Extrait

Tout le bonheur du monde ; tient dans ta poche
de Frédéric Mars

Le 23/04/2018 à 07:33 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Frédéric Mars

French Pulp

15/03/2018

9791025102534

352

18 €

chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version grand format

 

illustration

ISBN : 9791025102534

Editeur : French Pulp

Prix grand format : 18 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN : 9791025103166

Editeur : French Pulp Éditions

Prix grand format : 18.00...77076548....

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
Certains récupèrent les chats, d'autres les suicidés. Alors qu'il s'apprête à effectuer le grand saut, Fred est sauvé in-extremis par deux petites mamies aussi muettes qu'adorables. Chez elles, il va découvrir une communauté de suicidaires drôles et désabusés, ne cherchant tous qu'une seule chose : retrouver le goût de vivre.
Certains récupèrent les chats, d'autres les suicidés. Alors qu'il s'apprête à effectuer le grand saut, Fred est sauvé in-extremis par deux petites mamies aussi muettes qu'adorables. Chez elles, il va découvrir une communauté de suicidaires drôles et désabusés, ne cherchant tous qu'une seule chose : retrouver le goût de vivre.
En injectant tendresse et légèreté pour parler d'un sujet aussi grave, Tout le bonheur du monde (tient dans ta poche) réussit un tour de force, celui de nous faire redécouvrir les petites merveilles de l'existence à travers les yeux de quelqu'un qui réapprend à vivre. Euphorie assurée.

 

Premier chapitre

 

« Il n’y a pas de miracle, il n’y a que des gens qui y croient ».

Anonyme

 

 

Avant

 

 

Ce matin–là, j’allais mourir, et pourtant il y a longtemps que je ne m’étais pas senti si bien. Grâce au vent sans doute. Et à ces embruns qui fouettaient mon visage. J’avais froid, mais j’aimais plutôt l’idée de quitter ce monde vivifié. Remis à neuf par les éléments.

 

 

J’étais parti de la maison d’un coup. J’avais claqué la porte, la clé à l’intérieur. Presque rien dans les poches. On prémédite ce genre de choses et puis un matin, très tôt, un matin qui suit une nuit passée à pleurer et à boire, on y va. On fait les choses un peu n’importe comment, mais on y va. La détermination est enfin là. Ou le dégoût intégral. Probablement les deux. On ne reculera plus. Je ne reculerai plus.

Je n’étais pas du tout assez couvert pour la saison. Juste un t–shirt à motif, grisé par les lessives sans tri, lessives de garçon, blanc et couleurs mélangés. Un pantalon de lin, trop léger. Des tennis en toile. Même pas de chaussettes. Un vrai touriste du suicide.

 

Depuis Abbeville, j’ai pris le bus jusqu’au Tréport. J’avais pile assez de monnaie sur moi pour un seul ticket. J’ai reconnu d’emblée le lieu, conforme à mes souvenirs. Isolé. Désolé. Venté. Une falaise où l’on se promenait parfois en famille, quand j’étais gamin.

Vu la hauteur, je savais que mon départ serait net et sans bavure.

 

 

Je suis resté là un bon moment. Je ne sais pas combien de temps. Mais assez pour ne plus sentir mes extrémités. Assez pour que mon nez se mette à couler, que mes orteils se figent et que mes doigts gourds finissent par relâcher leur emprise sur mon portable. Il avait sonné sans cesse au cours des heures précédentes, sans que je laisse me convaincre de répondre. Pour quoi faire ? Je n’ai même pas regardé le nom du correspondant. Élodie ? Fadila ? Peut–être l’assistante sociale qui avait placé les enfants. Ils n’étaient plus très nombreux à m’appeler encore.

Le combiné a plongé une poignée de secondes, ballotté par l’air instable, avant de s’écraser sur les galets. D’où j’étais, l’impact n’a pas fait plus de bruit qu’une noisette qu’on casse au creux de sa serviette repliée. Un unique ploc sec et assourdi. Dès la prochaine marée montante, sa coque en plastique et les messages qu’il contenait seraient emportés. Il rejoindrait d’autres téléphones au paradis des téléphones. Aussitôt effacés. Aussi dérisoires que lui.

 

 

Ce n’est qu’au moment de sauter, à cet instant précis où l’esprit capitule et le corps dit on y va, que je l’ai vue.

Une petite vieille ordinaire, ratatinée comme on l’est à cet âge–là, perdue dans son imper grisâtre, une capuche translucide rabattue sur ses cheveux blancs et filasses. Il s’était mis à pleuvoir, crachin poisseux que le vent rabattait sur moi par vagues successives.

C’est idiot, et je ne sais pas dire pourquoi, avant de donner l’impulsion finale j’ai regardé à gauche puis à droite. Comme si je m’apprêtais à traverser la route. Un réflexe d’enfant sage. En un sens, ce n’était pas faux. Il était question d’aller de l’autre côté. Si je n’avais pas eu ce réflexe stupide, jamais cette mamie ne me serait apparue.

 

 

page suivante

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

critiques

critiques En territoire Auriaba, 4ème roman de Jérôme Lafargue

critiques "La peinture est une chose intellectuelle"

critiques Don Quichotte par Rob Davis : Cervantès plus vivant que jamais

critiques Kierkegaard et la sirène

Suivez-nous

 

Désinscription

16

1

tout-le-bonheur-du-monde-tient-dans-ta-poche-frederic-mars

6782