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VNR
de Laurent Chalumeau

Le 30/04/2018 à 07:39 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Laurent Chalumeau

Grasset

Littérature française

02/05/18

9782246817604

192

6.99 €

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ISBN : 9782246817604

Editeur : Grasset

Prix grand format : 6.99 €

 

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Résumé du livre
Le livre s’ouvre sur le monologue fou et halluciné d’un homme qui explique à un autre, qu’on devine son otage bailloné, les raisons de sa colère. Le lecteur, attrapé par les cheveux, saisi d’effroi, est placé d’emblée dans la situation d’une victime muette qui cherche à comprendre ce qui se joue dans ce huis-clos.
Petit blanc mâle quinqua sans emploi, rejeté par ses enfants et quitté par sa femme, Alain est un homme « en fin de droits », qu’il s’agisse de son assurance chômage ou de sa vie conjugale.
Il a décidé de se venger des trois personnes auxquelles il estime devoir sa chute: le cadre sup qui a harcelé sa femme au travail ; l’homme politique responsable de la délocalisation des industries de la région et de l’effondrement de sa ville ; la psychologue qui a introduit des idées d’émancipation féministe dans le cerveau de son épouse.
Il a décidé de se venger des trois personnes auxquelles il estime devoir sa chute: le cadre sup qui a harcelé sa femme au travail ; l’homme politique responsable de la délocalisation des industries de la région et de l’effondrement de sa ville ; la psychologue qui a introduit des idées d’émancipation féministe dans le cerveau de son épouse.

 

Premier chapitre

PREMIER

 

 

Tu dois te demander ce que tu fais là, à poil, menotté au tuyau, du gaffer sur la bouche et un sac sur la tête ? Si ! Forcément. Depuis tout à l’heure, t’es là en boucle : où est-ce que je suis ? C’est qui ce mec ? Pourquoi il m’a enlevé ? Qu’est-ce qu’il me veut, et cetera ? T’angoisses. Tu deviens dingue.

Oui parce qu’à tous les coups, la cagoule de braquo que j’ai enfilée juste avant de te choper, t’as pas pu me reconnaître. Donc tu sais même pas que c’est moi, là. T’inquiète, tu vas vite connecter les fils. Sauf, le moment où tu vas percuter, je peux te garantir, tu vas tout de suite grimper dans les niveaux. Pour l’instant, de ne pas savoir, tu flippes. Mais quand tu vas comprendre, c’est plus flipper que tu vas faire. Là, ça sera la terreur. La terreur absolue. La pure panique.

C’est pour ça, j’ai envie de te dire, détente. Laisse venir. Tu sauras bien assez tôt, va. Je dirais même, t’aurais tort d’être pressé. Non, parce que, tant que je parle, c’est bon : je fais rien d’autre. Que tout à l’heure, terminée la parlotte, on passera à l’action. Et là, comme j’expliquais, ça va plus être la même. Là, tu vas vite regretter que je ferme ma gueule, crois-moi. Donc, pour l’instant, si par moments tu trouves que je fais long, que je, comment c’est l’expression, que je me « perds dans le détail », tu sais quoi ? Profite, mon pote. Savoure. Parce que plus ça dure, mieux t’es. Crois-moi : t’es pas pressé que je me taise.

En plus, je te mets à l’aise : des questions, t’es pas seul à t’en poser. Moi aussi, j’en ai plein. Par exemple, moi, ma vie, à quel moment ça s’est barré en couilles ? Sérieux. À quel moment précis tout s’est mis à vriller et virer au nawak ?

Est-ce que par exemple c’est quand l’usine a fermé et que presque tout le monde s’est retrouvé sur le carreau ? Ou bien que c’est venu plus tard, quand, toi, t’as commencé à harceler Véro ? Ah. Voilà. Ça y est. Tu viens de piger. Tout à fait. Je suis « le mari ». Tu vois, je t’avais dit : avant, tu flippais, mais, là, depuis dix secondes, t’es dans un film d’horreur. Genre Hostel, mais en vrai et c’est toi la victime. Tu sais que ça va être long. Et que ça va être pénible. Et donc, qu’est-ce que je disais ? Oui. Quel moment nos vies ont dévissé. La fermeture du site ? Tes simagrées chelous au taf avec ma femme ? Ou encore après ça : quand l’avocate a commencé à lui bourrer le crâne, lui mettre des trucs et des machins en tête, l’envoyer chez la psy et tout ce qui s’en est suivi ?

Non parce que avant, sérieux, avant tout ça, avant la fermeture, avant tes plans relous ou le lavage de cerveau féministe qu’elles ont fait à Véro, avant tout ça, on était super bien, ici.

Donc, c’est ça que je me demande : c’est quoi précisément le moment où ça a commencé à merder ?

 

 

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