Extrait

Transatlantic
de Colum McCann

Le 19/11/2013 à 02:12 - 0 commentaire

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Colum McCann

Belfond

biographies

22/08/2013

9782714450074

22 €

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ISBN : 9782714450074

Editeur : Belfond

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Résumé du livre
Après l'immense succès de Et que le vaste monde poursuive sa course folle, le retour de McCann avec son roman le plus ambitieux, le plus maîtrisé, le plus abouti. S'appuyant sur une construction impressionnante d'ingéniosité et de maîtrise, l'auteur bâtit un pont sur l'Atlantique, entre l'Amérique et l'Irlande, du XIXe siècle à nos jours. Mêlant Histoire et fiction, une œuvre éblouissante sur le déracinement, la perte et le dépassement de soi. Entre les Etats-Unis et l'Irlande, de 1845 à 2011 1919. Aviateurs vétérans de la Grande Guerre, Jack Alcock et Teddy Brown s'apprêtent à un nouveau défi: de Terre-Neuve jusqu'en Irlande, effectuer le premier vol transatlantique sans escale de l'Histoire. Leurs voisines de chambre, Emily Ehrlich, pétulante journaliste, et sa fille Lottie, leur confient une lettre à l'attention de leur famille installée à Cork. 1845. Esclave affranchi, Frederick Douglass répond à l'invitation de son éditeur pour présenter ses Mémoires et traverse l'Atlantique pour arriver dans une Irlande frappée par la Grande Famine. Lily Duggan, une jeune bonne sera marquée à vie par sa rencontre avec cet homme extraordinaire. 1998. New York-Londres-Belfast-Dublin-Washington-New York: observateur du processus de paix en Irlande du Nord, le Sénateur Mitchell passe sa vie dans les airs. Pour égayer son existence monotone, il se raccroche à certains petits moments de grâce. Comme sa rencontre avec cette femme malicieuse de 96 ans, Lottie. 1863. Inspirée par Douglass, Lily Duggan est partie et a refait sa vie dans le Missouri. Mais un drame va venir frapper son foyer. De ses six enfants, seule une fille survivra, Emily. 1929. Dix ans après le vol d'Alcock et Brown, Emily et Lottie, refont la traversée sur les traces des deux héros aviateurs. Brown leur remet la lettre qu'il avait soigneusement conservée. 2011. Dans une Irlande en pleine crise, Hannah, quadra solitaire, croule sous les dettes. Et si la lettre de sa grand-mère, rédigée un siècle plus tôt, pouvait lui sauver la vie?

 

Premier chapitre

2012

 

 

 

LE COTTAGE ÉTAIT PLANTÉ AU  BORD DU  LAC. Elle entendait le vent battre la pluie tout au long de la surface, frapper les arbres et muscler l’herbe.

Elle choisit de se réveiller très tôt, avant les enfants. Cette maison-là valait la peine d’être écoutée. Ces drôles de bruits là-haut. Elle avait d’abord pensé à des rats, leurs petites pattes sur l’ardoise, pour découvrir bientôt que c’était les mouettes. Les mouettes qui lâchaient des huîtres sur le toit, afin de briser leurs coquilles. C’était surtout le matin, parfois avant le lever du jour.

Un ping ! caractéristique, suivi d’un bref silence, ensuite les huîtres cahotaient sur les tuiles et elles glissaient dans l’herbe, tachetées de chaux.

Elles ne s’ouvraient franchement que si elles tombaient droit, restaient entières quand elles atterrissaient de travers, pour dormir dans l’allée comme des grenades désamorcées.

Jamais à court d’acrobaties, les mouettes fondaient sur les mollusques et, à peine rassasiées, bleues et grises escadrilles, s’en revenaient au lough.

 

Alors la maison s’éveillait, les fenêtres grinçaient, les portes et les placards, l’air du large emplissait les pièces.

 

 

 

PREMIÈRE PARTIE

 

 

 

1919

 

Ombres et nuages

 

 

C’ÉTAIT UN BOMBARDIER. Un Vickers  Vimy, bricolé. Du  bois, de la toile, des  câbles en acier. Un avion lourd et large, qu’Alcock  appelait encore un petit zinc nerveux. Chaque fois, il tapotait sur le fuselage, puis d’un mouvement souple et délié s’installait dans le cockpit à côté de Brown. Une main sur les gaz, les pieds sur le palonnier, il était déjà dans les hauteurs. Par-dessus  tout, il aimait franchir les nuées, voler en  plein  soleil. En se penchant un  peu, il voyait l’ombre du  Vickers  glisser sur une mer blanche, grossir et rétrécir sur le relief nuageux.

Brown, le navigateur, était un homme plus réservé. Se donner en spectacle le gênait. Le buste en avant, il restait à l’écoute de l’appareil. Son intuition lui apprenait la direction du vent, mais il se basait plutôt sur ce qu’il pouvait toucher : boussoles, compas, cartes, le niveau à alcool à ses pieds.

 

En cette période du siècle, le terme de gentleman avait presque déjà valeur de mythe. La Grande Guerre avait ébranlé le monde. Tournant à plein, les rotatives avaient lâché le chiffre insupportable de seize millions. L’Europe : un ossuaire.

Alcock avait été pilote de chasse pour l’Air Service. Les bombinettes se détachaient des râteliers. L’avion soudain plus léger. Grimper haut dans la nuit. En se courbant légèrement, il voyait les champignons de fumée s’élever en bas. Palier, altitude et demi-tour à la base. À ces moments-là, Alcock ne recherchait surtout pas la célébrité. Il volait dans le noir, le cockpit ouvert aux étoiles. Puis l’aérodrome apparaissait à terre – les barbelés illuminés sur l’autel d’une étrange église.

Brown avait fait des missions de reconnaissance. La bosse des maths, des mesures aériennes. Il savait convertir tous les ciels en séries de chiffres. Même au sol, il poursuivait ses calculs, cherchait de nouvelles routes vers le plancher des vaches.

 

 

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