Extrait

Stella
de Thibault, Jean-Noel

Le 09/03/2015 à 18:08 - 0 commentaire

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ISBN : 9782312033204

Editeur : Editions Du Net

Prix grand format : 14 €

 

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Résumé du livre
" Par la vitre du TGV qui l'emporte vers Marseille, Bernard regarde sans le voir, le paysage qui défile à vive allure dans la grisaille bas de plafond de l'Yonne. Comment pouvait-on passer ainsi, en seulement quelques instants, d'un bonheur parfait à . "ça" ? Il n'arrive pas à le comprendre. Tout avait pourtant été organisé avec le plus grand soin. Il regarde dans sa main crispée, les deux billets de train. Deux billets et, maintenant, un seul voyageur. Immobile, il regarde cette même main qui, quelques heures plus tôt, avait brandi ce pistolet. Un pistolet ridiculement petit et pourtant assez puissant pour la tuer ". Avec ce second roman, J.N. Thibault vous propose une promenade dans les codes gris des intrigues dites convenues, pour mieux les faire voler en éclats. Révélant les âmes sombres des gens ordinaires, il vous entraînera dans une spirale vertigineuse, une descente en vrille allant du polar addictif aux abysses d'un roman noir-foncé.

 

Premier chapitre

Introduction

Lundi 10 juin 2013, 10:30.

 

Bernard Dupuy a cinquante-et-un ans, cinquante hivers et un printemps et si quelqu’un lui avait dit un jour que son nom figurerait dans la première phrase d’un roman, il aurait sûrement été pris de doutes quant à la santé mentale de son interlocuteur. Il faut dire qu’il est l’incarnation parfaite du quidam, un être transparent dont l’éventuelle profondeur est masquée par un cruel manque d’épaisseur, un de ces innombrables inconnus qui vivotent des existences monochromes sans que jamais personne n’y prête la moindre attention. Non, rien n’avait jamais été vraiment digne d’intérêt dans son jardin infra-ordinaire.

Pendant de longues années, il était resté prisonnier dans la toile d’une culpabilité soigneusement tissée par une mère trop présente et n’avait pas pu vivre sa vie. Conditionné dès l’enfance, il s’était voué à elle, prenant soin de ses simagrées hypocondriaques avec la bienveillance d’un fils modèle, sans jamais se rebeller, jour après jour, année après année, jusqu’à ce que finalement, elle parte pour le grand voyage et le laisse seul et désœuvré. C’était l’année dernière et depuis, la vie de Bernard semblait promise au silence d’une solitude implacable. Chaque jour s’entassait sur l’ennui du précédent, dans une interminable succession de vides, un mille-feuille de papier sans rien écrit dessus.

Et puis, surgie de nulle part, Stella était entrée dans sa vie. Un ilot inespéré dans cet océan gris, un si beau rivage que Bernard ne pouvait croire à sa chance. En à peine quelques mois, il était passé du vide absolu à la plus brulante des passions, de la solitude d’un silence assourdissant au fol espoir d’une vie heureuse… Et tout ça pour finir ce matin, anéanti en à peine quelques instants.

Par la vitre du TGV qui l’emporte vers Marseille, Bernard regarde sans le voir, le paysage qui défile à vive allure dans la grisaille bas de plafond de l’Yonne. Tout en lui n’est que souffrance. Comment pouvait-on passer ainsi, en seulement quelques instants, d’un bonheur parfait à… "ça" ? Il n’arrive pas à le comprendre.

Pourtant, tout avait été organisé avec le plus grand soin. Il avait vidé son compte bancaire, acheté les billets de train et de ferry pour Stella et pour lui, avant de partir la rejoindre chez elle. Ce matin, ils avaient prévu de fuir ensemble pour toujours, partir vivre leur amour, ne pas tourner la page, non, mais l’arracher avec force du livre de leurs vies, disparaitre par surprise et repartir à zéro. Au port de Bonifacio, son voilier était prêt à les emporter vers des horizons lointains, rien qu’elle et lui et assez d’argent pour la vie simple à laquelle ils aspiraient tous les deux.

Il regarde dans sa main crispée, les deux billets de train. Deux billets et, maintenant, un seul voyageur. Immobile, il regarde cette même main qui, quelques heures plus tôt, avait brandi ce pistolet… Un pistolet ridiculement petit et pourtant assez puissant pour la tuer. Il revoit, contrastant avec la blancheur du tapis, cette immense flaque de sang, si rouge, jailli de ce même corps qu’il avait tant de fois caressé, embrassé et serré contre lui. Oui, en cette journée funeste, le destin les avait rattrapés et maintenant, s’il ne voulait pas finir en prison, il devait fuir au plus vite. Marseille et puis la Corse, disparaitre à jamais, comme ils avaient prévu de le faire, mais sans elle, laissant derrière lui cette vie qui était redevenue sombre ce matin, un peu avant sept heures.

 

 

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