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Valse-hesitation
de Angela Huth

Le 20/04/2018 à 07:02 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Angela Huth

Table Ronde

08/03/2018

9782710383031

230

21 €

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ISBN : 9782710383031

Editeur : Table Ronde

Prix grand format : 21 €

 

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ISBN : 9782710383048

Editeur : Editions de la Table Ronde

Prix grand format : 14,99 €

 

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Résumé du livre
Clare est de moins en moins sûre du rôle que les hommes devraient tenir dans sa vie. Son premier mari, Richard, était plus âgé qu’elle, et son mépris pour la jeunesse de Clare s’était peu à peu transformé en une glaciale indifférence. Jonathan, son deuxième mari dont elle est séparée provisoirement, est trop coulant : excessivement attentionné et inquiet, non sans une touche de pédanterie.
Joshua, rencontré à une fête, est d’un tout autre genre. Il commence par l’impressionner en écrasant sa cigarette sur son pouce, et sa désinvolture n’est pas loin de la séduire complètement. Si, le lendemain, elle hésite encore à essayer de le retrouver, c’est le conseil de sa nouvelle amie, Mrs Fox, qui achève de la convaincre : "Prends un amant, l’exhorte-t-elle. Mieux vaut avoir un amant quand on est jeune qu’une névrose quand on est vieille."
Tendre, mélancolique et ironique, Valse-hésitation est une histoire d’amour parfaitement maîtrisée.
traduction Anouk Neuhoff

 

Premier chapitre

Pour diverses personnes

 

 

1

 


MON premier mari, Richard Storm, fut enterré par une torride journée d’août dans les faubourgs de Londres. Après les obsèques, une douzaine d’entre nous, relations et amis, repartirent dans un cortège de grosses voitures noires dont les sièges avaient été conçus pour obliger les passagers à se tenir bien droits en gage de respect. Le trajet se déroula dans cette position inconfortable, personne ne soufflant mot.

Les parents de Richard habitaient un appartement sombre près de Hyde Park. À leur invitation, nous les rejoignîmes là-bas pour reformer le groupe funèbre précédemment constitué autour du cercueil, sauf que cette fois le rassemblement eut lieu autour d’une table où étaient disposés des sandwichs à la pâte d’anchois. Nous bûmes du sherry et bavardâmes de ce ton morne adapté à la circonstance.

Je me retirai à quatre heures, la première à prendre congé, et pénétrai dans le parc. Il faisait très chaud. Une chaleur torride, oppressante. Les arbres étaient complètement figés, comme des arbres sous la neige. Les gens marchaient avec lenteur, ou bien dormaient sur l’herbe, peu soucieux de leur apparence, jambes écartées, mains étalées sur le visage, comme des vacanciers sur une plage. Le goût horrible du sherry persistait dans ma bouche, et le bas de ma robe noire, imprégné de moiteur, collait à mes jambes.

Rien ne pressait. Aucune tâche urgente ne m’attendait, et le temps était trop lourd pour se dépêcher.

Je m’installai sur un banc, déjà à moitié occupé par deux vieilles dames. Sur le qui-vive, elles étaient assises tout au bord, comme prêtes à déguerpir au moindre signal. D’une certaine façon, elles ressemblaient, en plus pauvres, aux personnes âgées présentes aux obsèques. La plus éloignée de moi, ratatinée et courbée comme un arc, était décharnée et grise. Peau grise, yeux gris, manteau noir fané devenu presque gris. Elle regardait fixement devant elle et ses vilaines mains noueuses gisaient sans vie sur ses genoux.

La plus proche paraissait en meilleure santé, carrément plus fringante. Elle aussi avait un manteau noir, mais un coquelicot, vestige d’un lointain Jour du Souvenir, ornait son chapeau.

Elle se tourna vers moi :

« On entend les bus d’ici, pas vrai ? C’est agréable. »

Je tendis l’oreille. Je perçus le grondement des autobus.

« En effet, acquiesçai-je.

— C’est ce qui me plaît dans ce parc. On peut s’asseoir et écouter les bruits, tout en profitant d’un joli coin de verdure. » Elle regarda la haie épineuse en face de nous, le ruban d’herbe desséchée le long de l’allée, la poubelle et un arbre inerte. « Ah ça non, reprit-elle, je ne vais sûrement pas me plaindre. Je n’ai jamais aimé la tranquillité d’autrefois, voyez-vous. Moi ce que j’aime, c’est un supermarché bien animé le samedi matin. Ou ces manifestations à Trafalgar Square. D’ailleurs, j’ai participé à l’une d’elles il n’y a pas longtemps. Je ne sais pas trop quel en était le motif, à vrai dire, mais j’étais là à beugler avec les autres, et un des policiers a failli m’embarquer dans le panier à salade. “C’est hors de question, monsieur l’agent, ai-je protesté. Aucune loi n’interdit de crier. Sans compter que je m’amuse bien…” Alors il m’a simplement relâchée. »

 

 

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