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Thomas l'imposteur
de Cocteau Jean

Le 24/12/2013 à 12:40 - 0 commentaire

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Date de parution :

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Total pages :

Prix :

Cocteau Jean

Gallimard

litterature romans poche

08/11/1973

9782070364800

5 €

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ISBN : 9782070364800

Editeur : Gallimard

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Editeur : Editions Gallimard

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Résumé du livre
'En face, à quelque distance, on distinguait le bloc d'une patrouille ennemie. Cette patrouille voyait Guillaume et ne bougeait pas. Elle se croyait invisible... - Fontenoy! cria-t-il à tue-tête, transformant son imposture en cri de guerre. - Et il ajouta, pour faire une farce en se sauvant à toutes jambes: Guillaume II. Guillaume volait, bondissait, dévalait comme un lièvre. N'entendant pas de fusillade, il s'arrêta, se retourna, hors d'haleine. Alors, il sentit un atroce coup de bâton sur la poitrine. Il tomba. Il devenait sourd, aveugle. - Une balle, se dit-il. Je suis perdu si je ne fais pas semblant d'être mort. '

 

Premier chapitre

 

 

La guerre commença dans le plus grand désordre. Ce désordre ne cessa point, d'un bout à l'autre. Car une guerre courte eût pu s'améliorer et, pour ainsi dire, tomber de l'arbre, tandis qu'une guerre prolongée par d'étranges intérêts, attachée de force à la branche, offrait toujours des améliorations qui furent autant de débuts et d'écoles.

 

Le gouvernement venait de quitter Paris, ou, suivant la formule naïve d'un de ses membres : de se rendre à Bordeaux pour organiser la victoire de la Marne.

Cette victoire, mise sur le compte du miracle, s'explique à merveille. Il suffit d'avoir été en classe. Les polissons l'emportent toujours sur les forts en thème, pour peu qu'une circonstance empêche ces derniers de suivre aveuglément le plan qu'ils se sont fait. Toujours est-il que le désordre vivace, vainqueur de l'ordre massif, n'en était pas moins du désordre. Il favorisa l'extravagance.

La fille d'un des hauts dignitaires de la République avait, dans Paris tranquille, transformé la maison de santé du docteur Verne en Croix-Rouge. C'est-à-dire qu'elle avait transformé le bas de ce vieil et magnifique hôtel de la rive gauche, et laissé le reste aux malades civils. Elle avait déployé dans cette œuvre charitable un zèle que rien ne refroidit, sauf le départ du gouvernement. Elle s'excusa, expliqua au docteur l'obligation où elle se trouvait de suivre son père, bien qu'elle fût d'âge à ne plus obéir.

Elle partit donc, laissant les salles pleines de lits et d'appareils, aux mains des chirurgiens, des infirmiers bénévoles et des Sœurs.

Le docteur Verne était spirite. Il négligeait la clientèle nombreuse à cause des spécialistes de premier ordre attachés à l'établissement.

Verne, qu'on soupçonnait de boire, s'enfermait une partie de la journée dans son cabinet, ancienne loge de concierge donnant sur la cour, et, de là, hypnotisait le personnel.

– Boitez, ordonnait-il à l'un. – Toussez, ordonnait-il à l'autre. Rien ne le distrayait plus que ces phénomènes ridicules. Il avait, par ruse, endormi presque toute la maison, et les patients, dès lors sous son influence, devenaient ses victimes. La clientèle le savait original, mais ignorait sa manie. Elle recevait sa visite quotidienne. Il se bornait à consulter la fiche de température et à prononcer, de chambre en chambre, quelques phrases d'hôtelier qui passe de table en table.

L'hôtel de Verne était l'ancien hôtel Joyeuse, rue Jacob. Le bâtiment, flanqué d'ailes neuves, s'élevait entre la cour ronde et le jardin. Les pièces du rez-de-chaussée grandes ouvertes, on apercevait ce jardin, une pelouse et des plates-bandes. Aussi, la façade triste ayant accablé le malade qu'on y amenait, avait-il, ensuite, la charmante surprise des arbres.

 

Dans une de ces chambres aux boiseries intactes mais ripolinées selon les règles de l'hygiène, couchait la fille de la princesse de Bormes. Cette jeune fille était opérée depuis peu de l'appendicite. La princesse, qui ne voulait pas se séparer d'elle, habitait une petite pièce voisine.

 

 

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