Extrait

Veille de fête
de Piat Jean

Le 06/01/2015 à 07:01 - 0 commentaire

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Prix :

Piat Jean

Flammarion

29 / 10 / 2014

254 pages

9.99 €

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Editeur : Flammarion

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Résumé du livre
Ce n’est pas n’importe quelle veille. Ce n’est pas non plus n’importe quelle fête. Lui, Jean-Pierre Alexandre, est un célèbre avocat français. Elle, Helga Landers, représentante en jouets, est allemande. Elle a cinquante ans, lui, soixante. Ils ont pris l’habitude de se retrouver un week-end par mois à Paris ou en Allemagne. En ce 31 décembre 1991, ils ont décidé de vivre ensemble. Mais à cause d’une image entrevue à la télévision, à cause d’un livre aperçu dans une bibliothèque, le passé va s’emparer d’eux, brutalement, et ne plus les lâcher… Histoire d’amour, tragédie de la fidélité, où l’humour et le charme ne sont jamais exclus, cette veille de fête va-t-elle éloigner ou rapprocher ces deux êtres?

 

Premier chapitre

 

 

 

 

 

S'ils furent des coupables, nombre d'entre eux ne furent pas des lâches…

La patrie voit les meilleurs mourir en la défendant. Hélas, certains de ses fils tombent dans le camp opposé. Elle approuve leur châtiment mais pleure tout bas ses enfants morts.

Un jour les larmes seront taries, les fureurs éteintes, les tombes effacées.

Mais il restera la France.

 

Charles de GAULLE, Mémoires d'Espoir.

 

 

 

 

Rien ne vaut rien.

Il ne se passe rien.

Et cependant tout arrive.

Mais cela est indifférent.

 

NIETZSCHE.

 

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

 

En cette nuit de Noël 1991, à Moscou, un drapeau rouge à faucille et marteau d'or descend lentement, et comme à regret, le long d'une hampe dans le rayon blafard d'un projecteur.

Un homme d'une soixantaine d'années, Maître Alexandre, avocat à la cour, seul dans son bureau, observe ce spectacle étonnant que transmet la télévision. Et comme un vieux refrain oublié, des mots lui montent à la tête…

« Ton frère est un traître, ton frère est un traître… »

Un autre drapeau s'élève au même rythme heurté, comme apeuré d'avoir à dominer de ses trois couleurs incertaines les murs et les tours sombres du Kremlin. Et il se déploie en frissonnant sur la ville.

– Extraordinaire ! murmure presque mécaniquement cet homme solitaire. En écho, son cœur s'est remis à battre.

« Ton frère est un traître, ton frère est un traître… »

Ce petit cérémonial furtif s'est accompli en moins de deux minutes.

Comme si le temps – magicien sans mémoire – voulait par ce tour de passe-passe affirmer son pouvoir. Confondre d'un même geste l'avenir et le passé. Comme si quelque être mystérieux et discret, insouciant du « Grand Soir », s'efforçait d'effacer en deux drapeaux et cent vingt secondes les couleurs et les traces d'espérances, d'illusions et de foi, d'impostures, de courage et de sang de ces trois quarts de siècle.

– Extraordinaire ! répète une fois encore Maître Alexandre, en proie à un malaise indéfinissable. Et d'un geste brusque, il arrête la télévision.

 

– C'était qui, au juste, ce Laval ? demande Helga en parcourant des yeux les rayons de la bibliothèque.

Huit jours plus tard, à Paris et toujours dans son bureau, Maître Alexandre sursaute.

Son malaise indéfinissable n'est-il donc pas encore apaisé ?

« Ton frère est un traître, ton frère est un traître… »

Il est six heures du soir, ce jour-là.

Pourquoi huit jours plus tard, le 31 décembre 1991, à six heures du soir, alors qu'il n'est entré dans son bureau que pour prendre le dossier « Pierrard », Maître Alexandre – Jean-Pierre pour les intimes – a-t-il sursauté ? Et pourquoi d'ailleurs s'est-il mis en tête de le ranger, ce bureau ? Personne, que lui-même, ne l'a exigé. Se sent-il à ce point submergé par l'amas de notes, de dossiers qui l'encombrent ?

Pourquoi, alors, ne range-t-il pas ces lettres jaunies par le temps et qu'il tient à la main ? Pourquoi ce cahier posé devant lui ?

 

 

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