Extrait

Une vie de pierres chaudes
de Razimbaud, Aurelie

Le 10/10/2018 à 17:43 - 0 commentaire

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Razimbaud, Aurelie

Albin Michel

22/08/2018

9782226435170

240

18 €

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ISBN : 9782226435170

Editeur : Albin Michel

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ISBN : 9782226431158

Editeur : Albin Michel

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Résumé du livre
" La guerre, non, la guerre n'a rien d'essentiel ; les choses essentielles sont le vent, le goût des pierres chaudes, le soleil, les ailes des oiseaux, les cris des enfants sur la plage. "Qu'est-ce qui brille à la même hauteur que le soleil ? L'amour ou la mort ?Dans ce récit enfiévré, qui raconte l'Algérie avant, pendant et après l'indépendance, Aurélie Razimbaud tisse les liens subtils et poignants entre l'amour et l'abandon. Qu'il s'agisse des pays ou des êtres, comment aller dans le sens d'une réconciliation, comment

 

Premier chapitre

À Toi qui ne liras jamais ce livre.

 

 

« Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure. Il n’y a qu’un seul amour dans ce monde. Étreindre un corps de femme, c’est aussi retenir contre soi cette joie étrange qui descend du ciel vers la mer. Tout à l’heure, quand je me jetterai dans les absinthes pour me faire entrer leur parfum dans le corps, j’aurai conscience, contre tous les préjugés, d’accomplir une vérité qui est celle du soleil et sera aussi celle de ma mort. Dans un sens, c’est bien ma vie que je joue ici, une vie à goût de pierre chaude, pleine de soupirs de la mer et des cigales qui commencent à chanter maintenant. La brise est fraîche et le ciel bleu. »

Albert Camus, « Noces à Tipasa », Noces

 

 

PARTIE I

 

 

Alger, avril 1970

 


Le tramway se hissait avec peine vers les hauteurs de la ville. Les mains solidement arrimées à la barre d’acier, l’homme avait regardé défiler les faubourgs privés d’ombre, les jardins où l’on paressait sur les bancs, les rues étouffées de poussière, les rangées de palmiers étirés vers le ciel, les bougainvilliers qui dévalaient les balcons. À présent, il balayait d’un air désapprobateur les hommes et les femmes massés autour de lui.

Pourquoi n’était-il pas venu en voiture ? La sueur coulait dans son dos. Il sortit un mouchoir de sa veste et s’épongea le front. Parfois, des regards curieux s’attardaient sur lui et son cœur s’emballait.

Allons, du calme, ce n’est pas toi qu’ils regardent, c’est ta peau blanche, tes mains propres, tes vêtements… Ce n’est pas toi, c’est l’étranger que tu es.

Le wagon ralentit davantage, jusqu’à donner l’impression de s’immobiliser. On attendait sans protester, en regardant le ciel plein de chaleur qui semblait encore si loin.

Même pas dix ans depuis l’indépendance, et c’est comme si tout cela n’avait jamais existé, comme si nous ne nous étions jamais vus.

Louis Racine s’avança vers la portière. Il savait qu’on l’observait toujours, qu’on s’écartait pour éviter de le toucher. Il sauta à terre et s’éloigna d’un pas vif. Au détour d’une ruelle, là où deux façades blanches formaient un coude, quelques bottes de fleurs patientaient dans des bassines. Il poussa la porte de la boutique et se trouva nez à nez avec une Européenne d’une grande élégance. Il s’arrêta net, bloquant du même coup le passage à la jeune femme. Elle l’observa un moment et se mit à lui sourire. Sa voix l’appelait en silence. « Venez, venez vite. »

Elle fit un pas en avant, une main sur la poignée de la porte.

– Excusez-moi…

Racine s’écarta pour la laisser passer. La jeune femme disparut dans la blancheur du jour. L’espace se creusa autour de lui.

– Bonjour, monsieur, qu’est-ce qu’il te faut ?

– Je vais vous prendre des genêts.

– Des genêts, oui, monsieur. Combien ?

– Je ne sais pas. Un bouquet.

– Comme ça, c’est bien, monsieur ?

– Oui, c’est très bien.

 

 

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