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Tous Les Fleuves Vont A La Mer
de Élie Wiesel

Le 16/06/2014 à 14:49 - 0 commentaire

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Résumé du livre
Enfance heureuse à Sighet, petite ville des Carpates longtemps épargnée par la guerre. Fureur et ténèbres d’Auschwitz et de Buchenwald: l’adolescent en sort exsangue, l’esprit muet, sans patrie. Mais il conserve en lui ses rêves messianiques, le sourire de Tsipouka, la petite sœur aux cheveux d’or, le regard et les ultimes paroles de son père – secrets qui hantent toute l'œuvre d’Elie Wiesel et qu’il révèle ici. Quarante ans plus tard, consécration de l’écrivain lorsqu’il reçoit le prix Nobel de la paix. Ce sont là trois repères dans une vie fertile en bouleversements, ruptures et découvertes. Elie Wiesel a 17 ans. Le voici à Paris, balloté dans un univers inconnu. Apprendre le français lui paraît alors moins ardu que de séduire toutes les jeunes filles dont il tombe amoureux. La naissance d’Israël l’exalte, mais comment aider le jeune État? Le voici apprenti journaliste, un métier qui lui fera parcourir le monde, traquer les scoops, se lier d’amitié avec François Mauriac et Golda Meir, côtoyer personnalités et chefs d’État. A 30 ans, Elie Wiesel parvient à décrire son expérience de La Nuit, à témoigner pour les martyrs de l’Holocauste. Ainsi commence une œuvre vouée au souvenir des victimes, à la défense des survivants et de tous les opprimés. Avec les armes de la compassion, de l’amour et parfois de la colère, cette œuvre et cette vie vont devenir un combat entre le doute et la foi, le désespoir et la confiance, l’oubli et la mémoire. Combat d’un inlassable témoin de la violence des hommes et de leur rêve d’une Jérusalem pacifiée, idéale.

 

Premier chapitre

Hier soir, j’ai vu mon père en rêve. Son visage mal rasé restait pareil à lui-même, figé dans la même expression, mais à chaque instant il changeait d’habit. Tantôt il portait son costume de Shabbat, tantôt il était revêtu des loques rayées des êtres maudits et laminés. D’où venait-il, cette nuit ? De quel paysage s’était-il échappé ? De qui était-il l’émissaire ? Le lui ai-je demandé ? Je ne me le rappelle plus. Je me souviens seulement de son air triste, résigné. Il voulait me confier quelque chose, c’était clair à la façon dont ses lèvres remuaient. Mais aucun son n’en sortit. Soudain, dans mon sommeil — ou était-ce dans le sien ? — je me surpris à douter de mes sens : était-ce mon père ? Je n’en étais plus sûr.

Certes ce visage lui ressemblait, mais cela ne signifiait pas grand-chose. En rêve, toutes les certitudes, à peine ébauchées, finissent par se brouiller et s’estompent. Aube et crépuscule, réalité et fantasmes se confondent. Et pourtant. C’est bien mon père qui apparut devant moi hier soir. Porteur d’un message ?

D’un avertissement peut-être ? Le cœur battant, je me suis réveillé en sueur. Une idée folle et angoissante me traversa l’esprit : il est venu me chercher.

Mon père, je ne le connaissais pas. Pas vraiment. Cela me fait mal de l’admettre, mais je lui ferais encore plus mal si je m’entêtais à vouloir me leurrer. L’homme que j’aimais le plus au monde, qui me bouleversait d’un simple regard, en vérité je savais peu de chose de lui, du secret de sa vie intérieure. A quoi songeait-il quand il fixait silencieusement un point lointain, invisible dans l’espace ? Quelles étaient ses joies intimes, ses ambitions d’homme, de père ? Ses préoccupations, ses soucis, ses déceptions, il me les cachait. Étais-je trop jeune ou pas assez digne de les comprendre ?

Je me demande si d’autres fils se heurtent au même problème. Connaissent-ils leurs pères ? Je veux dire : les connaissent-ils autrement que sous les traits familiers du géniteur autoritaire et omniscient qui s’en va le matin et revient le soir, apportant le pain et le vin sur la table ? Un père, pour son fils, n’incarne-t-il pas le mystère à jamais impénétrable de l’ascendance et des origines de l’espèce ?

Enfant, et même adolescent, je le voyais rarement. Toute la semaine, mal habillé, soucieux mais rarement taciturne, il passait son temps entre l’épicerie — où il aimait bavarder avec les clients autant que leur vendre sa marchandise — et les bureaux de la communauté où il s’évertuait à inventer des stratagèmes pour sauver les prisonniers ou les réfugiés menacés d’expulsion.

Sighet : shtetl typique, village et cité d’accueil pour les Juifs depuis… depuis 1640, prétendent les historiens. Après les pogroms et les persécutions en Ukraine, sous le règne de Bogdan Khmelnitski, de nombreux réfugiés vinrent s’y installer. En 1690, la populace exigea que les autorités refoulent tous les habitants juifs de la région. Sans doute y avait-il déjà en ce temps des hommes comme mon père pour protéger notre communauté.

 

 

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