Extrait

Summer
de Monica Sabolo

Le 09/10/2017 à 08:35 - 0 commentaire

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Date de parution :

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Total pages :

Prix :

Monica Sabolo

Lattes

23/08/2017

9782709659826

316

19 €

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ISBN : 9782709659826

Editeur : Lattes

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ISBN : 9782709660068

Editeur : JC Lattès

Prix grand format : 13,99 €

 

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Résumé du livre
Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ?
Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences.
Comment vit-on avec les fantômes ? Monica Sabolo a écrit un roman puissant, poétique, bouleversant.

 

Premier chapitre

Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles

Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;

Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,

La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

Ophélie, Arthur Rimbaud.

 

 

 

Dans mes rêves, il y a toujours le lac. L’été où c’est arrivé, cet été dont rien n’a marqué ma mémoire, ou juste quelques images, comme des photographies nettes et brillantes, pendant ce mois de juillet où nos vies ont changé pour toujours, il faisait si chaud que les poissons remontaient des profondeurs du lac Léman. On se mettait sur la rive, et l’on voyait ces masses sombres à la surface, comme des monstres suffocants, et l’on pouvait imaginer l’intérieur de leur bouche, la chair rose, écœurante.

Selon le docteur Traub, que je vois depuis trois mois et deux semaines, au rythme de deux séances hebdomadaires – trois mois que je regarde son front humide, ses cheveux qui démarrent bien trop haut, il sera chauve dans quoi, trois ? quatre ans ? – ces poissons qui reviennent dans mes rêves sont peut-être une représentation de moi-même. Mes sensations de suffocation. D’étouffement.

 

Vingt-quatre ans, et treize jours, que c’est arrivé.

Vingt-quatre ans et treize jours que je ne me souviens de rien, juste quelques flashs, une explosion de blanc et de lumière, et puis, plus rien.

 

Poissons, noirs, visqueux. Fougères, phosphorescentes, aplaties.

Les cheveux des copines de ma sœur, balayant des épaules nues, au rythme de leurs mouvements de tête, cherchant Summer, criant son nom.

 

Dans mes rêves, la surface luit comme un miroir coupant, ou une dalle de verre. L’eau semble glacée et chaude à la fois.

J’ai envie de plonger, d’aller voir ; mais les poissons sont noirs, les plantes se déploient comme des tentacules. Des filaments souples, luisants, qui se balancent dans le courant.

 

Quelquefois, Summer est là, immobile, juste sous la surface. Ses yeux sont grands ouverts. Elle essaie de dire quelque chose, ou alors de respirer. Ses cheveux bougent dans le courant, ils semblent vivants. Je tends la main, mes doigts effleurent la surface. Mais ce n’est pas elle, ce sont les algues qui ont dessiné un corps. Ou quelquefois, c’est un animal, sombre, rapide, qui rampe sous l’eau, entre les pierres.

Pourtant, je sais qu’elle vit là-bas.

 

Depuis ce jour, ce jour de juillet où ma sœur m’a laissé les accompagner à ce pique-nique au bord du lac – fougères immenses, fluorescentes, rochers humides, glissants –, elle et ses copines – cascades de cheveux lâchés, bikinis bariolés, ongles nacrés, dégradé de rose, rouge, corail, en gros plan –, je n’ai pas beaucoup pensé à elle. Presque jamais, aussi étrange et glaçant que cela puisse paraître.

Et pourtant, je l’adorais. Sur les photos de classe, on ne voyait qu’elle, elle était cette beauté au sourire franc, ses cheveux incroyablement blonds, le genre de fille dont tous les garçons sont amoureux. Moi, sur les photos, je suis toujours sur le côté, légèrement à l’écart, avec mon air de psychopathe.

 

 

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