Extrait

Une forêt de laine et d'acier
de Miyashita, Natsu

Le 03/07/2019 à 17:31 - 0 commentaire

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Miyashita, Natsu

Stock

14/03/2018

9782234083370

242

20 €

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ISBN : 9782234083370

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Résumé du livre
" Un parfum de forêt, à l'automne, à la tombée de la nuit. Le vent qui berçait les arbres faisait bruisser les feuilles. Un parfum de forêt, à l'heure précise où le soleil se couche. A ceci près qu'il n'y avait pas la moindre forêt alentour. Devant mes yeux se dressait un grand piano noir. Pas de doute possible : c'était bien un piano, laqué et imposant, au couvercle ouvert. A côté se tenait un homme. Il m'adressa un regard furtif, sans un mot, avant d'enfoncer une touche du clavier. De la forêt dissimulée dans les entrailles de l'instrument s'élevèrent une nouvelle fois ces effluves de vent dans les feuilles. La soirée s'assombrit un peu plus.
J'avais dix-sept ans. " Traduit du japonais par Mathilde Tamae-Bouhon

 

Premier chapitre

Un parfum de forêt, à l’automne, à la tombée de la nuit. Le vent qui berçait les arbres faisait bruisser les feuilles. Un parfum de forêt, à l’heure précise où le soleil se couche. À ceci près qu’il n’y avait pas la moindre forêt alentour. En dépit de l’odeur sèche de l’automne et des ténèbres presque palpables, je me trouvais dans le gymnase du lycée. Debout, dans la salle de sport déserte après les cours, où je jouais les guides pour un mystérieux visiteur.

Devant mes yeux se dressait un grand piano noir. Pas de doute possible : c’était bien un piano, laqué et imposant, au couvercle ouvert. À côté se tenait un homme. Il m’adressa un regard furtif, sans un mot, avant d’enfoncer une touche du clavier. De la forêt dissimulée dans les entrailles de l’instrument s’élevèrent une nouvelle fois ces effluves de vent dans les feuilles. La soirée s’assombrit un peu plus. J’avais dix-sept ans.

 

Si le professeur principal m’avait chargé d’escorter notre visiteur, c’était uniquement parce que j’étais le seul élève encore présent dans la salle. Les activités extrascolaires étaient suspendues en cette période d’examens de mi-semestre, et mes camarades se pressaient de rentrer chez eux une fois les épreuves terminées. Guère motivé à l’idée de regagner mon dortoir après le déjeuner, je songeais pour ma part à aller réviser à la bibliothèque.

– Excusez-moi, Tomura, avait dit le professeur. J’ai une réunion pédagogique. Pourriez-vous accompagner notre visiteur jusqu’au gymnase ? Il arrive à 16 heures.

J’avais accepté, habitué à répondre à toutes sortes de requêtes. Était-ce parce que je paraissais serviable, ou peu enclin à refuser ? À moins que j’aie eu l’air désœuvré… Pour sûr, ce n’était pas le temps qui me manquait. Je n’avais aucune obligation. Pas de projet particulier non plus. À l’époque, ma seule perspective consistait à finir mes études et trouver un travail quelconque afin de gagner ma vie.

Même si on me sollicitait souvent, ce n’était jamais pour des tâches importantes. Les tâches importantes, on les réservait aux personnes importantes. Les tâches insignifiantes, elles, étaient confiées aux personnes insignifiantes. Sans doute le visiteur du jour entrait-il dans cette dernière catégorie.

D’ailleurs, on m’avait seulement demandé de l’accompagner au gymnase. Sans préciser de qui il s’agissait.

– Qui attendez-vous, au juste ?

Sur le point de quitter la classe, le professeur fit volte-face.

– Un accordeur, répondit-il.

Ce mot m’était alors inconnu. Cette personne était-elle censée régler un différend ? Mais dans ce cas, pourquoi l’amener au gymnase ? Non que cela me regarde.

Pour tuer le temps, je restai une heure environ dans la salle à réviser pour mon examen d’histoire du Japon prévu le lendemain. Peu avant 16 heures, je gagnai le hall du personnel. L’homme était déjà là. Vêtu d’une veste grise, équipé d’une grosse mallette, il attendait dehors, adossé à la porte vitrée.

 

 

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