Extrait

Toute une vie et un soir
de Anne Griffin

Le 08/07/2019 à 17:16 - 0 commentaire

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Total pages :

Prix :

Anne Griffin

Delcourt Litterature

03/04/2019

9782413017509

272

20,50 €

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ISBN : 9782413017509

Editeur : Delcourt Litterature

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ISBN : 9782413020363

Editeur : Delcourt Littérature

Prix grand format : 14,99 €

 

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Résumé du livre
Dans une bourgade du comté de Meath, Maurice Hannigan, un vieux fermier, s'installe au bar du Rainsford House Hotel. Il est seul, comme toujours - sauf que, ce soir, rien n'est pareil : Maurice, à sa manière, est enfin prêt à raconter son histoire. Il est là pour se souvenir - de tout ce qu'il a été et de tout ce qu'il ne sera plus. Au fil de la soirée, il veut porter cinq toasts aux cinq personnes qui ont le plus compté pour lui. Il lève son verre à son grand frère Tony, à l'innocente Noreen, sa belle-soeur un peu timbrée, à la petite Molly, son premier enfant trop tôt disparu, au talent de son fils journaliste qui mène sa vie aux États-Unis, et enfin à la modestie de Sadie, sa femme tant aimée, partie deux ans plus tôt. Au fil de ces hommages, c'est toute une vie qui se révèle dans sa vérité franche et poignante...
traduction Claire Desserrey

 

Premier chapitre

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Souverain en or d’Édouard VIII, 1936

Rachat au meilleur prix. État indifférent.

Merci de transmettre le prix souhaité par courrier

à Thomas Dollard, 3 Fennel Way, Londres.

 

Extrait de la rubrique « Annonces classées » de la Revue internationale de numismatique, mai-juin 1977, no 51.

 

 

Chapitre 1

 

18 h 25

Samedi 7 juin 2014

Bar du Rainsford House Hotel

Rainsford, comté de Meath, Irlande


C’est moi ou leurs tabourets sont plus bas ? Peut-être que je me ratatine. À 84 ans, ce sont des choses qui arrivent. Ça et les poils dans les oreilles.

Quelle heure il est aux États-Unis, fiston ? 1 heure, 2 heures de l’après-midi ? Tu dois être collé à cet ordinateur dans ton bureau climatisé, en train de taper sur ton clavier. Ou bien chez toi, sur la galerie, dans le fauteuil relax dont l’accoudoir est cassé, à lire l’article que tu viens d’écrire dans ce journal pour lequel tu travailles… C’est quoi, déjà, son nom ? Bon sang, impossible de le retrouver. Je t’imagine, le front plissé, essayant de te concentrer pendant qu’Adam et Caitríona font les fous pour que tu les remarques.

Ici, c’est calme plat. Pas un pékin en vue. Il n’y a que moi, qui marmonne dans ma barbe et qui tambourine sur le bar, pressé de boire ma première gorgée. Si je réussis à me la faire servir… Est-ce que je t’ai raconté, Kevin, que mon père tambourinait comme un as ? Sur la table, mon épaule, n’importe quelle surface où il pouvait poser l’index, pour enfoncer ses arguments et obtenir l’attention qu’il méritait. Le mien, d’index, tout déformé, n’a pas autant de talent, apparemment. Il attire l’attention de personne. Encore faudrait-il qu’il y ait quelqu’un à attirer, à part la fille de la réception. Elle sait parfaitement que je suis là, mais elle s’arrange pour pas me voir. On pourrait mourir de soif, ici.

Faut dire qu’ils sont débordés par les préparatifs de la remise des prix du Comité sportif. Ah, ils ont réussi leur coup, ceux de Rainsford, en raflant l’organisation de la soirée à Duncashel et ses deux hôtels. Ça, c’est Emily, la patronne – je devrais plutôt dire la propriétaire. Cette femme est capable de faire du gringue à n’importe qui pour vanter les charmes de son établissement. Bien qu’en ce qui me concerne, depuis le temps, on peut pas dire que j’en ai beaucoup profité.

Il n’empêche, je suis assis ici et j’ai mes raisons, fiston. J’ai mes raisons.

Je voudrais que tu voies l’immense miroir qui est en face de moi. Un truc mastoc, qui fait toute la longueur du bar, au-dessus de l’étagère des alcools. Pas sûr qu’il soit d’origine. Ils ont dû se mettre au moins à dix pour l’installer. Dans le reflet, j’aperçois derrière moi les canapés et les chaises, prêts à accueillir les postérieurs qui tentent en ce moment même de se glisser dans leur tenue de soirée. Et dans le coin, il y a moi, avec la tête du couillon qu’a pas voulu sortir du cadre. Et quelle tête… Je m’attarde pas beaucoup devant les glaces, ces temps-ci. Quand ta mère était encore de ce monde, je faisais attention, mais maintenant, ça changerait quoi ? J’ai du mal à me regarder, moi et mon air malcommode – inutile de te faire un dessin, t’en as fait les frais plus souvent qu’à ton tour.

 

 

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