Extrait

Vice Cache
de Thomas Pynchon

Le 07/02/2014 à 00:13 - 0 commentaire

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Thomas Pynchon

Seuil

romans et fiction romanesque

30/08/2010

9782021019742

22.80 €

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ISBN : 9782021019742

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Résumé du livre
Los Angeles, 1970. Doc Sportello est un détective privé d’un genre particulier: il vit sur une des plages de la ville, est un adepte du joint bien roulé, et, à l’occasion, du trip intersidéral à l’acide. Avec son meilleur ennemi, le flic Bigfoot, il enquête sur l’étrange disparition du milliardaire et homme d’affaires Mickey Wolfmann. Tous deux ont de bonnes raisons de tirer au clair cette intrigue, d’en avoir peur, de se perdre en route pour mieux rebondir à grand renfort de bananes glacées ou de marie-jeanne colombienne. Il faut dire que quelques coups de massue donnés par l’Histoire en marche ont fini de détraquer la Californie et de torpiller le rêve hippie: les émeutes du quartier de Watts à Los Angeles, en 1965, ont crispé les esprits et les tensions raciales se sont exacerbées, les assassinats commandités par Charles Manson ont créé un profond traumatisme, sans compter la guerre du Vietnam qui a ramené en ville une jeunesse paranoïaque et détruite. Ce polar détourné, aux rebondissements rocambolesques, s’appuie sur une multitude de personnages déjantés avec, comme toujours, un fond musical au son du ukulélé. Pynchon nous offre une nouvelle fois un roman jubilatoire avec un art très aigu du dialogue et des digressions dans l’intrigue. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nicolas Richard

 

Premier chapitre

 

 

 

Un

 

 

Elle arriva par l’allée et monta les marches de derrière comme elle l’avait toujours fait. Doc ne l’avait pas vue depuis plus d’un an. Personne ne l’avait revue. À l’époque c’était toujours sandales, monokini à motifs fleuris, tee-shirt délavé de Country Joe & the Fish. Ce soir elle était complètement à la mode du plat pays, il ne se rappelait pas lui avoir déjà vu les cheveux si courts, elle ressemblait exactement à ce à quoi elle avait juré de ne jamais ressembler.

« C’est toi, Shasta ? »

« Il croit halluciner. »

« Juste le nouvel emballage, j’imagine. »

Ils se tenaient dans la lumière du réverbère qui pénétrait par la fenêtre de la cuisine, à laquelle il n’avait jamais vraiment vu l’intérêt d’accrocher des rideaux, et ils écoutaient le grondement sourd du ressac qui venait du bas de la pente. Certaines nuits, par bon vent, on entendait le ressac dans toute la ville.

« J’ai b’soin de ton aide, Doc. »

« Tu sais que j’ai un bureau maintenant ? juste comme un boulot normal et tout ça ? »

« J’ai regardé dans l’annuaire, failli me pointer à l’adresse. Mais ensuite je me suis dit que c’était mieux pour tout le monde que ça ressemble à un rendez-vous secret. »

Bon, rien de romantique ce soir. Pas de bol. Mais ça pouvait encore être un plan rémunéré. « Quelqu’un t’a à l’œil ? »

« Je viens de passer une heure sur les petites routes pour ne pas me faire repérer. »

« Une bière, ça va ? » Il alla au frigo, prit deux cannettes dans un carton qu’il gardait au frais, en offrit une à Shasta.

« Il y a ce type, là », était-elle en train de dire.

Évidemment qu’il y en avait un, mais pourquoi s’en émouvoir ? S’il avait touché une petite pièce à chaque fois qu’il entendait un client commencer comme ça, il pourrait être à Hawaii à l’heure qu’il était, défoncé jour et nuit, à profiter des vagues de Waimea ou, encore mieux, à engager quelqu’un pour en profiter à sa place… « Un gentleman de mentalité bien-comme-il-faut », fit-il dans un sourire rayonnant.

« Bon, Doc. Il est marié. »

« Donc un problème… d’argent. »

D’un geste de la tête elle repoussa des cheveux inexistants et fronça les sourcils, l’air de dire et alors.

Cool pour Doc. « Et l’épouse – elle a entendu parler de toi ? »

Shasta hocha la tête. « Mais elle a aussi quelqu’un. Sauf que ce n’est pas juste le truc habituel – ils manigancent une sale petite combine. »

« Pour se tirer avec la fortune du cher mari, ouais, je crois avoir entendu dire que c’était déjà arrivé une ou deux fois à L.A. Et… tu veux que je fasse quoi, exactement ? » Il trouva le sac en papier dans lequel il avait rapporté son dîner à la maison et fit mine de s’occuper en griffonnant des notes dessus, parce que malgré l’uniforme de nana bien-comme-il-faut, le maquillage censé donner l’impression qu’elle n’avait pas de maquillage ou autre, voilà que se pointait le bon vieux braquemart des familles que Shasta était si douée pour provoquer à un moment ou à un autre. Est-ce que ça finira un jour, se demanda-t-il. Bien sûr que oui. C’était fini.

 

 

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