Extrait

Une fille, au bois dormant
de Monglon, Anne-Sophie

Le 11/09/2017 à 08:41 - 0 commentaire

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Monglon, Anne-Sophie

Mercure De France

31/08/2017

9782715245297

192

17 €

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ISBN : 9782715245297

Editeur : Mercure De France

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ISBN : 9782715245303

Editeur : Editions du Mercure de France

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Résumé du livre
Ton sommeil c’est d’abord ça, la tentation d’être ailleurs, l’obsession par moments, à d’autres la dispersion, l’engagement comme un mot abstrait, le voyage dans le passé, le futur, le vague, le refuge dans la forêt. Lorsque Bérénice Barbaret Duchamp, trente-trois ans, cadre dans une grande entreprise de communication, rentre de congé maternité, elle sent qu’on la regarde différemment. En son absence, des changements notables ont eu lieu. Progressivement elle est mise à l’écart. Bérénice, qui n’a jamais cherché à être en première ligne ou dans la lumière, aurait tendance à accepter la situation, comme anesthésiée. Mais son mari et son amie Clara la secouent : elle doit se battre! À la faveur d’un stage de développement personnel – "placer sa voix pour trouver sa voie" –, elle se lie d’amitié avec Guillaume, le formateur musicien. Chez le jeune homme, elle décèle un possible alter ego. Cette rencontre, conjuguée avec les sollicitations toujours plus urgentes de son nourrisson, lui donnera peut-être la volonté de se réveiller. Avec ce premier roman, Anne-Sophie Monglon peint la trajectoire d’une femme moderne confrontée à la violence du monde du travail, qui tente de se réapproprier sa vie et de lui donner un sens.

 

Premier chapitre

I

 


Carnet d’éveil de Pierre, le 9 octobre 2008


Pierre a trois mois. Il dort beaucoup et sourit aux anges.

 

 

Donc ça commence comme ça. Tu attends Clara, elle tarde, la pièce où tu te trouves est vide et tu te laisses traverser par l’air – tiède, un peu lourd, pesanteur de particules fines, de gaz d’échappement – et par les bruits – ronflement du boulevard Ornano à gauche, son métronomique d’une balle contre un mur dans la cour de droite, de temps en temps un oiseau lance un cri.

Tout est calme autour de toi et en toi. Il y a eu quelques semaines un peu délicates à ton retour de congé maternité, mais maintenant tout est calme. Évidemment, ton job a été allégé, avec l’arrivée de votre nouveau P-DG et la crise, il fallait bien s’attendre à quelques changements.

Précisément, ce qui s’est passé, c’est qu’on t’a enlevé les prezzes, les Présentations en interne des Cahiers documentaires que tu rédiges. Hugues, ton boss, t’a expliqué, la nouvelle direction veut des gens à l’aise à l’oral et c’est bien naturel, non ? Ça ne t’a pas dérangée, ça t’a même soulagée, de ne plus faire les Présentations. Elles sont toujours source de stress pour toi, tu connais toutes les faiblesses de tes Cahiers – chaque fois tu te dis que si tu avais eu plus de temps, tu aurais rendu quelque chose de plus consistant, quant au discours oral, on te demande là aussi d’aller vite et, du coup, à force de chercher le mot juste, tu bégaies, restes bloquée, c’est ce qui t’est arrivé pour la présentation du dernier hiver, un blanc, le trou noir, l’envie d’y disparaître, tu n’aimes pas l’oral. Donc, si tu ne fais pas les Présentations, tu auras plus de temps pour consolider les Cahiers et c’est ça l’important. Avec la naissance de ton enfant, tu as envie de te recentrer sur l’essentiel, l’écrit qui reste tandis que l’oral part en fumée, l’oral comme un brouillon, un amalgame de bons germes et de déchets, un exercice d’approximation.

Donc, c’était ton boss qui allait reprendre tes Présentations et ça t’allait. Hugues et toi vous vous comprenez. Vous cherchez à mettre du sens dans ce que vous faites, vous n’êtes pas en 2D. Et puis, Hugues, quand il entre dans une pièce, il sent les forces en présence, qui jouer contre qui, les règles d’un monde échiquier, adversaires/ alliés, dominants/dominés, un monde western auquel tu te sens étrangère, alors oui, tu t’es dit qu’il saurait défendre ton travail, en proposer une interprétation orale séduisante sans pour autant le dénaturer.

Ce qui t’a un peu perturbée, c’est quand Hugues quelques jours plus tard t’a annoncé que tes Présentations allaient finalement être confiées à Silvia, la fille qui t’a remplacée pendant ton congé maternité, celle qui t’a laissé des dossiers pour les nouveaux Cahiers en mettant des Top, des Super, des Glamour partout comme des paillettes de chocolat multicolore sur une pâtisserie. Un moment, tu as eu l’impression qu’il te lâchait. Que tu t’étais trompée en pensant que vous étiez liés par deux quêtes précieuses : le sens et le rire, les lèvres au bord du rire très rapidement, il y a peu de gens avec qui tu partages ça. Donc tu as été un peu perturbée avant de comprendre ce qui se passait en te remémorant certains moments avec Hugues – cette fois où, lors d’un travail commun, c’était avant qu’il ne devienne ton boss, c’est toi qui as clairement pris le lead, cette autre fois où tu lui as dit que tu le trouvais trop scolaire, ce regard effaré qu’il t’a adressé quand l’ex-P-DG t’a remerciée pour le travail que tu avais accompli sur un dossier qui relevait de la compétence de Hugues, comme s’il avait su que c’était toi qui avais fait le job. Tu as compris que tu étais susceptible de mettre Hugues en danger.

 

 

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