Extrait

Tristan
de Clarence Boulay

Le 09/01/2018 à 11:58 - 0 commentaire

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Editeur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Clarence Boulay

Sabine Wespieser

04/01/2018

9782848052793

200

18 €

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ISBN : 9782848052793

Editeur : Sabine Wespieser

Prix grand format : 18 €

 

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ISBN : 9782848052861

Editeur : Sabine Wespieser éditeur

Prix grand format : 11.99 €

 

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Résumé du livre
L'émotion est grande pour Ida quand, un jour de mars, elle monte sur un langoustier en partance du Cap pour Tristan, une île accessible uniquement par bateau : la peur de l'inconnu, et aussi la tristesse de laisser Léon à quai. La veille du départ, ils ont tiré au sort la seule place qui leur avait finalement été accordée parmi les douze passagers admis à bord.
Au fil des sept jours de traversée en plein Atlantique Sud, les repères d'Ida commencent à basculer. Elle ne sait rien de ce qui l'attend. Au moment du débarquement, l'activité est frénétique.
Mike et Vera, qui l'accueillent dans leur maison en haut du village, n'ont pas une minute pour elle, qui lentement prend ses marques dans ce paysage entre mer et volcan. Elle comprend vite qu'ici, le temps se dilate ou s'accélère en fonction des rares événements extérieurs.

 

Premier chapitre

à Anaïs, à Yves

et à ma fée, Viviane

 

à Tristan : l’île, l’enfant

 

 

à Piere

pour, un jour, braver le temps et défier l’espace

 

 

What’s the good of a party when you can’t hear the roar of the sea?

Arne FALK-RØNNE

 

 

J’AURAIS VOULU UNE AUTRE HISTOIRE. Une histoire dans laquelle je n’apparaîtrais pas. J’aurais voulu une lumière plus diffuse. J’aurais aimé un dieu qui me guide et à qui j’aurais emboîté le pas. Dans cette marche paisible, je me serais laissé envoûter par de beaux paysages, j’aurais salué des gens aimables, j’aurais habité, mangé, chanté sans heurt ni peine, ignorant l’amertume qui colle encore à chacune de mes dents.

J’aurais voulu écrire un autre passé. Un passé qui épargne le réflexe de baisser les yeux à la question :

Alors ? C’était-bien-c’était-comment-ton-voyage ?

Je ne sais pas.

Mais ça, je ne peux pas le dire, ça, ça ne se dit pas. Alors je dis, oh oui fort intéressant, et je raconte un peu des épisodes tellement racontés que je ne sais plus s’ils sont fiction ou réalité.

Mais je raconte.

Sans doute pour ne pas décevoir la personne chez qui je sens l’attente de reconnaître dans mes mots les images imprimées sur ces mois d’absence et de voyage. (J’aurais si peur de ne pas être à la hauteur de son imaginaire.)

Alors, je raconte

Un peu

On fait ce qu’on peut.

 

 

1

 

LA SIRÈNE RUGIT, inondant l’océan. Des otaries joueuses nagent de part et d’autre du bateau. Leurs petits cris se mêlent aux gémissements des pare-battages qui crissent sous la pression du langoustier.

Mer d’huile, beau fixe, manœuvres impeccables.

Mes yeux ruissellent sans que je m’en aperçoive. L’émotion du départ, la crainte inavouée de l’inconnu, le tressaillement des vagues. Courants d’air, sanglots, embruns, écume, épave. Des mots en cavale s’invitent et tournoient dans ma tête sans que je puisse en retenir aucun. J’ai l’impression que l’image floutée du port du Cap englouti sous mes larmes se retrouve enclose en moi, comme si ce paysage vaporeux s’invitait dans mon ventre. Je ne sais plus. Plus vraiment. Des formes obscures se mêlent aux mots pour venir résonner en moi. Je confonds les indices, perds mes repères, abandonnant par intermittence mon souffle à celui du vent. Qui, de l’air ou de moi, tournoie ? Mes paumes crispées empoignent la rambarde salée comme pour retenir un ultime ancrage, sauvegarder un bout de continent pour m’assurer que je ne flotte pas, pas encore complètement.

Devant moi, les matelots et les pêcheurs, en route pour une campagne de plusieurs mois, dessinent un essaim coagulé à l’extrémité de la poupe. Leurs yeux ne forment qu’un seul regard suspendu aux contreforts de Table Mountain, qu’ils ne reverront qu’à leur retour.

Petit à petit, l’horizon avale la côte. Robben Island apparaît puis disparaît. Peu à peu, la célérité du départ laisse place au dépouillement de la traversée, avec ce qu’elle apporte de pleine mer et d’oiseaux. Plein d’oiseaux, quels beaux oiseaux ! Pourquoi les départs inclinent-ils à tout trouver beau ?

 

 

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