Extrait

Vivant
de Roland Fuentes

Le 29/01/2018 à 08:27 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Roland Fuentes

Syros

11/01/2018

9782748525328

184

14.95 €

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ISBN : 9782748525328

Editeur : Syros

Prix grand format : 14.95 €

 

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Résumé du livre
Sept étudiants passent leurs vacances ensemble. L'un d'eux invite un nouvel ami, inconnu du groupe, Elias, qui cristallise aussitôt tous les regards. Nul n'aurait pu prévoir que le séjour entre potes qui s'annonçait si bien –; sport, révisions, détente – tournerait en un combat à la vie, à la mort. À moins que la haine de " l'autre " n'ait été là, en germe, dès le premier instant.

Un roman qui nous happe, au rythme d'une course-poursuite effrénée. Brillant et nécessaire, parce qu'" Il n'y a pas d'étrangers sur cette terre ".

 

Premier chapitre

Pour Rami Anis et Yusra Mardini

 

« Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre. »

 

 

« Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre »
est un slogan de la Cimade, une association 
de solidarité active avec les personnes 
migrantes, réfugiées et demandeuses d’asile. 
Pour découvrir leurs actions, 
agir ou faire un don : www.lacimade.org

 

On fuit bien avec les Running XB 500. Un amorti impeccable, une adhérence adaptée aux reliefs irréguliers. Sous la plante du pied, relayant l’action musculaire, le gel Sentoprène garantit une tonicité optimale.

Mais la chaussure ne serait rien sans le coureur. Et celui qui progresse actuellement à flanc de colline est un athlète remarquable. On peut penser qu’en baskets plus ordinaires, voire en souliers de ville, il se déplacerait aussi très vite. On peut même imaginer qu’à la qualité du matériel et à la maîtrise du mouvement s’ajoute un autre motif : la volonté. Et cette volonté se concentre autour d’un seul mot. Fuir.

Oui. Vraiment. On fuit bien avec les Running XB 500.

C’est ce que pourrait constater, dans d’autres circonstances, ce garçon de dix-huit ans que ses longues foulées, très fluides, propulsent à une vitesse prodigieuse sur le chemin bordé d’argéras et de rocaille. Au-dessus de lui, des falaises blanches s’appuient contre le ciel d’azur. Au-dessous, par deux cents mètres d’un à-pic vertigineux, la mer. Une étale aux reflets émeraude qui, si le coureur venait à tomber, adopterait la consistance du béton.

En dépit du danger, comme par un réflexe inconscient, le regard du garçon enregistre les mille détails du paysage. La mouette qui vient de se poser, là-bas, sur un rocher, le petit chêne accroché au bord de la falaise, et le bleu très sombre de la mer, vers le large, qui succède aux zones plus claires du rivage. On pourrait y voir une manière de dire adieu à toutes ces choses, car, il le sait, son poursuivant n’a d’autre intention que celle de le tuer.

Parfois, une ride se creuse sur son front. Alors, cette tête qu’il tient si droite pivote à cent quatre-vingts degrés vers l’arrière, et, le temps d’un bref coup d’œil, fixe un point qui avance dans la même direction que lui, à environ deux cents mètres.

Peut-être moins.

 

Ce point qui avance est un autre coureur. Lui aussi porte, dans une gamme encore supérieure, des chaussures adaptées au relief irrégulier. Le vendeur qui les lui a conseillées, voici 

quelques semaines, lui a assuré amorti et stabilité. De fait, chaque foulée projette ce deuxième coureur vers l’avant, comme une balle.

Si l’on analyse la foulée de ce garçon-là, à peine plus âgé que le premier, on décèlera des nuances. Elle est moins fluide, plus nerveuse, et néanmoins terriblement efficace. À certains moments, la distance entre eux diminue. Cent soixante-dix mètres. Cent soixante. Jamais moins. Car alors son cœur s’accélère, son souffle devient plus saccadé. De nouveau la distance augmente. Cent soixante-dix mètres. Cent quatre-vingts.

 

 

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