eux, des enfants affublés d’un petit surnom un peu bébé et bébête du genre doudou, minou, ma poupée, mon kéké.

Moi, c’est Mo, mais c’est aussi, Tit’tête, mon chou et bouffon à lunettes.

Avant, je pensais que les enfants du monde entier étaient comme moi. Des mini-humains qui deux fois par jour et cinq jours par semaine passent la frontière d’un pays à l’autre, le cartable sur le dos et le sourire en bandoulière. Avant, ma vie gambadait légèrement entre le monde de l’école et celui de la maison. J’étais heureux dans mes deux pays bien distincts avec des gens différents, des styles différents, une cuisine et une langue particulières. À l’école : on se tient bien, on parle comme dans les livres, on entend une mouche voler et il ne faut jamais oublier les “Mercis” et les “S’il vous plaît”. À la maison : ça parle fort, ça hurle du dedans et du dehors, ça dit des gros mots. La télé aussi parle fort comme les jeux vidéo. Chez moi, ça mitraille sec, ça tue des gens, des monstres, des fruits et des bonbons et les écrans ne s’éteignent jamais. On parle une autre langue. Un mélange de mots d’école et puis d’autres, des gros, des interdits et même des inventés. Avant, “Merci, au revoir et bon appétit” côtoyait “Vas-y enfoiré, casse-toi bouffon à lunettes et viens bouffer”. Pas de prise de tête, et tout était clair entre ma classe bien rangée et ma maison loufoque. Il suffisait de ne pas se tromper de langage, de ne pas se mélanger les guibolles avec les mots, les expressions ni les façons. Mais, en général, mes deux vies école et maison ne se rencontraient jamais, sauf quand ma mère venait apporter des crêpes à la maîtresse pour les goûters spéciaux ou la kermesse de fin d’année. Là, j’étais fier de ma maman quand, à la demande de Mme Rubiella, toute la classe l’applaudissait pour la remercier.

— Alors, combien vous en avez fait cette fois, madame Dambek ?

— Cent vingt, comme ça y en aura pour tout le monde : les gamins et les gens qui travaillent à la cantine et au ménage.

Ma mère, elle est généreuse. Elle pense toujours aux gens qui travaillent dur discrètement, à ceux que personne ne remercie jamais. Elle est forte pour ça, ma mère. Elle est forte tout court d’ailleurs, ma mère. C’est pour ça que mes frères l’appellent parfois la grosse dondon. Ils se moquent. Ils blaguent mais, moi, j’aime pas trop quand ils le font, parce que maman ça lui fait mal aux jambes d’être forte, surtout quand elle monte les escaliers et qu’elle étouffe en plus.

 

 

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